Pas pour autant sorti d’affaire

Aucun appareil n’était capable d’explorer de manière assez minutieuse cette petite trace noire qui titillait l’esprit de mon oncologue, et donc à ce jour nous en étions toujours au point mort. Ces collègues avaient bien voulu adhérer à sa taise, selon laquelle cette tache ressemblait plus à une cicatrice, qu’à une tumeur, mais le docteur R s’était vu essuyer un refus, lors de sa demande d’une éventuelle intervention chirurgicale.

La société B mettait un terme à l’étude, nous étions le 18 juin de cette année 2007, c’est-à-dire presque deux années après le début de mon traitement. Conformément au protocole, mes frais d’examens, d’hospitalisations, de laboratoires, de traitements n’incombaient plus au groupe pharmaceutique, je retournais donc dans le giron des malades couverts par la sécurité sociale. V m’avait transmis l’information, alors qu’elle me mettait entre les mains mon ultime questionnaire. Six jours auparavant, j’avais passé mon quinzième scanner, et les résultats étaient bons. Je savais maintenant que j’étais le seul en lice des patients qui avaient participé à l’étude au CAC de l’espoir, et que cette étude au niveau mondial était plus que positive, car le médicament avait obtenu l’autorisation de mise sur le marché à partir de mois de juillet, ma  prochaine prescription médicale serait donc à retirer à la pharmacie de mon quartier. V m’avait conduit pour la dernière fois dans le service des prélèvements sanguins et je savais que désormais cette équipe ne s’occuperait plus de moi. Mon électrocardiogramme révélait une anomalie, l’interne de garde avait demandé de m’en faire un second. Ce petit contretemps m’inquiétait et assombrissait quelque peu ma bonne humeur. Un courrier allait être adressé à mon cardiologue attitré, en attendant je pouvais quitter le centre anticancéreux, sur le champ.   

Je ne savais par réellement ce qui était en train d’arriver à mon cœur, j’avais obtenu des explications avec des termes scientifiques auxquels je n’avais rien compris. Je n’avais pas insisté, je préférais ignorer une réalité qui risquait de foutre en l’air plus de deux ans de combat contre le cancer.

En rentrant à la maison, Chantal avait pris le soin de téléphoner à la secrétaire du cabinet cardiologique pour l’informer de nos péripéties, elle lui demandait de nous rappeler dès réception du courrier émanant du CAC de l’espoir, afin de fixer un rendez-vous auprès du docteur L. Plusieurs jours s’étaient passés sans que nous n’ayons eu aucun signe de vie. Chantal avait retéléphoné, coup de fil auquel la secrétaire avait répondu qu’elle n’avait pas encore reçu la précieuse lettre de Nantes. Nous avions réitéré l’opération plusieurs fois et devant la réponse toujours négative de notre interlocutrice, nous avions laissé tomber l’affaire, pensant que le CAC de l’espoir n’avait pas jugé bon donner une suite à cet examen litigieux. J’étais rassuré car désormais j’étais persuadé que mon cas ne relevait pas d’un caractère d’urgence.

En pleine période estivale, j’avais reçu une convocation provenant du médecin conseil de la sécurité sociale. Je n’étais pas surpris outre mesure, car mon généraliste m’avait averti de cette possibilité. En effet il ne restait guère moins d’un semestre avant que je n’atteigne les trois ans d’arrêt de travail auquel j’avais droit, au-delà duquel  il fallait réviser ma position.

Réviser ma position signifiait, une reprise de mon activité professionnelle, ou une mise pure et simple en invalidité. Je n’envisageais pas cette dernière possibilité, je préférais rependre mon travail. Je savais que mon état de santé ne me permettait pas d’exercer mon métier à plein temps, mais j’avais espoir d’un aménagement, et j’avais bien l’intention de profiter de cet entretien avec le médecin conseil pour en faire la demande. En attendant, mon seizième scanner, et mon entrevue avec un docteur R toujours autant dans l’incertitude, m’avait conduit à poursuivre mon traitement. V ne s’occupait plus de moi, mais elle n’avait pas manqué de nous saluer en nous croisant dans les couloirs, et comme elle me l’avait fait savoir, j’avais dans ma poche une ordonnance qui me permettait de retirer le Néxavar, dans la pharmacie habituelle de mon quartier. J’étais de ces anonymes qui avaient contribué au succès de sa commercialisation, mais la page était tournée, et je n’étais pas pour autant sorti d’affaire, ma route se poursuivait et il fallait continuer à marcher.



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