Cracher dans un violon

Le pire c’est que je ne savais pas contre qui diriger ma colère, et mon agressivité s’amplifiait au fil du temps jusqu’à me pourrir la vie. Il fallait que je réagisse. J’étais en bon terme avec le responsable de l’agence dans laquelle j’avais contracté mon prêt, j’avais donc pris un rendez-vous. Il m’avait expliqué que sa banque travaillait en partenariat avec la société d’assurance objet de tous mes maux, mais que son droit de réserve l’obligeait à ne pas prendre position dans cette affaire. Néanmoins il était disposé de me donner l’adresse de la direction qualité de son entreprise, et l’adresse d’un médiateur qui était en mesure de recevoir mes doléances avant de prendre une décision finale pour clore le dossier.

J’avais d’abord décidé d’informer le service qualité de la banque, en espérant pouvoir compter sur son appui pour régler mon litige. Ce que j’ignorais à l’époque c’était que les deux sociétés étaient étroitement imbriquées, chacune d’entre elle possédant des actions dans l’autre société. J’étais naïf de penser qu’un petit emprunteur de mon espèce allait pouvoir obtenir réparation, car la banque n’avait pas intérêt à me défendre, les bénéfices de l’assureur lui rapportant  à l’heure du bilan, de précieux dividendes.

En attendant d’apprendre que mon courrier était classé sans suite, j’avais pris ma plus belle plume, en espérant faire pleurer dans les chaumières.

 

Monsieur,

En arrêt de travail depuis le 2/12/04, et suite à diverses interventions chirurgicales concernant le traitement d’un cancer métastatique du rein gauche, j’ai sollicité la mise en œuvre de la garantie d’incapacité totale de travail auprès de —–

La constitution de mon dossier nécessitait la production de nombreux documents qui furent produits en temps et en heure.

Ma demande acceptée, mon indemnisation intervint dans le courant du semestre—-

Bien que mon état de santé ne se soit pas amélioré, car je souffre actuellement d’une généralisation de l’affection, soignée dans le cadre d’un protocole, par le CAC de l’espoir, un nouveau contrôle médical me fut imposé, auprès de monsieur —-, médecin conseil de l’assurance.

Fragilisé par ma maladie, mais dans une situation financière dépendante, j’acceptai de me plier à ces contraintes administratives.

En réponse à cette enquête, je reçois ce jour confirmation d’annulation de versements de prestations, pour fausse déclaration.

Si une irrégularité a été commise, elle ne peut être que du fait d’une omission involontaire, d’une erreur d’écriture, ou d’une ignorance totale, par rapport à l’importance que certains éléments peuvent avoir dans l’élaboration d’un dossier.

Que la personne responsable de cette résiliation, prenne conscience du sentiment d’injustice et d’immoralité que la lecture d’une telle missive, peut faire naître dans l’esprit de la personne, à laquelle elle est adressée.

Nous savons tous, que dans notre société, la recherche du profit, prime au détriment de toutes compassions, esprit d’équité, ou moralités.

Je n’ai ni compétence, ni force morale, ni l’influence suffisante, pour me défendre contre un établissement aussi puissant que celui qui est à l’origine de ces doléances.

Je suis fidèle client de votre banque depuis presque quatre décennies, aussi je sollicite votre appui dans cette affaire, pour porter réclamation et demander révision de ce dossier.

J’ai toujours été satisfait des services rendus par votre banque et toujours été sensible à la gentillesse de votre personnel, mais si je devais pâtir d’une décision non équitable, je me verrais dans l’obligation de réviser ma position.

Je ne veux pas être la seule victime d’un verdict injustement défavorable en ce qui me concerne.

Je vous prie d’agréer monsieur—–

 

Mon courrier n’avait pas suscité d’émotions, la petite goutte d’eau dans la mer que mon argent représentait dans le chiffre d’affaire de cet important groupe financier ne pesait pas grand-chose dans la balance, je n’étais pas un client influant.

 

Monsieur

Par votre courrier du —, vous exprimez votre déception suite au refus de votre assureur, de prendre en charge les échéances de prêt pour fausse déclaration. Vous demandez mon intervention auprès de l’assurance afin de modifier sa position.

Je comprends votre réaction et regrette la situation que vous évoquez.

Il ne m’est pas possible d’intervenir auprès de la —– ni de juger les décisions prises. Je n’ai pas délégation pour intervenir sur les dossiers de nos clients qui restent gérés de façon autonome par la —–

Je vous invite à adresser votre contestation au médiateur de la —-, qui après votre accord écrit, consultera les pièces notamment médicales de votre dossier et émettra la position définitive de la —- L’adresse de médiateur est celle habituelle de la —-

Je souhaite que votre demande puisse aboutir et transmets copie de ma lettre à votre agence.

Je vous prie d’agréer monsieur ——

 

Si ma colère avait partiellement été exorcisée par ma lettre de réclamation, la réponse que je venais de recevoir du service qualité de ma banque, ravivait le feu qui menaçait d’embraser la forêt voisine. Je ne pouvais pas en resté là, il fallait que j’exprime ma révolte.

 

Monsieur

Suite à votre courrier du —-, j’aimerais vous faire part de mon amertume, au regard des explications que vous avez bien voulues me fournir.

Vous êtes en effet bien loin de comprendre ma colère et le sentiment d’injustice qu’une décision aussi aberrante a pu naître dans mon esprit. Regrette cette situation n’est pour vous qu’une simple formule de politesse administrative. Vous avez l’art et la manière de vous débarrasser d’un dossier qui pour vous ne représente aucun intérêt.

Il ne vous est peut-être pas possible d’intervenir, ni de juger les décisions, mais il vous est certainement possible de faire connaître votre désapprobation. Encore faut-il le vouloir. Un client de moindre importance ne mérite pas qu’on lui consacre du temps. Le temps c’est de l’argent et le profit prime au détriment de toutes compassions.

Bon nombre de leurs clients ayant contracté une assurance par votre intermédiaire, je pense à l’inverse de vos propos, que votre influence et votre jugement, sont auprès de la — deux facteurs importants, en matière de décisions.

J’ai adressé comme vous me l’avez suggéré, mais sans trop de convictions, une lettre de protestation, auprès du médiateur de la — et j’attends une réponse de sa part.

Certaines personnes défilent dans les rues, d’autres font la grève de la faim ou du travail, c’est souvent leur unique moyen de défense. Moi j’envisage de changer d’établissement bancaire.

Je sais que vous en fichez comme de votre première chemise, mais j’aimerais par ce geste faire comprendre qu’un individu n’a pas à être sacrifié au nom de la sacro-sainte rentabilité économique, et qu’il mérite un peu d’égard et d’attention.

Je vous prie d’agréer monsieur —-

 

Écrire cette lettre ou cracher dans un violon avait le même effet, mais je voulais à tout prix manifester mon dégout.



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