Cueillir la fleur avant qu’elle ne fane

Le mercredi 30 juin 2010 j’avalais ma première gélule de Sutent, le premier cycle du traitement devant s’achever le 27 juillet au matin. L’heure n’était pas à l’appréhension des réactions négatives que mon corps ne manquerait pas d’exprimer, car nous étions sur le point de boucler nos valises pour un petit stage de cinq jours au bord de la grande bleue. Il y avait belle lurette que nous avions renoncé à bâtir à long et à moyen terme, quelque projet que ce soit,  aussi l’organisation rapide de ces vacances avait été possible, uniquement du fait de la générosité d’un cousin qui possédait un petit appartement directement en front de mer, et qu’il était en mesure de nous prêter à cette période précise de l’année.  

Le samedi 3 juillet en 1heure 30 de route, la voiture nous avait donc extirpés de notre quotidien, pour nous conduire  vers un environnement largement plus ensoleillé.

Notre Dame de Monts organisait son festival à tout vent, et de nombreux cerfs-volants coloraient le ciel lumineux de cette fin après-midi. Il n’était pas bien difficile d’effacer d’un trait les doutes et les angoisses qui peuplaient mes pensées, car la plage s’étalait là sous mes yeux, il suffisait simplement de m’asseoir sur le balcon et fermer les yeux, entendre les bruits des vagues, et de temps en temps le cri d’un enfant, pour me sentir tout simplement au paradis. Il était urgent de vivre le moment présent, et de cueillir la fleur avant qu’elle ne fane. 

Outre deux très courts voyages que nous avions effectués par le comité de l’entreprise à laquelle j’appartenais encore, nos dernières vacances remontaient à juillet 2006. L’adage est bien connu, plus les choses sont rares et plus elles sont précieuses, nous vivions donc des moments heureux.

Si mes efforts pour oublier la bête féroce portaient ses fruits, la bête féroce en revanche répondait toujours présente à l’appel, et la nouvelle bataille que je venais d’engager avec la complicité de mon cancérologue commençait physiquement à faire ressentir ses effets. La première nuit passée dans un lit qui n’était pas le mien avait été très fortement agitée, je n’avais pas dormi d’un sommeil réparateur, et je m’étais levé sensiblement courbaturé avec en prime un détestable mal de dos. La nervosité dont je faisais preuve n’était liée à aucune contrariété, mais je sentais mon cœur battre la chamade, et mon sang frapper à mes tempes comme si je me réveillais le lendemain d’un excès d’alcool, de sauces et de nourritures trop grasses. L’impression de malaise, de fatigue intense, et la sensation de tête qui tourne que j’avais ressentie au saut du lit s’estompèrent néanmoins avec la prise d’un petit déjeuner consistant. Mon généraliste m’avait prévenu, je ne serais pas facile à soigner, car le Sutent avait le défaut de dérégler la thyroïde et d’élever la tension artérielle, deux affections pour lesquelles je suivais déjà de longue date, un traitement médical. Je ne voulais pas m’inquiéter outre mesure, car je savais que mon organisme subissait un traumatisme important, une période d’adaptation était inévitable, je priais simplement le ciel qu’il m’accorde la force nécessaire pour ne pas gâcher les brèves vacances que nous nous étions donner le droit de mériter.

 



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