Le labyrinthe obscur et sinueux

Rien ne se passe pour rien, c’est le destin qui crée les choses, on doit vivre avec, on doit impérativement surmonter les problèmes.

Très jeune l’apprentissage douloureux de l’existence m’a appris que le bonheur n’est pas constant, ce n’est pas matériel, c’est un état d’esprit, se sont ces petits moments qui nous apportent le sourire aux lèvres. Il ne faut pas se laisser abattre au moindre changement et chamboulement.

Lorsque des circonstances particulières vous ont entièrement détruits, il faut faire en sorte de se reconstruire, on n’a pas le choix.

Sans erreurs, sans souffrances, on ne peut se connaître entièrement. La vie ce n’est pas qu’un beau soleil, c’est aussi un orage qui frappe un peu plus fort les uns que les autres, de la pluie qui tombe et qui parfois provoque des crues dévastatrices, un nuage qui fait de l’ombre, du brouillard qui voile l’horizon, ou simplement quelques étoiles brillant dans la nuit. 

 

La maladie impose au malade de s’engager dans un  labyrinthe obscur et sinueux, semé d’embuches, et dont la porte de sortie est loin d’être à la portée de la plupart d’entre eux. Tout est conçu par le malin pour que ses victimes se perdent dans le dédale des chemins où l’on bute à chaque pas sur un problème, qu’il est parfois bien difficile, voir impossible à surmonter.

Je n’étais pas encore définitivement perdu, car je cherchais toujours mon salut en empruntant encore et encore des corridors inexplorés, me conduisant indubitablement vers la fin d’une étape qui me permettait jusqu’alors de poursuivre le chemin de l’étape suivante.

Le docteur R me donnait régulièrement une feuille de route qui ressemblait comme une sœur à la précédente, et j’espérais invariablement que ce ne soit pas la dernière, car la guérison était pour l’heure et sans contestation possible, du domaine de l’illusion. Aussi j’accueillais un nouveau cycle de traitement comme un message d’encouragement à poursuivre un combat.qui me conduirait peut-être un jour à la victoire.

Une fois sur deux la délivrance d’une nouvelle feuille de route passait par l’incontournable et traumatisant examen au scanner. C’était le stade le plus délicat de l’épreuve du labyrinthe, pourtant,  il ne s’agissait surtout pas de se dérober.

Lundi 30 mai 2011, journée ordinaire pour les uns, journée de tous les dangers pour les autres. Le CAC de l’espoir continuait de vivre des drames mais aussi parfois de grandes joies, bien à l’abri des différents médias. Ici se trouvait le centre opérationnel, le PC des armées,  un concentré de matière grise au service des cancéreux.

Loin de dissiper mon anxiété l’opérateur enfonça au contraire un peu plus le clou. Ma prise de sang révélait une insuffisance rénale qui s’était aggravée, et il préférait s’abstenir de m’injecter le produit de contraste. Je doutais fortement de l’efficacité de l’examen. Il avait très vite éclairci sa position sans attendre que je lui pose la question.

« Il est parfaitement inutile d’infecter votre rein avec un produit nocif lorsqu’il est possible de faire temporairement autrement. »

Il me précisa ensuite qu’une évolution négative du cancer serait perçue avec ou sans ce produit qui améliorait certes la qualité de l’image, mais qui n’était pas totalement indispensable à la réalisation des clichés.

La plupart des médecins qui avaient jusqu’à ce jour commenté mes prises de sang, ne s’étaient jamais alarmés sur le fait que mes ¾ de rein restant n’avait pas toute la capacité requise pour apurer convenablement ce précieux liquide qui coulait dans mes veines. Je m’interrogeais donc de cette évolution inattendue. Que fallait-il faire pour préserver cet organe vital, j’étais bien incapable de le savoir, car en dehors du fait que j’avais le défaut de ne pas boire assez d’eau, mon existence était des plus saines, et je ne voyais pas très bien quel sacrifice me faudrait-il rajouter à la liste de ceux déjà consentis pour inverser le processus de dégradation que j’étais bien forcé de constater.  

Le 29ème scanner d’un déjà long parcours, sur le chemin très chaotique d’une hypothétique guérison, venait d’être bouclé en moins d’un quart d’heure. Il ne me restait plus qu’à passer le test psychologique le plus périlleux de la journée, me rendre au tribunal, pour entendre bonne ou mauvaise, la sentence prononcée par mon oncologue familier.

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