xième épisode de mes aventures de malade

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Avec une maladie comme le cancer, qui fait planer un sentiment de menace, la capacité à rester dans l’instant présent devient donc une réelle stratégie de défense et de protection. On n’a guère trouvé mieux pour opposer l’espérance à la peur, la vie à la mort. Car quel que soit notre destin, comme le disait le chanteur John Lennon, «la vie, c’est ce qui est en train de passer quand vous êtes occupé à autre chose».

 

 

 

Vendredi 11 novembre 2011, 11 heures du matin, il fait beau très beau, 18 degrés au soleil, lundi prochain je passe mon 31ème scanner, mais je me promène à travers les rues de ma ville, et je me dis qu’il sera toujours assez tôt pour s’inquiéter.

 

Vivre le moment présent est une capacité essentielle qu’il faut savoir acquérir pour franchir au mieux l’épreuve de la maladie.

 

Lorsque vous voyez votre vie basculer dans l’horreur avec l’annonce du cancer, votre rapport avec le reste du monde se dissout petit à petit, comme un morceau de sucre dans un verre d’eau.

 

L’horizon s’obscurcit de gros nuages noirs, les pensées négatives envahissent votre cerveau.

 

Votre tête semble vouloir éclater sous la pression de mille questions.

 

« Combien de temps me reste t-il à vivre ? Vais-je beaucoup souffrir ? Comment va réagir ma famille ? »

 

Vos larmes illustrent vos préoccupations du moment, votre esprit se tourne maintenant vers le passé, car le futur pour vous n’existera pas. Instinctivement vous éprouvez le besoin de faire le bilan de votre vie, puis vous commencez à culpabiliser de ne pas avoir été assez à l’écoute de votre corps. « Qu’ai-je laissé passer sans m’en rendre compte ? Depuis combien de temps suis-je porteur de ça ? Quand a vraiment commencé la douleur,  la fatigue ? Ai-je bien eu de la douleur ou de la fatigue ? »

 

La dramatique nouvelle vous a plaqué au sol, votre machine mentale est affolée, tous les clignotants sont au rouge, vous n’êtes plus capables de faire preuve de bon sens, et de raisonnement.

 

La tempête se renforce en ouragan, le sentiment d’épouvante, la difficulté de pouvoir respirer, les jambes, les mains, tout votre être se met à trembler de peur, car la mort rôde, et vous vous sentez menacé.  

 

Vous êtes sûr qu’il n’y a rien à faire, sinon qu’à attendre dans la douleur et le désespoir que le bâtisseur de votre destin inscrive le point final, sur la dernière page du livre de votre vie.

 

Puis vous regardez les yeux désespérés et hagards des membres de votre famille, qui n’arrivent pas à taire leur impuissance, et leur chagrin. Vous vous dîtes alors que vous n’avez pas le droit de les abandonner, car si vous ne combattez pas, ils ne pourront le faire à votre place.  

 

A partir de cet instant vous passez au stade de l’acceptation tout en refusant la résignation. Commence alors le long défilé des blouses blanches, et la dure épreuve des opérations et des traitements qui vous donnent au bout d’un certain temps, l’espoir de lendemains meilleurs.

 

L’ouragan redevient tempête, et la tempête un simple vent, car vous ramené votre attention au seul moment présent, ce moment que les progrès de la médecine vous permettent de vivre.

 

Cette force intérieure que vous récupérez, elle s’impose naturellement à vous parce que vous avez appris la valeur des choses. Certes l’exercice requiert de l’expérience, de la persévérance,  mais également beaucoup d’efforts, celui de revenir sans cesse et sans se fatiguer, à la situation réelle et de pouvoir se dire : « Pour l’instant je suis là, devant ma famille, devant mes amis, dans ce merveilleux paysage, je suis le même que ce matin, je ne souffre d’aucune douleur, cela seul existe, exit les mauvaises pensées, je verrai bien demain, chaque chose en son temps. »

 

Les gens pourront rétorquer que l’instant n’est pas toujours tolérable pour le cancéreux,  à cause par exemple d’une douleur bien réelle. Pourquoi y rester collé » ? Là encore,  ramener l’expérience aux limites du présent est bénéfique. Se dire que c’est juste un mauvais moment à passer, les nausées, il faut les accepter, il faut les mépriser, et peu à peu leur interdire de prendre trop d’importance dans votre esprit, vivre avec son cancer devient alors quelque chose de possible.

 

 

 

Vendredi 11 mars 2011, le contrôle au scanner avait été tellement rapide que le petit incident du début de matinée n’était plus qu’un mauvais souvenir. Non seulement ce deuxième examen n’avait pas débordé sur l’heure de mon rendez-vous chez le docteur R, mais en plus j’avais du temps pour soulager enfin ma vessie, et pour avaler les deux croissants qui seraient très vite,  les bienvenus, à l’intérieur de mon estomac.

 

La salle d’attente du service consultation regorgeait de monde, j’espérais que je ne serais pas à mon tour victime du retard de mon oncologue, car j’avais hâte de pouvoir conclure cet ixième épisode de mes aventures de malade.

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