De nouveaux assauts

Il faut aimer la vie, même si le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants.

 (Renaud Séchan)

 

Mon hypothyroïdie d’Hashimoto était suivie au pied de la lettre par mon médecin généraliste. Outre les prises de sang régulières pour surveiller le dosage de la thyroxine, et qui s’ajoutaient à celles pratiquées à Nantes, il était nécessaire de faire aussi un électrocardiogramme car la maladie pouvait provoquer des bradycardies fortement préjudiciables pour ma santé.

Au point où j’en étais rendu, un risque de plus ou un risque de moins, cette explication de mon médecin qui m’avait longtemps inquiété, me laissait à présent de glace.

Je ne comprenais pas l’utilité de cet examen dans la mesure où mon cœur était étroitement surveillé par l’équipe médicale qui collaborait à l’essai thérapeutique financé par B. Dans la mesure où ma vie n’était pas en danger, peut-être n’y avait-il pas obligation pour le CAC de l’espoir de communiquer des résultats d’examens réalisés à titre privé. Je me gardais bien de faire des commentaires auprès de mon généraliste.

Plus utile à mon avis, car sans rapport avec la surveillance liée à ma chimiothérapie, il était également important de procéder au moins une fois par an à une échographie de ma glande thyroïde, colonisée par un nodule qui ne devait en aucun cas, changer d’aspect au risque de contraindre un chirurgien à l’opération.

Entre mon cancer, mon hypertension, mon hypothyroïdie, sans compter tous les effets indésirables liés à ma prise excessive de médicaments, je naviguais d’un cabinet médical à un autre cabinet médical, d’un laboratoire à un autre laboratoire, d’un radiologue à un autre radiologue, d’un cardiologue à un oncologue, et d’un oncologue à un généraliste. Ce programme remplissait largement mon agenda et du 15 février 2006 au 4 septembre 2006, j’avais assisté à pas moins de seize rendez-vous.  Le résultat de mon dixième scanner m’avait été communiqué par madame B collaboratrice du docteur R, la maladie n’avait ni progressé, ni régressé, la tumeur au niveau du rein droit restait solidement implantée, comme une verrue au milieu du nez

Entre temps j’avais pris connaissance des rouages de l’administration, un domaine dans lequel il fallait apprendre la patiente, mâcher le travail, anticiper les oublis, ou les erreurs d’un personnel qui ne vous identifiait que par un numéro et qui n’avait que faire de votre situation personnelle, en clair présenter un dossier irréprochable.

J’étais donc en possession d’une carte d’invalidité qui m’accordait un taux d’incapacité de 80% et dont la date de validité courait jusqu’au 1 septembre 2007, ainsi que d’une carte de stationnement qui allait me rendre de grands services. J’ignorais si à terme ma condition allait évoluer positivement, mais je savais par contre que ces deux cartes m’étaient précieuses socialement et fiscalement parlant.

Quatre jours après avoir rencontré madame B, j’entamais une nouvelle épreuve de force. Il y avait bien des lustres que je n’avais pas été atteint de l’une des ces lombalgies qui avaient quelque peu entaché ma carrière professionnel. Les mois qui avaient précédés la découverte du cancer, j’avais eu maille à partir avec mon dos, mais les douleurs n’apparaissaient que lorsque j’avais effectué une demi-heure d’effort physique sur notre vélo d’appartement, et j’avais imputé la faute à la piètre selle qui me servait d’assise. En fait avec Chantal, nous avions conclu par la suite que nous étions dans l’erreur, mes douleurs dorsales étant probablement des symptômes de ce cancer qui grossissait en moi. Cette fois le mal était tout autre, car cette souffrance était diffuse et entravait mes mouvements,  elle s’apparentait davantage à ce que j’avais connu autrefois. Je n’avais pas vraiment le choix, il fallait une nouvelle fois consulter, et le pronostic fût sans surprise, une lombalgie venait se greffer à l’ensemble de mes problèmes, il fallait traiter avec des anti-inflammatoires, je n’étais pas convaincu  que mon estomac puisse supporter les assauts de ce nouveau médicament, en plus de tous les autres.   

 

 



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