Une plaie débarrassée de son pue

Ma décision de rédiger deux courriers que j’avais ensuite postés en recommandé et accusé de réception, n’avait été qu’une pure perte de temps et d’argent, mais j’avais eu la satisfaction d’avoir pu vider mon sac, et je me sentais plus léger. En fait le responsable de mon agence avait été de bon conseil, il fallait s’adresser directement à un médiateur. J’étais fortement sceptique car ce médiateur semblait travailler au sein même du cabinet d’assurance, et j’imaginais mal que cette personne puisse être neutre et entièrement libre de ses décisions.

Par l’intermédiaire de mon comité d’entreprise nous avions été choisis pour résider une semaine dans un mobile-homme situé dans un camping de la Tranche sur mer. Le mercredi 14 juin 2006, Chantal devait me laisser seul pour retourner sur Cholet, car Eliane terminait son année scolaire et elle venait passer le reste du séjour avec nous. Je profitais donc de ma solitude et de la sérénité des lieux pour prendre de nouveau la plume. Je pensais ma colère complètement éteinte, mais elle se réattisait, au fur et à mesure que je couchais mes phrases sur le papier. Plus qu’une demande de justice, ma lettre faisait davantage l’objet d’un règlement de compte. Je savais ma cause perdue d’avance, mais je voulais manifester jusqu’au bout mon indignation.

 

Monsieur,

En arrêt de travail depuis le 2/12/04, tributaire d’un emprunt contracté à — et assuré par–, j’ai sollicité auprès de cette dernière, la mise en œuvre de la garantie d’incapacité totale de travail.

La constitution de mon dossier nécessitait la production d’un certain nombre de documents et comportait un important questionnaire auquel j’ai répondu en même temps que furent transmises les pièces justificatives exigées.

Ma demande acceptée, mon indemnisation intervint dans le courant du premier semestre de —-

Souffrant d’un cancer métastatique du rein gauche et bien que mon état de santé ne se soit pas amélioré, j’acceptai de subir un contrôle médical imposé par l’assureur en —-

Fragilisé par mon affection et en situation financière dépendante, je ne doutais cependant point d’une suite favorable à l’issu de mon entrevue au cabinet du docteur —– médecin conseil.

Le choc fut donc d’autant plus grand, lorsque quelques semaines plus tard, un lettre émanant de la —-, vint me confirmer l’annulation pur et simple du versement des prestations pour fausse déclaration. Le signataire du document précisait cependant le maintien de mes droits en cas de décès. Merci pour ce geste délicat, mais je ne suis pas pressé de mourir.

Que la personne responsable de cette décision, prenne conscience du sentiment d’injustice et d’immoralité que la lecture d’un tel document peut faire naître dans l’esprit du client auquel il est adressé.

J’ignore la gravité de l’infraction pour laquelle je suis sanctionné, mais s’il y a eu irrégularité de ma part, elle ne peut être que du fait, d’une omission ou d’une erreur involontaire dans les réponses à fournir et d’une méconnaissance totale au regard de l’importance et des conséquences, que les éléments apportés peuvent avoir dans l’élaboration du dossier.

Je n’ai ni la qualité, ni la force morale, ni l’influence suffisante pour me défendre contre cette aberration. Je constate qu’avec un maximum de compétences et qu’avec la production de textes précis, soutenue par des connaissances juridiques solides, on profite du moindre faux pas de l’assuré, cherchant ainsi à préserver les intérêts de l’établissement dans lequel on est salarié, dans l’optique de la sacro-sainte recherche du profit, au détriment de toute compassion ou dignité humaine. Trouver la faille dans la constitution d’un dossier n’est d’ailleurs pas bien difficile, car en face de soi, on est confronté la plupart de temps, à des individus très peu expert en matière de réglementation.

J’ai le sentiment que l’on cherche à exploiter ma faiblesse et ma naïveté pour me spolier de mes droits et dans l’esprit d’équité et de moralité, je vous demande par cette requête de bien vouloir faire le nécessaire pour défendre ma position afin de réviser mon dossier.

Vous êtes mon ultime recours et je suis à votre disposition pour vous transmettre toutes les pièces médicales que vous jugeriez utiles de consulter dans le cadre de votre enquête.

Dans cette affaire, j’ai toujours été intègre et honnête et n’est à aucun moment voulu tromper mon assurance.

Dans l’espoir de vous lire au plus vite, je vous prie d’agréer monsieur —-

 

Il ne m’avait pas fallu bien longtemps pour rédiger ce courrier, et comme une plaie débarrassée de son pue, je me sentais soudain soulagé et heureux de profiter pleinement d’un soleil généreux, dans un cadre qui me changeait de mon environnement de malade, m’écartant ainsi de l’esprit les mauvaises pensées habituelles. Ma petit famille allait bientôt arriver, je pouvais fermer les yeux et sourire un peu à la vie.



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