La cerise sur le gâteau

L’heure de rejoindre le service de médecine nucléaire, interrompit provisoirement notre récréation. C’était la deuxième fois que je passais une scintigraphie osseuse, ma première expérience datait de juillet 2005, et l’examen s’était déroulé à la clinique C S   à Nantes.

La salle d’attente de cette partie nouvellement construite du CAC de l’espoir, était immense, elle pouvait accueillir facilement une quarantaine de personnes. Lorsque le malade était appelé, il franchissait un sas de sécurité qui isolait la zone de radioactivité dans laquelle il se rendait, du reste des lieux. L’infirmière qui l’accompagnait le conduisait dans une seconde salle d’attente avant qu’elle ne procède à l’inoculation proprement dite du produit.

La procédure n’était cependant pas tout à fait la même que celle que j’avais déjà suivie, et globalement l’attente semblait beaucoup moins longue qu’au centre C S.

Je savais que j’allais bénéficier de l’injection d’une solution radioactive capable de se fixer sur les os et qu’il faudrait patienter un moment avant l’examen, mais dans le cas présent, j’allais recevoir une seconde injection deux heures environ après la précédente, avant de passer ensuite immédiatement dans la salle de scintigraphie.

Au fur et à mesure de l’application de nouvelles techniques de soins, il avait été constaté des impacts négatifs sur la qualité de l’environnement, notamment dans le domaine de l’élimination des produits administrés aux patients, via les eaux usées traitées et rejetées dans les rivières. Des mesures avaient été prises pour rétablir la situation, et les personnes qui avaient subi des examens, particulièrement en médecine nucléaire, devaient à présent impérativement emprunter des toilettes qui leur étaient destinés. Je ne me dérobais donc point à la règle, avant de rejoindre Chantal qui m’attendait de l’autre côté du couloir.

Il fallait tuer le temps avant que l’on m’administre la seconde dose de produit, aussi nous regagnâmes le banc qui nous avions quitté une demi-heure plus tôt, pour profiter de l’air extérieur, à l’ombre  du soleil généreux de cette fin de printemps.

L’opératrice qui avait exploré la tumeur de mon épaule avant d’y effectuer une biopsie se trouvant à passer à notre hauteur, ne manqua pas de me reconnaître et me formula de nouveau une petite phrase d’encouragement, preuve une fois de plus,  qu’elle ne prenait pas ses patients simplement pour des numéros.

Je n’étais pas au mieux de ma forme, ma présence en ce lieu me pesait énormément. Je pensais à tous ces gens qui bien loin de mes soucis, préparaient fébrilement leurs prochaines vacances. J’avais envie de monter dans la machine à remonter le temps, et revenir à l’époque où ma vie n’avait pas encore basculé dans ce cauchemar. Ces moments de mélancolie j’en avais connu plus d’un depuis l’annonce fatidique du cancer, je savais aussi que ce ne serait pas les derniers. Mon état d’esprit jouait ainsi au yoyo, tantôt mon moral était au plus bas de l’échelle, tantôt il était au plus haut, l’essentiel de mes efforts ce concentraient donc à réguler ces sautes d’humeur avant d’en perdre totalement le contrôle. Je menais un combat très difficile mais j’apprenais à me défendre le mieux possible contre la maladie mais aussi et surtout, contre moi-même.

Dans ce contexte nous retournâmes vers la salle d’examen, mais il faut bien le dire avec un manque total de motivation. J’étais las de mon histoire. L’après-midi était fortement avancée, et la salle d’attente s’était largement vidée de ses occupants.

L’équipe de service n’accusait aucun retard, heureusement car je n’avais qu’une hâte quitter les lieux pour rejoindre le monde des vivants.

« Monsieur Gautier ? »

L’opératrice  médicale, une petite rondelette m’accompagnait en silence, je ne lisais aucune expression sur son visage, elle semblait d’ailleurs ne pas me voir, probablement plongée dans la pensée de ses soucis quotidiens. Le contraste entre l’accueil que j’avais rencontré en début d’après-midi, et celui qui j’étais en train de recevoir en ce début de soirée, était saisissant.

Elle me débita la procédure comme on lit un texte mille fois répété. Je connaissais à peu près la marche à suivre,  mais je ne m’attendais cependant pas, à la cerise sur le gâteau.

 



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