Un bon réalisateur

Jeudi 24 novembre 2011, internet est un moyen de communication et d’information qui n’a pas d’égal, pourtant surfer sur la toile n’a pas que des avantages, car toutes les vérités ne sont pas bonnes à lire, surtout lorsque la maladie nous a fragilisés.

J’ai pu consulter dernièrement un article du professeur Er qui disait ceci :

« Le cancer du rein métastatique est une maladie de mauvais pronostic qui se traduit par un taux de survie à cinq ans faible. En effet, seuls 0 à 10% des patients atteints de cancer du rein métastatique seront en vie 5 ans après le diagnostic de leur cancer. »

Ce type de phrase fait froid dans le dos, et supprime toute illusion, en inhibant le cancéreux dans sa volonté et sa motivation de vouloir s’en sortir. J’aimerais moi-même ne point pouvoir dépendre de l’opinion des spécialistes, mais ma curiosité l’emporte souvent sur la raison, car au bout de presque 7 ans de lutte, je me crois capable d’affronter l’évidence. J’ai pourtant moi aussi quelques points de faiblesses, que je ferais bien de ne pas négliger.

J’ai débuté lundi dernier mon 13ème cycle d’anti-angiogénique, mais malgré les 15 jours de repos qui ont précédé ma reprise de Sutent, malgré des tentatives de régimes alimentaires, malgré l’Imodium, le Smecta, et tout le toutim, je ne suis pas parvenu à me débarrasser d’une diarrhée on ne peut plus invalidante. Il faut espérer qu’en cette période proche de Noël, où la coutume est d’arpenter les magasins à la recherche de cadeaux, la nature décidément bien capricieuse ne me jouera pas un vilain tour au bon milieu de mes achats.

C’est donc ce problème majeur et mon désir de trouver une solution qui m’ont conduit à cliquer sur ce site consacré au cancer du rein, sur lequel le professeur E explique aussi les progrès accomplis par la recherche, et les espoirs des milieux médicaux, grâce à l’arrivée massive de nouveaux médicaments prometteurs sur le marché, et ce malgré le manque de recul concernant l’efficacité à long terme de ces fameux médicaments.

Je me sens évidement concerné par le sujet,  car après 2ans ½ de prise de Néxavar entre 2005 et 2007 suivie depuis juin 2011 par la prise régulière de Sutent, deux  molécules citées par l’oncologue, je brûle de savoir à quelle sauce je vais être mangé.

 « La plupart du temps, ces traitements (il parle évidement du Néxavar, du Sutent, et de plusieurs autres thérapies)  ont un profil de tolérance acceptable et les patients peuvent continuer à avoir une activité quasi-normale. »

Quasi normale à moins d’avoir un tempérament de fer, car le côté invalidant des effets secondaires est bel et bien réel, et entrave plus que fortement la qualité de vie du malade.

« Ces traitements sont à prendre à vie et se pose le problème au long cours de la toxicité chronique »

Avec cette diarrhée persistante, cette athymie cardiaque récurrente, cette fatigue physique qui répond présente à chaque nouveau cycle de chimiothérapie, je me dis que le professeur à tapé dans le mille, et que s’il n’hésite pas à s’inquiéter pour ses malades, c’est que mes raisons de craindre l’avenir ne sont donc sûrement pas infondées.

Voilà un sujet qui non seulement ne me donne pas de solution pour ma diarrhée, mais qui en plus enfonce un peu plus le clou dans ma chair, augmentant d’un cran le supplice psychique que suscite en moi les perspectives peu réjouissantes du malade atteint d’un cancer. Moralité évitons de trop se goinfrer d’avis médicaux, et vivons au jour le jour la maladie en réagissant en fonction de notre personnalité.        

 

Vendredi 11 mars 2011, le docteur R nous avait invités à nous asseoir, et à présent il me fixait droit dans les yeux, le regard interrogateur. Il attendait que je lui fasse le récit des incidents et autres évènements qui avaient émaillés ces six semaines qui nous  séparaient de notre dernière entrevue.

Cette confrontation me rappelait le confessionnal de mon enfance, lorsqu’il fallait rabâcher aux prêtres des péchés que je n’avais pas forcément la conviction d’avoir faits, et dont j’avais établi la liste auparavant pour ne pas me trouver pris au dépourvu devant mon inquisiteur. En effet aucune difficulté nouvelle étant venue se rajouter à la liste des effets secondaires qui me polluaient la vie, j’avais donc l’impression de manquer d’originalité envers le médecin lorsque je lui racontais la routine de mon quotidien, alors que lui au contraire se réjouissait de me retrouver en assez bonne forme, ce qui ne devait pas être le cas de tous ses nombreux malades.

Mon oncologue aurait fait un bon réalisateur, car il ménageait le suspens. A ce stade de la conversation je ne savais toujours pas le résultat de mes deux examens de la matinée et j’avais hâte d’entendre des nouvelles qui je l’espérais, feraient baisser la tension de mes nerfs.  

« Et si on parlait un peu de votre scanner ! »

 

 

 

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