Une très longue absence

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Il m’avait semblé entendre des pas derrière moi, je n’avais pas rêvé, c’était le manipulateur qui venait me délivrer.

 

« Vous pouvez vous mettre debout et rejoindre votre cabine. Attendez un peu cependant avant de vous rhabiller, je viendrais vous donner le feu vert. »

 

Le miroir fixé en face de moi reflétait mon image, et je me sentais un peu ridicule en me voyant en petite tenue, légèrement recroquevillé sur moi-même, à attendre que l’on vienne me délivrer de cette situation grotesque et fortement incommode. Le temps me paraissait long, et j’avais mal aux fesses car la planchette sur laquelle j’étais assis n’avait pas été conçue pour le confort des malades.

 

« Monsieur Gautier ? »

 

Je m’étais brutalement redressé, pressé dans découdre avec cette journée qui ne me réjouissait guère.

 

« Le bandage était censé vous maintenir immobile, et j’ai dû mal le serrer, les clichés sont inexploitables. Il faut recommencer l’examen, je suis désolé »

 

Je n’étais pas franchement enthousiaste d’entendre cette ennuyeuse nouvelle, mais ce qui me préoccupait davantage, c’était le retard que nous allions prendre par rapport à l’heure de mon rendez-vous de scanner. 

 

« Je vais être en retard pour passer mon scanner. »

 

« Pfutt pas grave, ils décaleront votre nom dans la liste des malades, voilà tout. »

 

« Peut-être faudrait-il les prévenir ? »

 

« Vous êtes passé par l’accueil pour signaler cotre arrivée ? »

 

« Oui  comme à chaque fois. »

 

« Ils savent donc que vous êtes là, il est inutile de les avertir, ils vous verront, quand ils vous verront, un point c’est tout. »

 

Je trouvais la réponse désinvolte et  l’attitude un peu irrespectueuse vis-à-vis de ses collègues, mais je n’avais rien à dire, j’étais entre ses mains, et j’obéissais aux directives qui m’étaient données.

 

J’étais donc de nouveau allongé sur la table d’examen, et cette fois je me sentais parfaitement maintenu dans la position qu’il m’avait ordonné de prendre. Il n’avait pas réitéré ses explications et j’étais maintenant tout seul, entièrement à la disposition de la machine qui avait débuté lentement et silencieusement, son travail.

 

Je n’avais pas la notion du temps, mais je pensais qu’il y avait au moins ¾ d’heure que j’étais entre les mains du personnel de ce service. Je pensais à Chantal qui ne devait certainement pas manquer de s’inquiéter, et qui devait aussi penser la même chose que moi, à propos du retard que j’étais en train d’accumuler.

 

Jusqu’à présent je n’avais pas songé à de possibles mauvais résultats, pourtant mon cœur m’en faisait voir de toutes les couleurs, et l’arythmie cardiaque n’était peut-être pas la seule explication à cette rébellion que j’avais bien du mal à mater. De plus si le docteur R avait prescrit cette scintigraphie, c’était peut-être parce qu’il avait des incertitudes à élucider.

 

Il fallait chasser ces pensées négatives de ma tête, car un examen n’est pas systématiquement synonyme de mauvaises nouvelles, et dans le cas échéant être informé du dysfonctionnement d’un organe, permet de mieux le soigner.

 

« Voilà monsieur, vous pouvez rejoindre votre cabine, je viens vous libérer dès que possible. »

 

Cette fois c’était la bonne, je pouvais enfiler mes vêtements et sortir pour rejoindre au plus vite mon autre rendez-vous.

 

« Surtout n’oubliez pas de boire abondamment pour éliminer le produit radioactif, et n’approcher pas les femmes enceintes, et les jeunes enfants pendant 24 heures. »

 

La porte automatique s’était ouverte, je retrouvais la vaste salle d’attente de mon arrivée, et Chantal dans un coin qui ne semblait pas trop affecté par ma très longue absence. 



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