Les mailles du filet

Et je fais, comme je peux,

Je vis ma vie comme un jeu,

Face au monde qui avance,

Moi je nage à contresens,

Et je fais comme je peux,

Pas toujours comme je veux.

 

Dimanche 22 mai 2011, le soleil peut bien briller de tous ses éclats, ma chimiothérapie qui se termine ce jour, m’a mis au tapis. Mon cœur qui devrait être mon ami, et non mon ennemi, mon cœur cet opportuniste, a profité d’un terrain favorable pour n’en faire qu’à sa tête. En semant l’anarchie, il porte largement la responsabilité de ma très mauvaise forme actuelle. Il m’a cloué sur le lit, comme le Christ a été cloué sur la croix, sans autre forme de procès.

La fatigue, cette extrême fatigue dont l’intensité invasive a complètement anéanti mes forces, menace mon fragile équilibre psychique. Difficile de ne pas sombrer dans le découragement quand cet épuisement vous laisse sans ressources, en vous donnant l’impression de ressembler à un vieillard de 90 ans. Mal aux intestins, mal à l’anus à force d’aller à la scelle, étourdissements au bord de l’évanouissement en cas de mouvements brutaux, envie de vomir presqu’à chaque instant, brûlures d’estomac, et rhinites crouteuses qui m’empêchent de respirer et de bénéficier d’un sommeil de bonne qualité, autant d’ennemis, et la liste n’est pas exhaustive,  qu’il faut combattre pour garder un état d’esprit de la couleur du ciel de ce mois de mai, je vous garantie chers lecteurs que l’exercice n’est pas des plus faciles.

Ma période de silence n’ayant que trop duré, je profite d’une accalmie sans doute temporaire des assauts de la maladie, pour poursuivre mon récit.

 

Lundi  24 mai 2010, cette enflure que je venais de découvrir fortuitement, monopolisait mon cerveau. J’avais fait le vide autour de moi, en ne prenant pas garde au trafic routier, et je n’étais sorti de ma torpeur,  qu’au moment de garer ma voiture au sous sol de mon domicile.

J’avais donc à cet instant recouvré mes esprits, il fallait impérativement réagir, et ne pas se laisser abattre. J’avais l’intention de faire part à mon entourage, ni de ma découverte, ni de mes de mes doutes. Ayant déjà payé un lourd tribu, pour surmonter ce cataclysme dont nous étions encore largement les victimes, il était inutile de les inquiéter avant l’heure.

Officiellement je venais d’être piqué par un insecte et je n’avais de cesse de me le répéter pour occulter de mon esprit ce qui était pour moi insupportable à imaginer. Vivre dans le déni était ma seule issue de secours, celle qui me permettait de ne pas sombrer dans un pessimisme outrancier, pessimisme qui n’aurait dans aucun cas, servi ma cause.   

L’exercice mental n’était certes pas facile à réaliser, mais je l’avais réalisé quand même L’expérience du cancer m’ayant appris bien des choses, j’étais donc parvenu à dissimulé mon secret jusqu’à l’instant fatidique de ce fameux dimanche où nous assistions à un match de basket de notre fils aîné, et que Chantal avait heurté par inadvertance mon épaule. Elle avait compris qu’il se passait quelque chose, à l’expression de la douleur sur mon visage. Nous nous étions regardés, mais nous nous étions tus. Notre destin était une nouvelle fois coincé dans les mailles du filet, et il était inutile de nous affoler avant l’heure, car rien ne pouvait y changer.



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