La loi du plus fort

Le cabinet d’assurance qui avait l’obligation de prendre en charge mon indemnisation au titre de la garantie d’incapacité totale de travail, avait perdu une bataille mais n’avait pas perdu la guerre. Depuis le 12 juillet 2006 date à laquelle le médiateur m’avait rétabli avec effet rétroactif dans mes droits, les virements au crédit de mon compte avaient donc repris, en contrepartie des différents documents que l’on me demandait de fournir à chaque échéance de paiement.

Entre le mois de mai 2005 et le mois de mai 2009, j’avais reçu pas moins de sept attestations médicales à remplir en partie par moi-même, et  le reste par mon généraliste. J’avais subi deux expertises effectuées par un médecin mandaté par le cabinet d’assurance. IL avait fallu faire intervenir mon employeur pour qu’il me fournisse une attestation d’arrêts de travail, ainsi qu’une attestation de salaire. J’avais néanmoins toujours obéi aux instructions sans rechigner. L’assureur ayant trouvé matière à contestation, il avait fallu ensuite prendre plusieurs fois la plume pour dénoncer une injustice qui avait fini par être reconnue.

J’avais la ferme conviction que mon dossier était enfin bien ficelé, et pourtant en ce mardi 23 juin 2009, j’étais de nouveau assujetti à un contrôle médical. J’estimais qu’au regard de la gravité de la maladie, l’acharnement du cabinet d’assurance frôlait l’indécence, mais je n’avais pas le choix.

Je n’étais pas convoqué par le docteur G comme les deux premières fois, mais par le docteur B. Le praticien m’avait fait asseoir, puis m’avait demandé de relater un parcours médical qui était depuis belle lurette inscrit dans mon dossier d’assurance. Il m’avait fait ensuite allongé sur sa table d’examen, poussant la plaisanterie jusqu’à mesurer les trois cicatrices qui me barraient les flans et le dos. Il reconnaissait mon combat difficile contre la maladie, mais à part une capacité respiratoire moindre, il me trouvait en bonne santé. Etait-il en train de se prononcer en tant que médecin convaincu, ou bien était-il en train de vouloir prendre partie pour un prestataire de service qui voulait se débarrasser une bonne fois pour toute de ses obligations ?

Son objectif était- il de prendre des galons auprès de son employeur ? A ce moment précis je doutais fortement de l’honnêteté du médecin.   

« Compte tenu de votre forme actuelle, vous pourriez en théorie reprendre une activité professionnelle. Je dis en théorie, car dans la pratique les choses sont bien différentes. Malheureusement c’est la théorie qui dépend de la reprise ou non de vos indemnités par votre assureur »

« Comment peut-on contester une décision telle que celle de la sécurité sociale, qui m’a considéré définitivement comme inapte au travail Je suis même reconnu à un taux de 80% d’invalidité par la MDPH. Soit je suis capable de travailler ou non, il ne doit pas y avoir d’alternative ».

« Un organisme privé et un organisme public sont des identités bien différentes ».

En effet l’un existe pour se faire du fric sur le dos des gens, et l’autre a été mise en place pour les aider, la différence entre les deux est évidement énorme. Cette phrase je l’avais fortement pensée, mais je ne l’avais pas formulée.

« J’avoue que je vais avoir du mal à trouver des arguments en votre faveur »

J’avais envie de vomir à entendre de telles horreurs. A ce moment précis je souhaitais ardemment du mal à l’homme qui se tenait devant moi. Totalement indifférent à mon histoire, et aux souffrances que j’avais pu endurer, n’éprouvant aucune gêne pour dire des conneries, le praticien continuait d’avancer ses arguments, malgré mon visage médusé.  

« Je vais peut-être appuyer sur le fait que votre souffle est un peu court, mais finalement je peux vous dire après consultation que vous êtes guéri ».

Cette dernière phrase m’avait mis  à terre. J’étais plus qu’écœuré de ce manque de respect envers un malade qui savait aussi bien que lui qu’un cancer n’est que très rarement, définitivement guéri. Ce praticien me faisait autant de mal à prononcer ces mots, que ce fameux radiologue, qui m’avait annoncé quelques années plus tôt, un diagnostic qui ne me donnait comme perspective, que celle de la mort.

Dans ma colère, et dans mon empressement de vouloir quitter mon interlocuteur, j’en avais oublié mon sac, et il avait fallu retourner coûte que coûte sur les lieux de ma disgrâce, pour récupérer mon bien.

Cette fois les carottes étaient bien cuites, la loi du plus fort est toujours la meilleure.



WEIGHT WATCHERS ET BIG MAMA... |
Manon Pepin - Massage suédois |
Alimentation et grossesse |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lamaladiedalzheimer
| Info Sante 76
| Vivre sa vie