7ème Noël

Compte-tenu de ma désormais assez longue expérience de malade dans le milieu médical, je ne suis pas naïf au point d’ignorer que la médecine à ses limites, mais dans le cas présent j’étais frustré de penser que ce même milieu médical ne mettait pas tout en œuvre pour élucider mon problème.

J’étais comme un patient que l’on observe à travers la vitre de la station des soins intensifs, il y a avait beaucoup de monde pour me surveiller, mais personne n’entendait réellement ma détresse.

Le docteur C avait fait allusion à mon intervention chirurgicale du poumon. Il est vrai que l’ouverture opérée pour l’extraction de mon lobe malade se trouvait exactement aux antipodes d’une incision effectuée dans le cadre d’une opération du cancer du sein.

Depuis lors je ressentais continuellement une légère sensation d’engourdissement musculaire du côté gauche de la poitrine, mais aussi en dessous de l’omoplate située  du même côté. Peut-être y avait-il une relation de causes à effets entre cet engourdissement et l’ouverture pratiquée à cet endroit du dos. Peut-être que les dégâts réalisés sur les tissus musculaires, les terminaisons nerveuses, ou les terminaisons veineuses pouvaient expliquer ce phénomène de gros bras. Il fallait que je me contente de mes propres conclusions aussi fantaisistes soient-elles. Voilà comment le patient confronté à un mur commence à s’imaginer des choses fausses et sans fondements, voilà aussi comment les rapports entre ce même patient, les blouses blanches et la famille sont de plus en plus faussés.

Le 7 décembre je retrouvais mon généraliste, cette fois dans le cadre d’un rendez-vous qui avait été fixé à l’avance. Le programme était toujours le même, contrôle de mon cœur qui se comportait hypocritement comme un petit ange en présence du docteur, changement de posologie pour ma thyroïde qui perdait un peu la boule depuis que je prenais du Sutent, augmentation de la dose de Lercanidipine, ma tension artérielle étant sur le point de faire disjoncter le compteur, mais pas un mot concernant mon bras qui se tenait encore relativement à carreau, car je venais tout juste de terminer mon 4ème cycle de chimiothérapie.

J’étais sorti du cabinet médical sans avoir rafraîchi la mémoire du docteur C, je n’avais pas envie de remuer le couteau dans la plaie, surtout que le couteau c’était moi qui l’avait de piqué dans la chair, j’étais bien le seul à souffrir de cet handicap qu’il fallait subir sans solution immédiate pour le soigner.

En ce dernier mois de l’année je m’apprêtais à fêter mon 7ème Noël en famille depuis que ma brutale descente aux enfers m’avait fait prendre un virage à 180 degrés.

Comme à chaque fois qu’il me venait l’envie de faire le bilan, je mesurais le chemin parcouru, et malgré mon infortune j’estimais ne pas être trop mal loti, car durant ces six ans j’avais été le témoin de la mort de très nombreux malades, malades que j’avais côtoyés à un moment ou à un autre de mon difficile parcours.  

Il me restait cependant un gros obstacle à franchir avant de mettre ma chaussure au pied du sapin, l’épreuve toujours autant redoutée de mon 27ème scanner était fixée au 17 décembre. Il ne me restait que 10 jours pour profiter pleinement des moments heureux de la vie, avant de retomber de nouveau dans l’angoisse des résultats et dans l’incertitude de l’avenir. 



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