Constater et accepter sans mot dire

Ô toi puissance suprême, qui dirige le monde, et régit l’univers, quel que soit le nom que l’on te donne, offre moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer, celles que je peux, et la sagesse d’en connaître la différence.

 

Aujourd’hui mardi 16 août 2011, je suis assis dans la voiture qui me conduit vers Nantes, pour mon 30ème scanner de contrôle. Je tiens dans les mains le deuxième flacon de Sulfate de Baryum que je dois obligatoirement avaler une heure environ avant l’examen. J’ai le ventre ballonné et les intestins qui me tiraillent depuis presque deux semaines, et il est certain que ce liquide peu ragoûtant à boire ne va pas arranger les choses.

J’hésite avant de passer à l’acte, mais je ne dois pas trop tarder car je n’ai que dix minutes pour m’exécuter.

Comme prévu, l’exercice n’est pas facile à réaliser, je tire au cœur à chaque gorgée, et les spasmes abdominaux s’exacerbent au fur et à mesure que j’ingurgite le produit.

L’arrivée au CAC de l’espoir marque la fin provisoire de mon calvaire, je n’ai pas le temps d’attendre que Chantal gare la voiture, il faut me rendre aux toilettes dans la minute qui suit.

« Gonfler les poumons, arrêtez la respiration »

« Respirez normalement »

En deux temps trois mouvements je suis sorti de la salle du scanner, je suis à présent installé dans un fauteuil, tandis que l’infirmer me retire mon cathéter.

« Il faudra boire abondamment monsieur, nous n’avons pas injecté tout le produit de contraste, car votre taux de créatinine est élevé. »

Je connais par cœur la chanson, mais mon défaut c’est justement de ne pas boire suffisamment. Je me promets de faire des efforts.

« Patientez dans la salle d’attente que je vous dise de partir, le médecin examine vos clichés pour savoir s’ils sont exploitables. »

Chantal est plongée dans sa lecture. J’ai besoin de retourner aux toilettes, je suis à peine assis  que l’infirmier nous fait signe de partir. Aujourd’hui je n’ai pas de consultation avec le docteur R, le stress viendra plus tard, en début de semaine prochaine. Je suis abruti, j’ai mal à la tête, je vacille un peu, sans doute parce que je suis à jeun. Chantal a tout prévu, deux croissants et la bouteille d’eau. Il ne nous reste plus qu’à faire la route dans le sens inverse. « Au revoir Nantes, à lundi prochain. »       

Mon 10ème cycle de chimiothérapie est terminé depuis dimanche matin, mais il n’a pas été des plus faciles. Mon cœur reste toujours le mauvais élève de la promotion, il se manifeste toujours au moment où je m’y attends le moins. Ses révoltes intempestives me laissent sur le carreau, à chaque fois un peu plus longtemps. Je me demande si ses attaques ne sont pas plus virulentes que celles des effets secondaires de ma chimiothérapie.

En tous les cas, entre lit et fauteuil, et excepté l’épisode de l’hospitalisation, mon emploi du temps de cette 1ère quinzaine d’août n’a pas été plus enrichissant que celui de l’année précédente.

Je pense que les quinze jours d’interruption du traitement vont me permettre d’émerger un peu. Il faut cependant mettre un bémol dans cet optimisme, je suis dans l’ignorance des résultats du voyage éclair que nous venons d’effectuer, et je déteste plus que tout, l’incertitude.

 

Jeudi 19 août 2010, j’étais comme un prisonnier que l’on venait de sortir de sa geôle.  Après quinze jours d’hospitalisation, et ces trois premiers jours de convalescence passés dans l’enfermement de ma maison, cette escapade à Nantes me donnait la sensation de revenir à la civilisation. Je constatais que la planète ne s’était  pas arrêtée, des hordes de vacanciers avalaient le bitume dans les deux sens de circulation, et le CAC de l’espoir paraissait tourner au ralenti pour cause de congés. La période estivale en était à son apogée, j’en avais zappé presque toutes les étapes.

Monsieur R m’accueillait souriant, bronzé et manifestement reposé.

« Comment allez-vous depuis notre dernière rencontre, qui n’était pas des plus  coutumière ? »

Je lui expliquais que l’infection avait laissé des séquelles, que j’avais été extrêmement fatigué, mais que je me rétablissais petit à petit, et que j’étais également prêt à reprendre le combat.

A présent il me lisait le rapport qu’il avait reçu le l’hôpital de mon lieu de résidence , et c’est ainsi qu’il prononça le terme de septicémie. Car il faut bien le dire, j’étais rentré à mon domicile sans avoir su réellement ce qui m’était arrivé. Le mot à peine sorti de la bouche de l’oncologue, j’avais compris que je revenais de très loin. Sans doute le destin n’avait-il pas programmé l’année 2010 comme celle mes derniers moments sur terre, je n’étais pas le maître mais l’esclave il fallait donc constater et accepter sans mot dire.   



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