Bientôt le plan ORSEC

Le malheur est compréhensible par n’importe qui, mais le bonheur ne l’est que lorsqu’on l’a perdu. 

 

Trois ans de découragements, d’espoirs, de doutes, de peurs, de sacrifices, de larmes, de combats contre un ennemi sans pitié, ce parcours chaotique avec comme champ de vision un avenir incertain, définissaient assez bien mon existence du moment.

Malgré tout j’avais la ténacité du malade qui s’accrochait coûte que coûte à la vie, et trois ans de luttes incessantes venaient enfin d’être récompensés. Deux phrases prononcées par la cancérologue, avaient suffi pour que s’effacent du tableau noir de très mauvais souvenirs qu’il fallait maintenant essayer d’oublier.

« Comment allez-vous monsieur Gautier ? »

Le docteur R arborait un large sourire, il nous avait serré la main et nous invitait à nous asseoir.

« Bon, et bien je viens de vérifier votre scanner, il est comme le bleu d’un ciel d’été, sans l’ombre d’un nuage. »

De douces paroles qui venaient de faire exploser la chape de plomb qui s’était abattue sur mon humeur depuis que la boîte de Néxavar avait été reléguée au fond de la pharmacie. Pour la première fois depuis bien longtemps, je me surprenais à penser que ma guérison n’était pas une utopie.

Il n’était plus du tout question de cette opacité sur mon rein droit, qui avait tellement fait parler d’elle 

Je continuais cependant à subir les conséquences des effets secondaires. Mon généraliste bataillait ferme pour stabiliser ma TSH, une hormone produite par l’hypophyse, et qui agit sur la thyroïde principalement en stimulant la sécrétion des hormones thyroïdiennes. Mes prises de sang montraient souvent des anomalies qui entrainaient des prescriptions sans cesse différentes du dosage de Lévothyrox, et suite à ma visite du 11 janvier, ma nouvelle prise de sang ne dérogeait pas à la règle.

Mes dents continuaient également d’être un sujet de préoccupation, car le dentiste était dans l’obligation de m’extraire une autre molaire. Il n’avait de cesse de me répéter que la petite opération subie quelques temps auparavant avait été un franc succès, et que cette dent qui faisait l’objet de ma visite, était de toute façon condamnée, intervention chirurgicale ou pas.

Mes visites au CAC de l’espoir avaient lieu désormais tous les deux mois, car mes rendez-vous intermédiaires entre les contrôles au scanner n’étaient plus nécessaires, depuis l’arrêt de mon traitement. Le docteur R envisageait même d’espacer de quatre mois mes prochains examens. Il avait d’ailleurs mis son projet à exécution, car mon 19ème scanner avait été fixé le 29 février 2008, et j’avais attendu le 6 juin 2008 pour passer le 20ème.   

Entre temps mes intestins sans avoir signé l’armistice, m’accordaient des trêves de plus en plus longue, trêves qui étaient largement bénéfiques pour le confort du ‘’convalescent’ que j’étais. Le cancérologue avait prononcé enfin le mot de rémission, et nous avions largement diffusé par internet et par téléphone la nouvelle, à nos amis et à nos proches.

L’épisode de mon ultime électrocardiogramme subi au CAC de l’espoir et qui avait indiqué une anomalie au niveau de mon rythme cardiaque, était passé complètement aux oubliettes, je ne faisais pas le rapprochement entre cet incident qui avait marqué ma fin de contrat avec B, et les bizarreries que me cœur me faisait ressentir en ce début d’été 2008.

Lorsque les crises intervenaient je n’étais pas spécialement en train de produire un effort physique, j’avais plutôt l’impression que ces crises étaient liées à une mauvaise digestion, et il est vrai que les effets secondaires de ma chimiothérapie avaient largement détérioré mes fonctions digestives, il ne fallait absolument pas que je fasse d’écarts alimentaires au risque d’être malade pendant plusieurs jours. Les mouvements brusques étaient aussi largement à proscrire car lorsque je ressentais ces mouvements désordonnés de mon cœur, le moindre faux pas était synonyme de malaise au bord de la perte de connaissance. J’en avais parlé à mon généraliste et également à mon oncologue, mais à chaque fois que les praticiens m’auscultaient, le muscle cardiaque battait normalement, le problème n’était donc pas approfondi. Mieux vaut prévenir que guérir, une menace planait au dessus de ma tête, mais personne n’envisageait encore de déclencher le plan ORSEC.

    



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