Une anecdote à raconter

Dimanche 17 avril 2011, hier avait lieu le défilé de nuit du carnaval de Cholet, la veille nous recevions des amis d’enfance, deux jours que je me couche largement après minuit, et pourtant je tiens le choc. Il me reste encore une semaine de vacances avant d’entamer mon 8ème cycle de chimiothérapie, en attendant je savoure ce moment de récréation. Deux ombres au tableau, j’ai du mal à retrouver le goût des aliments, et mon cœur a voulu encore reprendre les armes en début de matinée. Heureusement il a vite abandonné la partie, je peux donc reprendre le fil de mes écritures.

 

Mon calepin était largement aussi rempli que celui d’une star, invitée vedette sur tous les plateaux de télévision, sauf que mon planning de rendez-vous n’avait rien à voir avec une quelconque campagne de promotion d’un film.

Des indélicatesses de médecins, j’en avais connues quelques unes depuis le début de mon aventure avec le cancer, et je pensais en avoir terminé avec ces maladresses qui auraient pu blesser certains patients fragilisés par la maladie, je me trompais lourdement.

Lundi 8 mars 2010, il y avait bien 6 mois que nous attendions avec impatience Chantal et moi cette visite respective, au cabinet de notre ophtalmologue.

Je ne sais plus très bien qui de nous deux était passé le premier pour contrôler son acuité visuelle, mais en revanche je me souviens parfaitement de ma conversation avec la praticienne, lorsque mon tour était venu de subir une radiographie des orbites, un examen du fond de l’œil, un test de lecture et toutes autres analyses complète de mes yeux.

« Je n’ai rien de particulier à vous signaler, tout va pour le mieux, je vais vous faire une ordonnance pour une légère baisse de la vue, mais il n’y a pas d’urgence pour changer vos verres. »

Elle lisait à l’écran de son ordinateur, certains éléments de mon dossier médical.

« Comment allez-vous depuis notre dernière rencontre ? »

Cette dernière rencontre qui remontait  à la fin de l’année 2005, et qui avait consisté notamment à vérifier l’absence de signes cliniques de métastases dans mes yeux, avait été marquée par un entretien particulier au cours duquel le dialogue entre moi et l’ophtalmologue avait largement débordé les motifs de ma présence en ces lieux. 

« Je pourrais aller mieux. »

Cette brève réponse que je venais de formuler, me conduisit à raconter à mon interlocutrice mes derniers déboires en matière de santé, et la crainte que j’avais de devoir recommencer une chimiothérapie.

« Vous savez lorsque vous m’aviez raconté votre histoire la dernière fois que nous nous étions rencontrés, j’avais salué votre courage, car j’ai tellement de patients qui pleurnichent pour un rien, mais j’étais convaincu ne plus jamais vous revoir. »

A cette époque, madame H avait su taire ses pensées, mais pour l’heure elle exprimait son opinion  sans aucune retenue, et sans la moindre gêne. Elle imaginait sans doute qu’il y avait prescription, mais je n’étais pas du tout de son avis et si mon avenir était largement hypothéqué en 2005, il l’était tout autant en 2010 vis-à-vis des résultats de mon dernier scanner.    

Pour ma part la bourde me laissait totalement indifférent, au contraire elle me faisait sourire. En cinq et des poussières de métier, je m’étais  forgé une carapace pour parvenir à tenir le coup et continuer à fonctionner avec des idées bien claires dans ma tête, aussi l’incident fut clos lorsque nous quittâmes son bureau. Il était à classer au rayon des anecdotes à raconter plus tard.



WEIGHT WATCHERS ET BIG MAMA... |
Manon Pepin - Massage suédois |
Alimentation et grossesse |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lamaladiedalzheimer
| Info Sante 76
| Vivre sa vie