Le traumatisme infligé

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La petite pause portait bien son nom, car je n’avais guère eu le temps de souffler. Mon bourreau avait de nouveau saisi l’arme de mon supplice, et reprenait sa besogne dans la partie de mon nez la plus affectée, par des croûtes adhérentes, douloureuses, et surtout très abondantes.  Le travail qu’il effectuait me paraissait interminable.

 

« Il y a beaucoup de nettoyage en vue, et je ne peux pas me permettre de faire les choses approximativement, car la cautérisation doit s’effectuer sur une surface impeccable au risque de rendre l’opération inefficace. »

 

La zone était sensible et chaque grattage de la paroi nasale me donnait l’envie d’éternuer pour expulser ce corps étranger qui colonisait l’entrée de la voie respiratoire.

 

« J’agis sur une zone très vascularisée, je comprends vos hémorragies à répétition. »

 

Je sentais l’air s’engouffrer de plus en plus facilement dans mes narines, je redécouvrais le plaisir de respirer normalement, mais mon corps tout entier était raide comme un bout de bois, et j’espérais vivement un nouveau moment de répit, pour me détendre enfin.

 

« Voilà je pense que je vais pouvoir procéder à présent à l’intervention proprement dite. »

 

Il ne fallait pas avoir inventé l’eau chaude, ni le fil à couper le beurre pour comprendre que dans le cabinet de ce praticien, le principe de la cautérisation était resté le même que dans les années 1970, car à portée de vue,  je n’apercevais rien d’autre que le traditionnel petit brûleur à alcool, accompagné  de ces fameux  petits instruments dont je n’avais rien oublié de leur utilité.   

 

Il était trop tard pour reculer, dompter mon appréhension restait le seul remède efficace pour recouvrer le contrôle de mes nerfs.

 

« Je vais introduire dans chacune de vos narines un tampon imbibé d’anesthésiant, vous allez les conserver le temps que je prépare mon matériel, le produit devrait faire ensuite son effet. »

 

Je regardais pusillanime le médecin allumer la mèche du brûleur, puis tremper sa tige de métal dans le flacon de nitrate d’argent. Je n’avais pas besoin de commentaire, je connaissais la suite des évènements.   

 

Le praticien s’était tourné pour me faire  face,  et approchait son tabouret à roulette à ma hauteur. A l’aide d’une pince prévue à cet effet, il m’avait ôté les compresses stériles qui me bouchaient le nez, l’heure du châtiment était arrivée.

 

Appliquer un fer rouge  pour cicatriser une plaie et pour interdire aussi qu’elle ne s’infecte, était une pratique courante à l’époque ou la médecine ne possédait pas le panel de médicaments, dont elle dispose à présent. La cautérisation que j’étais en train de subir,  obéissait aux mêmes principes que cette méthode que je qualifierais de très agressive, voir même barbare,  mais qui avait l’avantage d’être très  efficace. 

 

Un éclair de feu avait transpercé mes yeux, sans doute une réaction nerveuse à l’effet désagréable que j’avais senti au moment ou l’instrument du docteur L P avait labouré la zone à soigner. Malgré l’anesthésie locale, la douleur n’était pas totalement absente, et à l’annonce de la fin des hostilités mon soulagement avait été incommensurable.

 

Le médecin m’avait fait signe de me lever et de rejoindre Chantal à hauteur de son bureau. Il m’avait ensuite tendu deux ou trois mouchoirs en ouate, qu’il m’avait recommandé vivement de conserver à portée de main.

 

« Vous allez avoir l’impression d’être enrhumé » m’avait-il dit.

 

Quasiment immédiatement j’avais senti en effet des gouttes perlées au bout de mon nez, et le phénomène s’était accéléré lorsque nous étions sortis de son cabinet, et que nous étions ensuite passer au secrétariat.

 

A présent mon appendice nasal était comme un lavabo plein d’eau auquel on venait de retirer le bouchon. Je n’avais rien d’autre à faire que de me servir de mes mouchoirs pour gommer le trop plein de mucus.

 

Le docteur L P m’avait informé que le phénomène cesserait au bout de quelques heures. Il m’avait également averti que les saignements stopperaient également, mais que des croûtes réapparaîtraient au fur et à mesure que la muqueuse à vif, guérirait du traumatisme qu’il venait de lui infliger. 

 

« Pour ramollir les croûtes afin qu’elles s’éliminent plus rapidement, n’hésitez pas à utiliser de la pommade HEC. » 

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