Mon coeur battait à se rompre

Mardi 23 août 2011, j’ai été obligé de prendre rendez vous chez mon généraliste car début juillet lors de l’une de mes nombreuses balades, j’ai été la victime d’un insecte et les ennuis qui ont suivi ne sont toujours pas terminés. Mon pied gauche souffre d’un œdème important au niveau de la malléole externe. Le médecin m’explique que les vaisseaux capillaires ont été détruits sur une zone assez étendue, ce qui entraîne un mauvais drainage du pied et donc cet œdème qu’il va falloir soigner avec des chaussettes de contention   

J’ai été probablement piqué par un frelon ou un bourdon, je n’imaginais pas à quel point ces petites bêtes étaient capables de faire tant de dégât sur ma personne.

C’est mon cancérologue qui m’a conseillé fortement de consulter, j’étais en effet convoqué à son cabinet hier dans la soirée, suite à mon 30ème scanner effectué le mardi 16 août. La date était sans le vouloir bien mal choisie, car la météo avait placé  la veille de ce voyage à Nantes,  notre région en vigilance orange, et ses prévisions s’avéraient exactes. Outre l’angoisse engendrée par la perspective de devoir me confronter avec le diagnostic du médecin, l’eau déversée sur nos têtes par l’orage s’était invitée dans mon sous-sol et je n’aimais pas du tout la présence de cette intruse.  

La journée avait donc bien mal commencé et la voiture qui me conduisait de nouveau vers mon destin n’était pas faite pour me rassurer.

Heureusement quelques deux heures plus tard, le praticien me recevait l’air enjoué, et pour cause il avait une bonne nouvelle à m’annoncer.

Tumeur surrénalienne fortement diminuée

Tumeur à l’aorte presque plus visible

Stabilisation apparente de la tumeur à l’épaule gauche.

Aujourd’hui les orages sont passés et je respire doublement mieux, d’une part parce qu’il fait moins chaud, et d’autre part parce que la médecine m’accorde le droit de vivre encore un peu.

Aujourd’hui ce n’est assurément pas un jour comme les autres, en effet un vaste chantier débute également dans mon jardin, ainsi que dans celui de mes cinq voisins. Nous avons décidé de faire arracher nos  thuyas sur 55 mètres, et de les remplacer par un mur.

Je suis regonflé à bloc, car même si ce n’est pas une potion magique, encore une fois le Sutent  m’accorde depuis un an le pouvoir d’assister à la réalisation de nos projets. Cette pensée me donne des ailes pour reprendre la plume (sans jeux de mots), afin de raconter la suite de mes péripéties provisoirement abandonnées, alors que j’abordais ma 26ème confrontation diagnostique avec mon oncologue.

 

La parole aussi guérit, et il n’est pas de soin digne de ce nom sans échange verbal.” Une vérité vieille comme le monde qu’il est bon d’oser  rappeler en s’insurgeant contre la déshumanisation croissante des soins.

 

Lundi 20 septembre 2010, si le directeur d’un centre anticancéreux  pouvait canaliser le stress ressenti par l’ensemble de ses patients, et s’il était capable de transformer ce stress en énergie électrique, une ville comme Nantes n’aurait plus de souci à se faire pour l’avenir. Il est vrai que la médecine a fait de très gros progrès, mais pour ce qui est de la prise en compte des conséquences psychologiques de la maladie sur la personne, il reste beaucoup d’efforts à faire.

Sans toutefois rendre routinière l’attente de nouveaux résultats, l’efficacité du Néxavar, et les bonnes nouvelles que le cancérologue m’annonçait à chaque fois que je passais un scanner, avaient considérablement réduit l’impact mental que pouvait représenter pour moi l’épreuve sans cesse renouvelée de cet examen.

Malheureusement depuis juin 2010, la rechute était passée par là, il fallait repartir de zéro. Toute mon assurance, toute mon énergie, toute ma confiance  étaient à reconstruire, j’abordais donc cette journée du 20 septembre avec l’angoisse que seul un malade ayant traversé des épreuves similaires aux miennes, est en mesure de comprendre l’intensité. Maîtriser le flux émotionnel qui provoquait chez moi une peur panique, n’était pas un exercice facile à réaliser, je n’avais pourtant pas d’autres choix que de réussir. Difficile également de ne pas se comporter comme un animal blessé face à un monde qui n’avait pas cessé de tourner parce que vous étiez malade, et qui était insensible à votre détresse. J’étais assis dans la salle d’attente face à la porte du docteur R, et mon cœur battait à se rompre.



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