Me rendre malade de vouloir me guérir

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Aujourd’hui 4 décembre 2011, je suis nauséeux, fatigué, ballonné, pourtant il a bien fallu avaler ce traitement qui me garde en vie mais qui m’en fait payer le prix fort. Le sommeil m’a soustrait un petit moment à mes ennuis. J’ouvre les yeux sur l’émission vivement dimanche consacrée à Guy Bedos. J’ai dû plonger dans les bras de Morphée au moment où le journaliste Laurent Delahousse remerciait ses invités. J’ai trop dormi, la nuit prochaine risque d’être difficile d’autant plus que je sens les brûlures d’estomac pointer leur nez.

 

Comme prévue par la météo, la pluie est au rendez-vous. Ce mauvais temps dominical a plongé mon quartier dans la torpeur la plus totale. Je ne vois  pas un seul passant sur les trottoirs, pas une seule voiture dans les rues. Le chat des voisins est assoupi près du radiateur de la cuisine. Le silence serait bien sinistre si je n’avais pas la présence de ma femme et de ma fille, dans la pièce d’à côté. Il faut réagir, ne pas se laisser déborder par les pensées négatives, mon ordinateur et une petite page d’écriture à l’intention de mes lecteurs me rendront le punch qui je dois l’avouer, me manque un peu depuis quelques jours.    

 

L’évènement n’étant pas très gai à se remémorer, je n’ai donc pas soufflé vendredi dernier les 7 bougies anniversaires,  qui me séparaient du jour de l’apocalypse. La journée grise et humide de ce 2 décembre, ressemblait d’ailleurs comme une sœur cadette à celle qui scella définitivement mon destin à celui des nombreux autres malades qui avaient, qui venaient ou qui allaient bientôt découvrir leur infortune. La course est donc lancée pour une huitième année d’épreuves ponctuées d’efforts  de doutes, de peurs, et d’espoirs, afin de tenter de conserver le bien le plus précieux que l’on puisse disposer en ce monde, la vie.

 

 

 

Le dimanche 10 avril s’achevait mon 7ème cycle de chimiothérapie. La veille nous nous étions réunis en famille pour fêter mes 57 printemps, et comme il arrive parfois que les choses ne soient pas trop mal faites, le dégout de la nourriture s’était estompé quelques jours plus tôt, m’offrant la possibilité de profiter pleinement de la journée. Il n’en restait pas moins vrai que ma résistance physique avait ses limites et qu’un trop long moment passé à table m’avait épuisé au-delà de ce que ma constitution était capable de supporter.

 

J’avais bien d’autres remarques à formuler sur mon carnet de suivi médical que celui de mes problèmes alimentaires. L’arythmie cardiaque entre autres dont je souffrais régulièrement ne sortait jamais de la liste du top 5 des vilains effets supportés par mon organisme.

 

Je n’étais pas tout à fait honnête lorsque je prétendais que les médecins se désintéressaient de mon cas lorsque qu’il s’agissait de trouver une solution à cette anomalie majeure, car mon généraliste m’avait établi une lettre adressée au docteur L et à remettre aux urgences de la clinique en cas de crise un peu plus marquée. Je n’avais jamais utilisé ce courrier bien que j’avais subi maintes et maintes fois les assauts de la maladie. De plus  à chaque fois que je me présentais à un rendez-vous auprès du docteur C, mon cœur ne laissait aucunement deviner les troubles de fonctionnement dont j’étais trop souvent la victime, aussi le praticien qui me prescrivait du Digoxine Nativelle à raison d’un comprimé par jour,   considérait l’affaire comme parfaitement maîtrisée. J’étais persuadé d’ailleurs qu’il n’avait aucune souvenance d’avoir rédigé ce fameux document pour mon cardiologue.

 

Du fait de ma récidive, et donc de la  reprise de mon traitement de chimiothérapie, ainsi que de la palanquée de nouveaux examens qui en avait résulté, le praticien avait reporté son projet de me faire passer une nouvelle holter, le premier datant pourtant de juillet 2009.

 

« Je trouve que vous avez déjà bien assez à faire avec les médecins en ce moment, nous verrons cela plus tard. »

 

Depuis lors, il avait involontairement fait l’impasse sur son intention, et je m’étais bien gardé de lui rappeler à la mémoire.

 

Tout ceci n’était pas bien raisonnable de ma part mais malgré la meilleure volonté du monde, il m’arrivait, et il m’arrive encore de saturer, un peu comme notre estomac lorsqu’il  arrive à satiété et que l’on se force à manger quand même, au risque d’en vomir.

 

Quoi que je fasse, mon destin étant déjà scellé dans la pierre, je n’avais justement pas envie de laisser la médecine envahir totalement ma vie, jusqu’à me rendre malade de vouloir me guérir à tous prix. Les blouses blanches occupaient déjà une part beaucoup trop importante de mon emploi du temps, j’avais besoin à l’inverse d’évasion et d’oubli.



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