Sans commentaire

 Malgré mes commentaires appuyés, mon interlocuteur ne semblait pas vouloir répondre à mes inquiétudes, car j’obtenais peu, ou pas d’éclaircissements.  Il préférait se taire plutôt que de me donner un avis sans convictions. Même en émettant des réserves quant à la véracité de son diagnostic, j’insistais pourtant lourdement pour qu’il me donne enfin une appréciation personnelle de la situation.

« Nous sommes en présence d’un lymphoedème qui présente toutes les caractéristiques du phénomène du gros bras de la femme opérée d’un cancer du sein. Je ne peux en expliquer la raison.

L’oncologue avait marqué un temps de silence, il réfléchit longuement avant de reprendre la parole.

« Peut-être faudrait-il procéder à des drainages lymphatiques. 

Il n’était ni convaincu, ni convaincant, et d’ailleurs il ne cherchait pas à dissimuler ses doutes

Je m’apprêtais à me lever de ma chaise sans avoir reçu la moindre proposition de soins, car les drainages lymphatiques ne semblaient finalement pas convenir à mon interlocuteur, lorsque soudain le docteur R ouvrit de nouveau la bouche.

« Dans un premier temps, je vais vous prescrire un rendez vous chez un angiologue, et nous allons attendre son rapport médical, pour prendre des décisions intelligentes.

Nous étions sortis de son bureau et j’étais maintenant assis devant sa secrétaire, Chantal et le docteur à mes côtés.

« Pourriez-vous rechercher sur Cholet l’adresse d’un angiologue. »

La secrétaire tapotait sur son clavier d’ordinateur. Elle énumérait une liste de spécialiste et prononça le nom du docteur T. Je connaissais le personnage et savais qu’il exerçait à la clinique de mon lieu de résidence. 

« Monsieur Tt me convient tout à fait. »

D’un coup de fil et d’un seul, mon rendez-vous venait d’être fixé pour le lendemain après-midi. Après avoir salué et remercié la secrétaire je repartais de Nantes un peu moins contrarié, car je fondais grand espoir dans ce doppler qui allait peut-être nous révéler la source de mes ennuis.

En attendant je tenais constamment  mon bras malade recroquevillé sur ma poitrine, fixant mes pensées uniquement sur la gêne occasionnée par l’encombrant volume qu’il occupait dans ma manche de pull-over.

La nouvelle clinique n’avait pas deux ans d’existence mais je connaissais déjà les services ophtalmologie, radiologie, cardiologie, et en ce 9 novembre j’inaugurais le service angiologie.

Salle d’attente bondée, personnel médical surchargé, et parfois un peu trop administratif à défaut d’être humain, je connaissais  par cœur la chanson. La secrétaire m’avait dirigé vers la salle d’attente et je n’avais rien envie de faire, sinon que de fixer le plafond et de m’empêcher de penser.

« Monsieur Gautier ? »

Je n’avais pas attendu tellement longtemps, et j’étais déjà assis devant le bureau du spécialiste qui lisait le courrier de son confrère tout en me demandant de lui raconter mon histoire. Je débitais donc mon parcours de santé débuté en décembre 2004 devant un interlocuteur qui me donnait l’impression de dépenser inutilement ma salive.

En moins de temps qu’il faut pour le dire j’étais en slip en position de garde à vous devant le praticien qui m’observait de la tête au pied.

Il me fixait les épaules avec des yeux écarquillés.

« Tenez vous bien droit »

Votre épaule gauche est plus basse que votre épaule droite, c’est véritablement impressionnant. J’avais envie de rire, mais je me retins.

« Non docteur, en fait j’adopte cette position comme un réflexe de protection. Je maintiens constamment mon bras comme s’il était en écharpe. J’ai l’impression que si je bouge de trop l’œdème va s’aggraver. »

Le médecin semblait rassuré, mais je n’avais pas eu un quelconque autre commentaire avant qu’il me dise de m’allonger sur la table d’examen.



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