Une irréfutable offensive de la maladie

La partie était plutôt mal engagée. Psychologiquement fragile après une dépression qui m’avait laissé un temps sur le carreau, je n’étais pas ferré pour affronter de fortes tempêtes, pourtant, je ne sais pas très bien par quel miracle j’avais pu moralement survivre au mot cancer.

Comme la plupart de mes semblables, je n’avais aucun doute dans mon esprit quant à l’issue fatale de ma maladie, la mort m’attendait au bout du chemin.

L’annonce du carcinome rénal qui affectait ma chair avait produit en moi un cataclysme dévastateur, toute mon existence était à reconstruire.

Pourtant de fil en aiguille j’avais combattu la souffrance, perdu des batailles, gagné des batailles, enduré bien des épreuves, et à ce jour, j’étais toujours en vie et bien dans ma tête. Mieux encore le cancérologue avait conclu à une rémission du cancer, au vu des bons résultats de ces deux dernières années.

A mon entourage admirateur de mon courage, je n’avais de cesse de dire que j’ignorais totalement la source réelle de cette force que je puisais au plus profond de moi-même pour garder la tête hors de l’eau, mais je leur confiais aussi mes craintes de ne pouvoir supporter l’éventualité d’un nouvel assaut de la bête féroce.

Je vivais donc dans la peur de cette hypothèse, et chaque visite chez le médecin faisait monter de plusieurs degrés cette peur d’un diagnostic médical qui ruinerait entièrement des espoirs qui petit à petit étaient ressuscités de leurs cendres.

Lundi 22 février 2010, le professeur R me recevait dans son cabinet de consultation pour la 39ème fois en 4ans ½ et pour commenter les résultats de mon 24ème scanner. L’optimisme n’était plus de rigueur, même si le praticien tentait de conserver un visage souriant et détendu. La surrénale du seul rein qui me restait, présentait des signes d’inquiétudes.

« Je constate une augmentation anormale du volume de la surrénale, pourtant il n’y a aucune irrégularité dans la forme de la glande qui pourrait laisser supposer un quelconque signe de malignité. Je vais donc vous prescrire une prise de sang pour détecter une éventuelle maladie indépendante du cancer, qui dans le cas d’un résultat positif sera à traiter le plus rapidement possible. »   

Ainsi donc le destin se jouait une nouvelle fois de moi, en tenant sadiquement ma vie entre ses griffes. Comme au jeu du chat et de la souris, il m’avait d’abord volé la santé, avant de me la redonner, pour aussitôt me la reprendre.

Je n’étais pas convaincu de ce que le médecin m’avait dit, il me faisait faire une prise de sang pour écarter toutes autres possibilités que la réapparition d’une nouvelle métastase, mais son opinion était déjà bien ancrée dans son esprit.

Il fallait à présent sortir du CAC de l’espoir et prendre le téléphone pour annoncer la nouvelle aux enfants, ne pas dramatiser, trouver les mots justes, mais personne ne serait dupe, le brouillard s’épaississait de nouveau autour de nous.

Ma prise de sang avait été effectué le 9 mars, et les analyses d’hormonologie pratiquées au sein des laboratoires Bio par le docteur J M Va à Lyon, mon laboratoire habituel sur Cholet n’étant pas habilité à faire. Il avait fallu patienter jusqu’au 17 mars pour connaître les résultats, et attendre encore le coup de fil du docteur R, pour être fixé sur mon sort.

C’était en mon absence Chantal qui avait eu la réponse. Les examens étaient normaux, la surrénale ne comportait pas de dysfonctionnement. L’oncologue s’était enquis de mon état mental, il ne me prenait pas pour un petit garçon et il n’ignorait pas que j’avais compris la gravité de la situation. La seule preuve tangible pour confirmer une récidive s’était de constater une nouvelle augmentation du volume de la surrénale. Il avait donc fixé au 7 juin la date de mon prochain rendez-vous pour passer un examen au scanner. En attendant il avait encouragé Chantal à tenter d’oublier la maladie et de profiter des beaux jours qui n’allait pas tarder à arriver la fin de l’hiver étant proche. Cette idée de  R,  de m’accorder deux mois et demi de répit avant de me confronter au pire, désamorcèrent un peu la pression  qu’exerçait sur moi cette très mauvaise nouvelle d’une irréfutable offensive de la maladie. 

 

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