Le bras de fer

 Une petite paire de pantoufles d’enfant était venue grossir le lot habituel de chaussures disposées en arc de cercle, autour du sapin de Noël. En ce lundi 25 décembre chacun s’affairait à ouvrir ses cadeaux, Mateo assistait pour la première fois de sa vie à ce moment de partage et  de fête. L’année s’achevait pour moi sur un bilan mitigé, le dentiste avait tenu sa promesse, car je n’avais effectivement pas souffert ni pendant, ni après l’intervention. J’espérais fortement que les soins spécifiques dont j’avais été bénéficiaire, mettraient un terme définitif à mes problèmes dentaires. Mon dos était également un mauvais souvenir, et je n’avais revu le généraliste que pour mon suivi thyroïdien. Mon onzième scanner n’avait rien donné de nouveau et je continuais tant bien que mal à supporter les effets nocifs et inconfortables de la chimiothérapie.

Mon cas commençait à attirer l’attention de la sécurité sociale, deux ans qu’elle me réglait des indemnités journalières sans rechigner, il était normal de me convoquer pour constater mon incapacité à reprendre le travail, et pour faire également un bilan de santé.

J’avais été convoqué le vendredi 29 décembre par le médecin conseil qui s’avérait peu loquace. En fait il écoutait avec attention mes explications, et comparait mes dires avec l’ensemble des documents que j’avais pu mettre à sa disposition. Il était facile pour lui de constater mes trois cicatrices qui témoignaient de mes opérations successives. Il n’avait rien à contester de la véracité des rapports médicaux qu’il tenait entre ses mains, je pouvais donc partir rassuré, mes indemnités continueraient à être versées. 

C’était la seconde fois que j’étais incité à me rendre dans les locaux de la sécurité sociale. J’avais eu en effet l’occasion de suivre une réunion organisée par une assistante sociale qui avait la charge d’informer les participants de leurs différents droits et aides accordées notamment dans le domaine de la réinsertion professionnelle, en fonction de leur taux d’incapacité. Je n’étais pas encore bénéficiaire d’une pension mais j’avais écouté assidûment ses précieux conseils. En revanche titulaire d’un prêt auprès de ma banque, j’avais appris que je pouvais faire la demande de prise en charge par l’assurance au titre de la garantie d’incapacité totale de travail, du remboursement des échéances mensuelles jusqu’à ma reprise d’activité professionnelle.

J’ignorais à cette étape de mon parcours médical que mon premier courrier de sollicitation, commencerait un bras fer entre moi et une compagnie d’assurance beaucoup plus attachée à faire des bénéfices, qu’à honorer ses prestations, (percevoir de plus en plus de cotisations et rembourser de moins en moins les clients, telle devait être le challenge imposé aux employés.) 

Le but du jeu était donc de faire trainer mon dossier en multipliant des demandes de documents, autrement dit, faire en sorte que la lourdeur et la complexité des démarches administratives me décourage afin de pouvoir classer mon dossier sans suite.  A force de patience et de ténacité j’avais obtenu gain de cause et mes premiers remboursements étaient intervenus en novembre de l’année 2005. Une première attestation médicale d’incapacité – d’invalidité  avait été remplie par mon médecin généraliste le 28 mai de cette même année 2005 et envoyé à la compagnie d’assurance, c’était sans compter sur la détermination de cette même compagnie qui cherchait à détecter une faille pour suspendre mes paiements. Après huit mois de répit, elle m’avait donc envoyé un nouveau dossier à faire remplir, toujours par mon médecin traitant, pour faire le point sur mon état de santé. Le praticien n’avait pas grand-chose à rajouter car le cancer était toujours là, et l’heure n’était pas aux pronostics de la guérison. Je m’étais donc appliqué à faire le nécessaire pour satisfaire la demande de mon prestataire de service, et je considérais l’affaire classée, en effet je n’imaginais pas un seul instant que l’on mette en cause ma bonne foi, mon dossier étant d’ailleurs suffisamment étayé par des professionnels qui n’avaient rien à gagner dans cette histoire.

Quelques semaines plus tard, une surprise de taille m’attendait dans la boîte à lettres, l’enveloppe que le facteur venait de déposer étant porteuse de très mauvaises nouvelles.  



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