Connaître le prix a payer

Aujourd’hui lundi 14 mars 2011, soixante douze heures après mes péripéties, mon esprit a retrouvé un peu de sérénité,  il me fallait bien ce laps de temps pour me remettre de mes émotions. Vendredi dernier était en effet la journée de tous les dangers, et de toutes les angoisses. Au programme était prévu un voyage à Nantes, deux examens, et un entretien avec mon oncologue. 

Mes yeux s’étaient ouverts aux alentours de 7h 30, il était temps pour moi de me lever, car une matinée de réjouissances m’attendait au CAC de l’espoir. Comme d’habitude fidèle à elle-même Chantal très organisée avait tout prévu, (je plains les malades qui n’ont personne pour les accompagner au quotidien)

Le programme était donc très chargé. D’abord était prévu une scintigraphie du cœur avec une première injection, puis une seconde injection de produit radioactif, avant l’examen proprement dit. Le manipulateur n’ayant pas bien fait son boulot, il avait fallu procéder à une seconde tentative qui s’était soldé cette fois par un succès. J’étais très en retard pour passer mon scanner, heureusement Chantal avait prévenu le service. Je n’avais même pas eu besoin d’attendre, une infirmière était venue me chercher illico presto pour procéder à l’exploration minutieuse de mon corps. Quelques ronrons familiers de la machine plus tard, j’étais déjà dans la salle d’attente de mon cancérologue. Le service des consultations était quasiment vidé de ses malades, j’étais l’un des derniers ‘’clients’’ de la matinée.

Le stress en était à son paroxysme, je n’osais pas regarder Chantal, tellement j’étais nerveux, heureusement les toilettes n’étaient pas loin.

« Monsieur Gautier »

Cette fois c’était le dénouement, complètement tétanisé par la peur, j’abordais un docteur R d’excellente humeur J’avais patienté un bon quart d’heure avant qu’il daigne me recevoir dans son bureau, il fallait maintenant qu’il mette fin très vite au suspens avant que mes artères n’éclatent.

« Les résultats sont bons, le ganglion à l’aorte est stable, la tumeur au bras est stable, le ganglion à la surrénale est très légèrement diminué. Le cœur n’a pas trop souffert de ce nouveau cycle de chimiothérapie. Vous pourrez entamer la semaine prochaine un autre cycle. »

Comme une poche d’eau qui venait de se rompre, mes nerfs s’étaient brutalement détendus. L’existence est précieuse et je connais le prix à payer pour la conserver, le médecin venait de m’annoncer une nouvelle renaissance à la vie, et j’en étais à bien des résurrections depuis plus de six ans que les dures épreuves de la maladie s’étaient abattues sur notre foyer.

Pour l’heure la journée d’aujourd’hui s’annonce radieuse et je vais profiter de ce sursis accordé par la bête féroce pour profiter pleinement de ce monde.

Je commence d’abord par rajouter à mon pilulier les trois gélules de mon septième cycle de chimiothérapie, j’avale ensuite mon petit déjeuner, puis après une toilette revigorante je poursuis mon activité par une petite page d’écriture, afin de replonger mes lecteurs dans mon parcours du combattant, à l’endroit où j’avais stoppé mon récit, c’est à dire à la fin de l’été 2007, période durant laquelle j’avais ignoré les recommandations du docteur  B, en n’interrompant pas mes prises de Néxavar, malgré les multiples agressivités que celui-ci faisait subir à mon organisme.

Le Duspatalin, n’était pas la panacée, et mes intestins continuaient leur révolution de 1789, néanmoins ma détermination étant tellement forte, et malgré le très grand inconfort de la situation, je continuais coûte que coûte à avaler mes quatre cachets quotidiens de produits anticancéreux de peur de voir ressurgir la bête.        

Mon dix septième scanner, suivi trois jours plus tard de mon entretien avec le docteur R n’avait rien changé à l’affaire. Manifestement les conseils de sa remplaçante n’avaient pas été couchés sur mon dossier médical, le docteur R ne m’en avait donc pas touché un traître mot, de ce fait il n’envisagea point de changer l’ordre des choses.

Nous abordions l’automne et son cortège de temps gris et de journées pluvieuses. Ma glande thyroïde continuait de poser des soucis à mon généraliste qui n’arrivait pas à me prescrire le bon dosage, et mes yeux accusaient aussi le coup de la cinquantaine, il fallait consulter un ophtalmologiste, car mes lunettes n’était plus adapter. Telle une abeille qui butine de fleur en fleur, je passais une partie de mon emploi du temps à me rendre d’un médecin à un autre médecin, d’un spécialiste, à un autre spécialiste, et il n’était pas dans l’ordre du temps de me dérober.



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