Présence utile

Au début des années deux mille, mon poids atteignait les quatre vingt dix sept kilos alors que mon régime alimentaire était normal. Les conséquences de ce surpoids m’avaient conduit une nuit à l’hôpital, pour enregistrer mes apnées du sommeil, et à cette occasion un dérèglement thyroïdien avait été décelé par le corps médical. Depuis que je prenais régulièrement du Lévothyrox, une hormone synthétique capable de combler les déficiences de ma glande thyroïde, j’avais raisonnablement maigri. Malheureusement les effets secondaires de ma chimiothérapie accéléraient le phénomène d’amaigrissement et ma balance affichait désormais le chiffre soixante dix sept sur son cadran. Vingt kilos perdus en cinq ans, n’avaient certes pas que des désavantages, car au niveau vestimentaire je pouvais de nouveau m’habiller dans un style un peu plus jeune, mais s’il est important de ne pas verser dans l’obésité, il est tout aussi important de ne pas être trop maigre, car ma réserve en graisse ayant beaucoup trop diminué, ma résistance physique en subissait de plein fouet les conséquences.

Le Questran sans avoir totalement jugulé la diarrhée, avait néanmoins contribué à une diminution significative de mes passages aux toilettes et mon poids heureusement se stabilisait. La chimiothérapie continuait cependant d’affaiblir mon organisme, et j’avais besoin considérablement de repos.

Le mardi 10 janvier 2006 était une journée qui ne différait pas des autres journées. J’étais comme à l’accoutumé confortablement installé dans mon fauteuil de salon, tentant de récupérer un peu de mon sommeil manquant. Le téléphone qui venait de sonner, mit un terme à ma sieste. Chantal avait décroché le combiné, et en constatant sa réaction, j’avais bien compris qu’il se passait quelque chose de joyeux, Mateo mon petit fils venait de voir le jour.

Bien qu’attendue, la nouvelle avait fait l’effet d’une bombe, et les deux ou trois petites larmes qui avaient coulé sur mes joues, exprimaient autant mon allégresse, que ma colère, car malgré l’amélioration de mon état de santé, j’étais pessimiste quant à mes possibilités de voir grandir cet enfant.

Comme dit la chanson, quand un vicomte rencontre un autre vicomte, qu’est-ce qu’ils se racontent, des histoires de vicomte. J’avais donc croisé une voisine, atteinte d’un cancer des deux seins dont elle avait subi l’ablation quelques années plus tôt. La discussion avait été longue et pleine de précieux conseils, la solidarité entre malade prenait ici tout son sens.

Plus tard au hasard d’une autre conversation, elle avait fait part, à Chantal de mes différents droits,  dans l’hypothèse où mon incapacité au travail serait reconnue. Nous n’en étions pas encore là, car ma position officielle envers la sécurité sociale, était celle d’un salarié en arrêt de travail longue maladie, et je voulais malgré tout m’accrocher à l’idée de pouvoir un jour reprendre mon travail.

Mes pieds et mes fesses avaient cessé de me faire souffrir, cependant ma peau était tellement sèche que des callosités étaient apparues à mes deux talons et sur chacun de mes deux gros orteils. Sur mes pieds, cette sécheresse de l’épiderme, me causait des démangeaisons, une sensation de rugosité et finissait par se gercer, craquer ou se fissurer. Je ne lésinais pas sur l’apport de crème, mais le mal était fortement résistant, et je passais beaucoup de temps avec notre appareil à pédicure pour éliminer peaux mortes et impuretés. Pour chaque effet indésirable j’avais l’impression de disputer un match, où il fallait être vigilant pour ne pas se laisser déborder par l’adversaire, ce match là s’avérait aussi difficile à disputer que ceux d’avant.  

La naissance de Mateo précédait d’une quinzaine de jour mon sixième examen au scanner. Le secrétariat du docteur R n’avait toujours pas eu la possibilité de placer examen et entretien diagnostic le même jour. L’exploration de mon corps au scanner devenant pour moi presque de la routine, je pouvais me permettre d’alléger l’emploi du temps de Chantal, en lui évitant de m’accompagner, car je savais que le lendemain serait une toute autre épreuve et que sa présence à mes côtés serait largement plus utile.



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