Ne pas savoir pourquoi

Outre les sensations inconfortables de brûlures intenses au moment des crises aigües, le reflux gastro-œsophagien déclenchait assez souvent une toux que je tentais d’étouffer pour ne pas réveiller ma compagne, il fallait également que je compose avec des nausées qui ne se sont jusqu’à ce jour, jamais traduites par des vomissements, mais qui à chaque fois qu’elles se produisent, me font craindre le pire.

En ce mois d’octobre 2011 en lisant la notice jointe au médicament, il me semblait avoir connu à un moment ou à un autre de la prise de Sutent,  presque tous les effets indésirables mentionnés sur la liste des plus courants.

Six ans de lutte quasi incessante, avaient peut-être fatigué mon organisme qui se trouvait donc en position de faiblesse, face aux assauts répétés de la maladie et de ses traitements.

Force était de constater que ma vie de tous les jours était bien plus entravée qu’à l’époque du Néxavar, chimiothérapie qui avait quand même eu l’inconvénient majeur de détraquer sans le moindre répit, mes intestins, raison pour laquelle le cancérologue avait d’ailleurs voulu changer de protocole. Il fallait donc faire avec, l’acceptation et la patience étant les seules attitudes possibles, face à l’adversité.   

Ma prise de sang du 4 novembre confirmait celle du mois précédent à savoir que mes globules rouges continuaient de baisser ainsi que mes globules blancs, bien d’autres points de contrôles étaient dans le noir mais ne recevant pas d’appel de mon généraliste, je préférais relativiser les choses, il serait toujours temps de s’affoler le moment venu.

Avec ma perte incessante de globules blancs je souffrais donc de neutropénie, un nom peu romantique pour une pathologie qui ne prêtait pas non plus à la poésie. Le manuel qui m’avait été donné par le cancérologue pour m’informer au plus près de ma maladie et du traitement adéquat,  m’indiquait que cet effet (neutropénie) était en général réversible à l’arrêt du médicament. Cette explication était bien peu rassurante, car  jusqu’à ce jour, aucun des malades soignés avec, n’avait pu se payer le luxe de se passer de l’effet anti-angiogénique du Sutent, médicament qui était pourtant commercialisé depuis 2006.  Je me demandais donc si la chute vertigineuse de mes globules allait pouvoir marquer un temps d’arrêt, j’espérais surtout que cette chute ne franchisse pas un seuil au-delà duquel la médecine serait amenée à prendre des décisions peu réjouissantes.

En attendant il fallait que je me protège des agressions extérieures, car à l’approche de l’hiver et de sa multitude de virus, je n’avais pas l’intention de me laisser piéger par l’une ou l’autre de ces vilaines petites bébêtes.

Comme je l’avais pressenti, l’arrêt du Sutent à la fin de mon 3ème cycle de chimiothérapie avait déclenché les hostilités avec mon bras gauche. L’œdème avait très rapidement refait son apparition et avec lui sa cohorte de petits problèmes fortement désagréables à supporter. Cette fois j’étais bien décidé de taper du poing sur la table. Coûte que coûte il faudrait que la médecine apporte une solution à cette affaire.   

Le lundi 8 novembre 2010 correspondait à une date de consultation intermédiaire entre deux scanners. Mon rendez-vous avec le docteur R avait pour but d’informer le praticien des incidents éventuels que j’avais pu rencontrer durant ma phase de traitement. Comme d’habitude il me fallait répondre à multiples questions lui permettant d’évaluer ma tolérance au médicament, afin d’adapter pour mon corps,  le bon dosage.

Intégrer mon bras dans mon schéma corporel était une chose que je ne pouvais plus faire, j’avais l’impression de vivre avec un élément étranger. Cette difformité me devenait d’autant plus insupportable qu’elle me rappelait vingt quatre heures sur vingt quatre la présence du cancer. Heureusement nous étions en période d’hiver, et les vêtements protégeaient mon handicap du regard des autres. 

« Bon je vais vous prescrire la même posologie que le mois précédent, car globalement vous supporter psychologiquement assez bien les inconvénients du traitement. Pour ce qui est de votre prise de sang,  et compte-tenu du contexte, les résultats sont plus que satisfaisants. »

« Je ne voulais pas partir avant de vous parler une fois de plus de mon bras. L’apparition de l’œdème à chaque fin de chimio semble récurrente, et je ne supporte plus de ne pas savoir pourquoi »



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