Une difficile expérience

Le cancer : ce n’est pas facile d’assumer une telle sentence, parce que c’est accepter de vivre avec sa maladie, accepter le traitement, accepter d’écrire une nouvelle page de sa vie, qui peut être une nouvelle page assez belle d’ailleurs (qualité de vie qui change), accepter le décès…et oui ! On en est tous là, mais là justement ça se présente, donc ça change beaucoup de chose. Ça peut être aussi incroyablement extraordinaire d’arriver sur un nouveau territoire.

Ceux qui ne sont pas malade, de toute façon ont peur aussi, tout le monde a peur.

En ce qui concerne le malade, je ne crois pas comme disait Georges Bataille qu’il faille remettre son existence à demain, et même je rajoute ni l’amour, ni le présent, c’est maintenant.

                                                                                                                                                       Bernard Giraudeau

 

Tel le phénomène d’une réaction en chaîne, de jour en jour je constatais qu’à un souci, s’ajoutait un autre souci. Il y eut  d’abord le délaissement progressif de mes occupations habituelles, je n’avais ni l’envie, ni la force de faire quoi que ce soit. Puis vint la perte totale d’appétit. Le problème était de taille, car malgré les motivations de Chantal, qui faisait preuve de beaucoup d’imagination, je ne pouvais plus rien avaler. Ensuite la fièvre fit son apparition, une température élevée qui se manifestait par pics et qui était précédée par des frissons et des tremblements que je n’étais pas capable de maîtriser. Toute ma famille était aux abois, la situation d’inquiétante était devenue alarmante. Je n’avais pas pour autant mesurer la gravité de mon état, j’étais toujours convaincu d’être la victime des effets secondaires de ma chimiothérapie, et donc je n’avais de cesse de persuader mes proches d’attendre que mon médecin traitant revienne de vacances, pour prendre en toute confiance un rendez-vous avec lui. Mon obstination m’avait fait perdre beaucoup de temps, car de toute façon le docteur Claveau n’avait fait que de confirmer les craintes de ma famille, l’hospitalisation était inévitable.

La suite de l’histoire, si vous faites partie de mes fidèles lecteurs, vous la connaissez forcément, je l’ai en effet relaté dans les premières pages de ce livre. 

Cette hospitalisation avait donc duré du 3 au 16 août inclus, un traitement sévère aux antibiotiques était venu à bout de cette septicémie, que nul n’avait été capable de me dire comment je l’avais contracté. Ce qui est sûr c’est que la maladie m’avait laissé dans un état de délabrement physique que je n’avais jusqu’alors jamais connu, même dans les pires moments précédant et suivant mes opérations chirurgicales.   

Dans la soirée du lundi 16, après une difficile expérience, j’avais enfin obtenu mon bulletin de sortie. Je ne sentais pas Chantal franchement rassurée de me ramener à la maison, car sans ressembler à un rescapé de l’holocauste, j’en avais néanmoins la  mine déconfite, et la démarche hésitante. J’avais perdu 7 kilos et ne pesait désormais plus que 77 kilos contre 97 kilos quelques années plus tôt. Le médecin responsable du service dans lequel j’avais été hospitalisé, m’avait prescrit une 15ène de jours supplémentaires d’antibiotiques et modifié mon traitement contre l’arythmie, des précautions supplémentaires qui se voulaient rassurantes. Ce n’était donc pas de ce côté-là que je focalisais mon inquiétude, mes préoccupations étaient ailleurs.

Malgré ma pathologie, la doctoresse D responsable du service dans lequel j’avais été admis, n’avait pas voulu annuler le rendez-vous du docteur R fixé au 6 août. Une ambulance m’avait donc conduit sur civière à Nantes et au vu de mon état de santé, le cancérologue avait reporté illico presto le début de mon 2ème cycle de traitement au Sutent.

Je pensais donc non sans questions,  à cette chimiothérapie qui avait été suspendue pour des raisons évidentes,  et au retard que je prenais dans ma lutte contre la nouvelle offensive que menait le cancer

Un autre problème me turlupinait l’esprit, cette tumeur au bras dont j’avais constaté pendant un temps qu’elle avait diminuée, et qui à présent reprenait du volume.  



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