La machine administrative

J’avais donc une nouvelle période épineuse de vingt quatre heures à endurer, avant de savoir si le Néxavar, continuait à agir efficacement contre la maladie. Mes deux derniers examens s’étant avérés concluants, et ne sentant pas des signes d’aggravations dans mon état de santé, hormis les effets secondaire de la chimiothérapie dont j’avais appris à  identifier clairement les particularités, je pouvais en conséquence me montrer raisonnablement optimiste. Comme on ne peut être sûr de rien, à la veille du verdict je me sentais quand même assez mal à l’aise, mais mon stress n’était pas comparable à mes anciennes expériences, j’apprenais petit à petit à canaliser ma peur.

Grâce aux raisons mentionnées ci-dessus, j’avais passé une nuit relativement bonne, et au réveil mon cerveau n’était pas trop pollué de vilaines pensées.

Ce mardi 24 janvier 2006, l’ambulance me prenait en charge pour mon quatorzième voyage à Nantes. L’atmosphère à l’intérieur de l’habitacle était plus légère qu’à l’habitude, et nos discussions dépassaient largement le cadre de la maladie. Notre chauffeur n’avait plus besoin de nous accompagner dans le dédale de couloirs et d’ascenseurs. Nous connaissions désormais parfaitement la procédure à suivre pour signaler notre arrivée, se diriger vers le bureau d’accueil, et ensuite vers le service des consultations, était devenu une simple formalité.   

La salle d’attente rassemblait et concentrait tout ce qui se faisait de mieux en matière de stress. La plupart des malades attendaient le verdict en essayant de contenir leurs angoisses par la lecture de magasines, ou en fixant le plafond tout en s’ingéniant à ne penser à rien. V qui avait eu la bonne idée de venir me voir avant mon passage devant l’oncologue, avait tué dans l’œuf, la source de mon inquiétude. En me rassurant sur mon état de santé, le scanner étant sans mauvaises surprises, elle épargnait à mon organisme une fatigue nerveuse qui généralement m’anéantissait pour le reste de la journée.

La trace suspecte qui restait visible au niveau de mon rein droit, ne semblait pas vouloir diminuer, elle ne présentait pas non plus des signes de croissance. Je n’étais pas totalement débarrassé de la bête féroce, elle offrait manifestement des signes de vie, il fallait continuer le combat, l’armistice n’était pas encore signé.

Mon organisme s’habituait petit à petit aux effets corrosifs de la chimiothérapie. Mes brûlures sur la peau avaient totalement disparu, j’arborais sans complexes des jambes de cyclistes, et j’organisais mon emploi du temps en fonction de ma condition physique. En aucun cas je ne me passais de ma balade quotidienne, et je l’effectuais en pleine nature, loin de toute concentration humaine, pour ne pas me sentir entravé par des problèmes intestinaux malheureusement bien réels.  

Mes diarrhées persistantes ne me gênaient pas outre mesure lorsque j’étais en campagne, et encore moins, lorsque j’étais chez moi ou chez des proches. A l’inverse lorsque mes obligations me conduisaient en ville, mes difficultés étaient toutes autres. Je songeais donc fortement à faire la demande d’une carte de stationnement pour personne invalide, afin de garer ma voiture au plus près de mes lieux de rendez-vous. L’établissement auquel je devais envoyer mon courrier, se situait à Angers, et notre voisine qui nous avait prodigué de précieux conseils, m’en avait donné l’adresse. 

Le fait que je sois encore en arrêt de travail pour longue maladie et non en invalidité, ne m’interdisait pas de constituer un dossier, j’en avais eu la confirmation. Il ne me restait plus qu’à mettre en route la machine administrative.



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