De l’échographie cardiaque à l’holter

« Vous souffrez comme beaucoup de personnes de votre âge d’une arythmie ventriculaire, c’est-à-dire d’une anomalie du rythme cardiaque dont les battements sont irréguliers dans leur fréquence et dans leurs contractions. Si vous voulez, on peut comparer votre cœur à un moteur de voiture qui ferait de l’autoallumage. »

Il ne pouvait pas choisir un plus mauvais exemple, car j’étais complètement nul en mécanique automobile, et ses explications ne m’éclairaient guère sur la gravité ou non de mon cas.

« Vous pouvez vous rhabiller ».

J’étais soulagé de pouvoir m’éloigner de cette machine qui décidément ne me disait rien qui vaille.

« Je vais vous prescrire du Rythmol, ce médicament a pour mission de modifier la vitesse de transmission de l’influx nerveux au sein du muscle cardiaque, et lutte contre ces contractions anarchiques. Je vais écrire un courrier à votre médecin traitant pour lui expliquer tout ça ».

J’étais assis devant son bureau et j’observais le cardiologue qui consignait sur ordinateur ses différentes observations.  

« Est-ce que mon traitement chimiothérapique peut-être à l’origine de mes ennuis ? ».

« Absolument pas, cette arythmie vient se greffer à toutes vos autres préoccupations de santé, mais votre traitement anticancéreux en n’est pas la cause. Il est possible par contre que ce traitement est accentué, voir même aggravé le phénomène. Il faudra être vigilant. »

« Lorsque je suivais mon protocole au CAC de l’espoir, à la suite d’un électrocardiogramme, il m’avait été signalé une anomalie, un courrier devait vous être d’ailleurs envoyé. »

Le praticien avait ouvert mon dossier et fouillait parmi les documents qu’il avait en sa possession.

« En effet j’ai ici une lettre de Nantes qui m’enjoignait de vous recevoir en consultation. » 

J’attendais à ce qu’il me demande la raison pour laquelle je ne m’étais pas manifesté, mais il n’en fut rien.

Il avait arrêté de parler, et sans d’autres explications donc, il poursuivait ses écrits et ne semblait pas choqué d’avoir en sa possession un message auquel ni moi, ni personne dans son service n’avait cru bon devoir donner suite.

Chantal avait largement alerté sa secrétaire qui n’avait pas fait son boulot, et je considérais l’attitude du médecin plus que laxiste. D’ailleurs pourquoi ne réagissait-il pas à cette faute administrative, sans doute ne se sentait-il pas exempt de tout reproche.

Le mal était fait, il était trop tard pour ruer dans les brancards, je préférais maintenir ma colère, j’étais tellement lassé de toutes ces évènements à rebondissements qui ponctuaient ma vie de malade, je n’avais qu’une hâte, rentrer chez moi et oublier tout ça.  Apparemment j’évitais une hospitalisation et c’était pour moi l’essentiel.

« D’ici quelques mois de médication, nous vous poserons un holter. C’est un petit dispositif qui permet l’enregistrement en continu de votre rythme cardiaque sur vingt quatre heures. Docteur C prescrira l’examen au moment qu’il jugera bon de le faire, en attendant vous pouvez rentrer chez vous. »

Après avoir récupéré ma carte vitale et signé mon chèque, j’avais rejoint la porte de sortie, et à ma grande surprise Chantal et Éliane m’attendaient dans le couloir. Le médecin avait trouvé les mots pour les rassurer. Il était temps pour nous de rentrer à la maison et de penser à notre week-end.



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