Le médiateur, mon sauveur

Mercredi 2 mars 2011, j’émerge d’une lente descente aux enfers qui s’est prolongée pendant une huitaine de jours. Je sais par expérience que la fin d’un cycle de chimiothérapie est extrêmement pénible à supporter, mais cette fois l’épreuve était plus éprouvante encore. La faute en incombe à une gastro-entérite qui est venu s’immiscer dans les listes des nombreux problèmes que j’ai déjà à surmonter et qui s’amplifient en fin de traitement. Huit jours durant lesquels je n’ai quasiment pas mis le nez dehors, huit jours où il a fallu subir les assauts répétés du mal de ventre, des nausées, des diarrhées, sans compter l’inconfort permanent d’une rhinite crouteuse qui ne veut pas guérir et qui m’empêche à cause d’une respiration difficile, de bénéficier d’un bon sommeil réparateur.

Je suis très fatigué, je n’ai pas envie d’entreprendre grand-chose, je passe mon temps à somnoler devant des programmes de télévision le plus souvent médiocres. Et pourtant il semble aujourd’hui que mon organisme reprend du poil de la bête, je recommence à manger un peu plus et j’ai eu la force ce matin d’aller chercher mon pain. Il me faut juste un peu de courage pour m’extirper de mon fauteuil et me voilà enfin assis devant mon ordinateur à reprendre une page d’écriture, un travail salutaire qui m’aide comme je l’ai dit mainte et mainte fois à maintenir la tête hors de l’eau.

 

Mercredi 14 juin 2006, Chantal et Eliane étaient arrivées, je leur fis part de ma satisfaction pour avoir mené à bien la rédaction de ma lettre, nous pouvions terminer notre séjour loin de toutes ces tracasseries administratives, et mette provisoirement à l’écart la maladie.

Il avait fait très beau pendant nos vacances, le calme de cette période hors saison et les nombreuses balades que nous avions pu effectuer m’avait rechargé les batteries. J’étais fin près pour affronter les adversités en tous genres.

J’avais posté ma lettre de requête auprès du médiateur de l’assurance, et j’avais reçu en réaction une demande d’autorisation de consulter mon dossier, auquel j’avais répondu par l’affirmative. Je n’attendais plus que l’on m’adresse une fin de non recevoir, je n’étais pas nerveux, car j’avais déjà l’esprit d’un perdant.  

 

Paris le 12 juillet 2006

Monsieur,

Par lettre en date du 26 juin 2006, vous m’avez autorisé à consulter votre dossier, ce dont je vous remercie.

Dans votre correspondance du 20 juin 2006, vous nous faites part des difficultés que vous avez rencontrez avec votre assureur, concernant le refus de prise en charge de votre arrêt de travail suite à la résiliation de votre contrat.

Vous avez, en effet contracté le 29 juin 2002 un prêt, auprès de —– d’un montant de —- euros, couvert par une assurance  décès invalidité incapacité de travail.

Suite à votre arrêt maladie du 2 décembre 2004, vous avez sollicité la mise en œuvre de la garantie incapacité totale de travail.

Votre arrêt maladie a été pris en charge jusqu’au —-, un contrôle médical effectué le —- ayant révélé un antécédent d’hypertension artérielle traité depuis 2001 faussement signalé lors de votre demande de contrat auprès de votre assureur. Dans un courrier du 2 mais 2006, l’assureur vous a donc informé de l’arrêt d’indemnisation et de la résiliation de votre contrat, l’assureur acceptant toutefois de maintenir la garantie décès, à titre commercial. C’est cette position qui vous conduit à saisir les instances de la médiation.

Le médiateur parle de résiliation, l’assureur garantie de son côté le paiement du solde restant dû en cas de décès avec maintien de mes cotisations mensuelles. Si les termes d’un contrat d’assurance sont un imbroglio dans mon cerveau, ils ne le sont pas moins dans ceux du personnel travaillant pour ses mêmes assurances. 

J’ai donc immédiatement pris l’attache des services de gestion qui, après réexamen du dossier, ont convenu que les circonstances particulières de l’adhésion imposaient une révision de décision.

Le médiateur parle de circonstances particulières de l’adhésion, je ne vois pas de quelles circonstances particulières il fait référence, puisqu’à l’époque j’étais un emprunteur tout à fait ordinaire.

J’ai donc le plaisir de vous annoncer que vous êtes rétabli dans vos droits, et que votre indemnisation reprendra par conséquent au —-. Elle se poursuivra ensuite sur présentation des habituels justificatifs d’incapacité de travail.

Me réjouissant de ce dénouement favorable, je vous prie d’agréer, monsieur ——

 

J’étais assis dans une chaise de la cuisine à lire ma lettre, je n’en croyais pas mes yeux, avais-je eu tort, la société dans laquelle nous vivons n’était elle pas aussi pourrie que ce que j’avais pu jusqu’alors imaginer.



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