Le top 10

Les scientifiques voudraient bien expliquer l’existence de l’univers autrement que par l’intervention d’un Dieu. Ils n’y sont pas encore arrivés, car les zones d’ombres sont bien  trop nombreuses, et je doute qu’ils y parviennent un jour.

Il faut donc que je m’adresse à cet être suprême qui détient le pouvoir de vie ou de mort sur les pantins que nous sommes.

« En m’infligeant la maladie, votre intention était peut-être de me punir de je ne sais quel méfait, ou peut-être que votre but était de me lancer un défi. J’ai accepté la punition, et  j’ai aussi relevé le défi. Pourtant je ne suis pas dupe, le combat est inégal, et je ne doute ni de la supériorité de mon adversaire, ni de l’issue du combat. ».

« Simplement je voulais rajouter à mes paroles, un cri de révolte. Pourquoi faut-il constater, en ce bas monde,  tant d’injustices, tant de souffrances,  et tant de misères ? »

« Pourquoi ô vous le divin,  vous plait-il autant de laisser semer le cahot et la désolation au sein de vos créatures, y trouvez-vous du plaisir ?

« Longtemps je vous en ai voulu, je ne vous en veux plus, je crois même que je vous aime bien. »

 

Depuis presque 6 ans que je luttais contre le cancer, l’épreuve avait bien souvent très mal mené mon moral. Tel un capitaine affrontant des tempêtes successives, je redressais à chaque fois la barre avant que mon bateau ne s’échoue contre les récifs. Il fallait absolument mener l’embarcation à bon port, par respect envers ma famille qui se battait à mes côtés.

Jusqu’à présent j’étais donc parvenu à préserver un état d’esprit relativement sain dans un organisme qui l’était malheureusement beaucoup moins. Les chirurgiens, les médecins, les chercheurs avaient réunis leurs compétences pour retarder mon rendez-vous avec la mort, mais leurs méthodes agressives (la science à ses limites), étaient largement responsables du vieillissement prématuré de mon corps. Je me sentais donc physiquement vingt ans plus vieux que mon âge, et cet état de fait  me rendait nostalgique d’un passé qui ne serait jamais plus.

Le cancer est une pathologie dégradante, invalidante et frustrante, qui porte atteinte à la fierté du malade, et qui peut donner naissance à une certaine forme d’agressivité à l’encontre des personnes qui entourent ce même malade. En ce début d’automne, je n’en étais pas arrivé à ce niveau d’affection psychologique, mais la limitation de mes activités me donnait le sentiment de dépendance, et la crainte de voir un jour cette dépendance s’aggraver.   

Le docteur R ne s’intéressait  ni de près, ni de loin à cet œdème qui entravait le bon fonctionnement de mon bras gauche, pourtant j’étais persuadé que cette défaillance du système lymphatique avait  une explication et donc une solution devait pouvoir y  être apportée. En attendant il fallait supporter la pesanteur d’un bras ankylosé, désagréablement comprimé par les manches de mes vêtements.

Avec le début de mon 3ème cycle de chimiothérapie le 29 septembre et au fil des jours, je constatais que l’œdème se résorbait comme je l’avais également observé au sortir de mon séjour à l’hôpital, qui coïncidait également avec la reprise de mon traitement. Y avait-il un rapport entre l’arrêt du Sutent, et l’apparition des symptômes. Je n’étais pas un médecin pour le prétendre, mais mon opinion me semblait bien fondée, d’autant que le gonflement de mes paupières suivait la même logique.  

Je n’avais guère le temps d’apprécier l’amélioration constatée, car si au fil des jours le traitement soulageait mon bras gonflé, et mes yeux tuméfiés, d’autres problèmes tout aussi contrariants venaient  altérer ma qualité de vie.

Les effets secondaires se manifestaient de manières plus ou moins intensives, et d’un cycle à l’autre, certains problèmes disparaissaient pour réapparaître le mois suivant.

En tête du top 10 en ce début octobre, les reflux gastriques et leurs cortèges de sensations pénibles et préoccupantes monopolisaient mes pensées. Les douleurs les plus invalidantes se produisaient la nuit, elles altéraient fortement la nature de mon sommeil, quand elles ne m’empêchaient pas de dormir tout simplement. J’avais l’habitude depuis ma plus tendre enfance de m’endormir du côté droit, mais cette disposition comprimait sans doute mon estomac car lorsque je voulais me positionner de cette façon, le plus souvent de manière instinctive d’ailleurs, mon organisme réagissait comme un volcan en éruption. Les acidités qui remontaient sans cesse le long de la paroi de mon œsophage me rappelaient à l’ordre et me persuadaient  de me recoucher bien vite sur le dos. Il fallait alors attendre de longues minutes, avant de constater un réel soulagement.  



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