Compétences à mon service

Il faut profiter du moment présent dans notre vie.
Car ce moment ne reviendra pas.
L’avenir sera meilleur ou pire.
Mais maintenant vous êtes là.

 Voyez où vous êtes dans le cours de l’existence.
Pas rapport à l’avenir, au passé
Puis chaque instant, pleinement
Au jour le jour vivez.

Regardez ce qui se passe ici.
Écoutez les sons du moment.
Respirez le parfum de la vie.
Et buvez en l’enchantement.

 Faites-le maintenant,
Pas plus tard, pas demain
Car ce précieux instant
Jamais ne revient

 

 

Je ne pouvais pas m’empêcher de passer ma langue sur cette dent entièrement reconstruite. Je savais que son aspect rugueux au toucher disparaîtrait progressivement au fil du temps. J’étais reconnaissant au chirurgien dentiste d’avoir mis sa compétence à mon service, car je redoutais depuis longtemps de devoir avoir recours à une prothèse dentaire autant qu’une femme pouvait repousser l’idée de porter une perruque à la suite d’une chimiothérapie. J’exécrerai l’éventualité  d’une image dégradée de moi-même dans le miroir, car elle serait la preuve concrète de la présence destructive de la maladie, aussi la réussite de cette petite intervention chirurgicale était certes pour moi une petite victoire, mais cependant aussi petite soit-elle, cette  victoire avait le pouvoir de renforcer considérablement ma volonté de m’en sortir.

J’étais désormais en possession de mon écharpe, elle ne me rendait pas autant service que j’aurais pu l’imager. Bien sûr elle allégeait considérablement le poids d’un bras beaucoup moins tétanisé par l’effort que je fournissais auparavant pour le maintenir en position repliée, mais elle n’évitait pas l’engourdissement du membre, et cette sensation désagréable fixait des idées négatives dans mon esprit. Difficile en effet d’oublier son infortune lorsque l’ankylose quasi permanente de mon bras était là pour me rappeler à mes souvenirs. Et puis personne ne pouvait savoir si j’étais en possession ou non d’un appareil dentaire, par contre la discrétion n’était pas de mise, concernant le port de cette écharpe qui ne manquait en aucune occasion de détourner le regard des gens, en produisant également presque toujours des questions relatives à mon état de santé. Je gardais en tête le souvenir de mon oncologue qui m’avait prescrit sans trop de réticences ce petit appareillage, mais qui m’avait mis en garde contre une position d’immobilisation trop longue du bras, avec le risque majeur de ralentir considérablement la circulation du sang. Il fallait donc que je me comporte en adulte responsable, ainsi je ne devais pas avoir honte de mon handicap, ni de profiter des bienfaits de mon écharpe, tout en l’utilisant à bon escient, afin de respecter scrupuleusement  les consignes de mon praticien. 

Mon 5ème cycle de prise de Sutent s’était achevé le 16 janvier, le bilan de ces 4 semaines de traitement était mitigé. Le cœur m’avait pas mal enquiquiné sans toutefois me mettre systématiquement au tapis. Cependant les séquelles de l’arythmie se faisaient sentir bien au-delà des crises, et parfois j’’avais bien du mal à ne pas constater une importante douleur, au niveau du thorax, particulièrement lorsque j’accomplissais des efforts à la marche. Je me promettais d’en parler à l’oncologue lors de ma prochaine visite.

Je n’avais pas oublié l’entretien catastrophique que j’avais eu avec le docteur R un mois et demi plus tôt, cependant la portée de ses paroles et de son comportement ne m’affectait pas autant que les premiers jours. J’avais pris beaucoup de recul par rapport à ça. Sans avoir totalement oublié l’épisode, je considérais à présent cette journée du 17 décembre comme un accident de parcours, et reprenais peu à peu confiance pour la suite des évènements.

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