Pot de terre, contre pot de fer

L’injustice étant pour moi une source inépuisable de colère, le courrier à l’entête du   cabinet d’assurance que je tenais entre mes mains, me faisait monter l’adrénaline au fur et à mesure que je le lisais. Mes paiements étaient suspendus pour une raison minable, l’employé avait bien fait son travail, faute de trouver la faille il avait déniché la micro-fissure. A force d’observation il avait en effet détecté une petite anomalie qu’il jugeait suffisamment grave pour me sanctionner. L’objet du délit était une hypertension  non mentionnée sur mon questionnaire médical lors de mon adhésion à l’assurance, à l’inverse de celle inscrite sur le rapport rédigé par mon médecin traitant, lors de ma demande d’indemnités. Une broutille qui ne méritait pas que l’on s’y attarde, car elle n’avait rien à voir avec le cancer qui m’interdisait de reprendre mon poste au sein de mon entreprise. Pourtant, l’employé zélé avait osé s’engouffrer dans la brèche, en espérant économiser de l’argent à son employeur, dans un but évident de se faire bien voir, future promotion oblige. 

J’étais écœuré de constater qu’un établissement aussi réputé puisse se fourvoyer dans des actes aussi malhonnêtes, malheureusement ce courrier reflétait que trop bien l’esprit de la société de profits dans laquelle nous vivons, profits qui prévalaient au détriment de toute forme d’humanité. 

Je connaissais l’expression ‘’le pot de terre contre le pot de fer’’ et ce n’était pas sans rancœur, qu’il ne me restait plus qu’à me soumettre.

Sans cesse je lisais et relisais mot pour mot  l’avis qui venait de m’anéantir. 

 

Monsieur,

Vous avez adhéré au contrat d’assurance en couverture de prêt accordé par votre établissement financier.

No contrat : …. No prêt : … Date d’entrée : …. Modalité d’entrée : ….

Vous avez sollicité la mise en œuvre de la garantie incapacité totale de travail pour un sinistre survenu le 2 décembre 2004.

 (J’aimais bien le terme de sinistre pour définir la maladie, en l’occurrence le cancer).

Nous vous informons qu’à la suite des différents contrôles médicaux et administratifs, votre assureur ne peut poursuivre la prise en charge au-delà du……..

En effet, lorsqu’il adhère au contrat d’assurance, le candidat doit indiquer, sur le questionnaire de santé, ses antécédents médicaux (maladies, traitements, interventions

chirurgicales, ..) même si ceux-ci n’entraînent pas dans l’immédiat une incapacité de travail. (Le rédacteur de la lettre voulait dire que je n’avais pas fait mention de l’hypertension dont j’étais affecté sur mon questionnaire de demande d’assurance, à l’inverse de celui de ma demande d’indemnisation, corroborer par les écrits de mon médecin traitant. L’oubli était de bonne foi et il était facile d’admettre que mon intention n’avait pas été d’arnaquer mon assureur)

Si votre assureur en avait eu connaissance, les conditions d’assurance auraient été modifiées.)

D’après l’article L 113-8 du code des assurances, lorsqu’un assuré a fait un fausse déclaration, le contrat d’assurance est nul et le sinistre ne peut donner lieu à prise en charge alors même que le risque omis ou dénaturé a été sans influence sur le sinistre.

(Autrement dit, vu que mon questionnaire comportait un oubli, mon contrat était  nul et non avenu, je n’étais donc pas assuré malgré mes paiements. Dans ce cas pourquoi n’étais-je pas rembourser de vingt neuf mois de cotisations inutiles, pourquoi ne devais-je pas reverser un somme d’argent indûment perçue ?)

Voici la réponse.

L’assureur, bien que vous ayez fait une déclaration inexacte, accepte de maintenir la garantie décès, et d’annuler seulement les garanties incapacité totale de travail et invalidité permanente et absolue.

(Outre l’extrême délicatesse de l’assureur qui ne me donnait pas l’obligation de rendre le  trop perçu, je devais me réjouir qu’il acceptât de me couvrir en cas de décès (sympathique non ?). Il ne me restait plus qu’à me taire et continuer à payer mes échéances mensuelles.

 Cette annulation fait obstacle à toute indemnisation actuelle ou future au titre de l’incapacité totale de travail et de l’invalidité permanente et absolue.

Nous vous prions d’agréer, monsieur………… 

 

La claque était violente, mais si j’étais mis sur la touche, je n’avais pas l’intention de poser les armes sans exprimer ma profonde amertume. J’étais bien décidé de répondre à mes juges, il fallait juste que je penne mon temps pour trouver les mots justes.

 



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