Mon cauchemar vivant

L’amour de la justice n’est en la plupart des hommes que la crainte de souffrir l’injustice.

La loi est la même pour tous les misérables.

 

La réponse ne s’était pas fait attendre.

Monsieur,

Vous vous êtes présenté à un contrôle médical le 23/6/2009.

Après étude de votre dossier, la —– vous a reconnu apte à exercer votre activité professionnelle.

Or votre contrat d’assurance 0175DE définit la garantie incapacité totale de travail comme l’obligation d’interrompre totalement toute activité professionnelle.

Par conséquent, la —– cesse la prise en charge à compter du 23/6/2009.

Nous remboursons vos échéances jusqu’au 22/6/2009, veille de la date de la visite médicale, sous réserve de la présentation des pièces justificatives prévues par le contrat jusqu’à cette date.

Nous vous prions d’agréer, monsieur, l’expression de notre considération distinguée.  

 

Il faut dire aussi que les paiements étaient bloqués depuis le 5/5/2009 et que le virement pour  solde de tout compte, n’intervint que le 17/10/2009. Heureusement que je n’attendais pas mon assureur pour continuer à vivre.

Maintenant que le cancer a repris du service, et que j’en suis à mon 7ème cycle de chimio, je n’ai qu’une seule envie, me présenter chez le docteur B et lui flanquer mon poing dans la figure. Quant à mon assureur, il est doublement gagnant, car il a cessé de m’indemniser, et je continue malgré tout à lui payer une cotisation qui protégera mes ayants-droits en cas de décès, en espérant que les conditions de ma mort seront conformes aux termes du contrat. Qui peut savoir à l’avance ? L’imagination des assureurs est abondante, et nous n’en sommes pas à une aberration près. Je suis à ce jour bien placé pour en apporter le témoignage.

Bref il ne me servait à rien de me torturer l’esprit, la vie est ainsi faite, et je ne pouvais rien y changer.

Après avoir passé mon 22ème et mon 23ème scanner, j’étais toujours en rémission. Préserver ma santé valait toutes les richesses de la terre, et conscient de cette réalité, il me fallait à présent concentrer l’essentiel de mes préoccupations pour garder ce précieux patrimoine.

Canaliser mes attentions sur mes ennuis cardiaques par exemple, était plus utile pour moi, que de me soucier de la perte d’une somme d’argent qui n’allait pas amputer lourdement mon train de vie.

J’avais donc tourné rapidement la page, et j’étais à présent attentif aux conseils de mon généraliste qui me prescrivait une échographie de la thyroïde, mais aussi la pose de ce fameux holter, dont le cardiologue m’avait parlé quelques six mois plus tôt.

L’holter ressemblait donc à un boîtier de disque externe, je le portais en bandoulière à même le corps sous mes vêtements L’appareil était relié à des électrodes que le docteur L  m’avait placé à des endroits bien précis de mon torse. Je devais conserver ce dispositif durant vingt quatre heures et ce n’était pas très agréable car nous étions en période d’été et comme j’étais habillé légèrement, l’homme et la machine formaient un ensemble peu discret. J’avais quand même réussi à passer l’épreuve sans encombre et j’étais retourné le lendemain rendre le matériel à la secrétaire du service adéquat. Les résultats devaient m’être communiqués par mon généraliste.

Autre sujet de préoccupation, prendre un rendez-vous pour ma thyroïde mais éviter à tous prix de me retrouver en face du docteur H. Sa voix risquant d’être plus diplomatique que la mienne, Chantal avait fait bien les choses, et j’étais assuré de ne pas rencontrer mon cauchemar vivant. 



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