Question sans réponse

Le docteur R ne mettait pas de freins, à la reprise de mon traitement, simplement il voulait l’adapter à de nouvelles donnes. Il n’était pas certain que la chimiothérapie à fortes doses soit responsable de ma vulnérabilité face à l’attaque infectieuse dont je venais d’être victime, mais il ne fallait pas exclure non plus cette possibilité, aussi lui semblait-il souhaitable de passer à une concentration moindre du médicament dans le sang.

« Je ne veux pas risquer de vous voir perdre de nouveau vos forces, forces qui semblent vouloir revenir, si j’ai bien compris vos explications. »

Ma posologie passait donc d’une gélule de 50 mg de Sutent, à trois gélules de 12,5 mg de Sutent chacune.

« Avez-vous ressenti des effets indésirables importants lors de ce premier cycle, hormis l’épisode de votre vilaine aventure à l’hôpital ? »

Je me souvenais très précisément de la nervosité qui avait été la mienne lors de mes premières prises du médicament, mais également de la fatigue qui s’était installée jour après jour un peu plus intense, de mon dégout progressif de la nourriture, et de mes problèmes de déglutition qui n’avaient pas arrangé les choses. Je gardais en mémoire également le souvenir de cette brulure marquée de ma langue qui m’avait conduit à la pharmacie pour y dénicher un dentifrice qui ne soit pas fabriqué à base de menthol. Le reste de la bouche avait été affecté par une candidose que mon généraliste avait soigné avec du Fungizone, et au contraire du Néxavar qui engendrait de fortes et abondantes diarrhées, j’étais pour l’heure plutôt constipé.  

« Comment va votre épaule ? »

« Justement lors de ma dernière visite allongée, je ne vous avais pas parlé de ma tumeur car elle était de nouveau palpable, alors que je l’avais crue disparue pendant un temps. En fait non seulement la grosseur est là, et bien là, mais en plus mon bras tout entier a grossi. »

Le praticien m’avait demandé de retirer mon t-shirt, et examinait méticuleusement le motif de mes préoccupations. Le regard interrogateur, il avait incliné la tête du côté droit, en haussant les épaules. Un petit rictus s’esquissât sur sa bouche.  Manifestement il n’avait pas de réponse à me donner, et il ne semblait pas davantage inquiet  par rapport à une éventuelle aggravation du phénomène.

« En fait j’ai remarqué l’enflure lorsque j’étais encore en milieu hospitalier, mon bras était très lourd, et une sensation de tiraillement de la peau me tenait en éveil. Nous avons cru avec le personnel de soin à un problème de goutte à goutte, puis j’ai vite éliminé cette raison, car malgré les compresses d’alcool et malgré le retrait du cathéter, mon bras a continué en prendre du volume, et l’œdème s’est propagé jusqu’à la hauteur de mon poignet. A l’heure où vous êtes en train de m’examiner la situation s’est nettement améliorée. »

Mes explications ne l’avaient pas davantage éclairé, il demeurait dans l’expectative.

« Il faudra voir, mais je ne pense pas qu’il faille s’inquiéter. »

Non seulement j’avais l’impression effectivement que mon cas ne le préoccupait guère, mais en plus je percevais comme une certaine forme d’indifférence dans son attitude. Avait-il oublié qu’un malade à besoin d’être rassuré !

Notre entretien certes cordial n’avait pas éclairé ma lanterne, je partais comme j’étais venu, frustré de ne pas avoir reçu réponse à ma question.



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