La face visible de l’iceberg

La face visible de l'iceberg dans Cancer du rein papillon-afrique-du-sud-1

« Viens, dissipons l’écran de brouillard,
Viens sortons au grand jour,
Ne restons pas dans l’ombre,
Combien de temps encore vas-tu fuir les jeux de pouvoir ?
Tu as parfois le droit de pleurer,
Quand quelques chose se brise à l’intérieur de toi,
Parle moi un peu des instants où on a peur,
C’est plus facile ensemble d’avoir peur,
Quand le vent glacé soufflera dehors,
Je porterai en toi un feu brûlant,
Peut être qu’un jour tu cesseras d’errer,
Dans les zones obscures de ton âme. »

 

La partie ancienne du bâtiment était partiellement ente les mains des  restaurateurs, et certains des services qu’elle avait précédemment abrités, scanners, radiologies, IRM, scintigraphies, ainsi que depuis peu les bureaux des cancérologues et de leurs secrétaires, avaient été transférés dans cette structure hospitalière moderne, dont j’avais pu durant ces six dernières années,  assister à l’évolution des travaux. Pour ce qui était du scanner et de la scintigraphie, nous avions eu Chantal et moi, l’occasion déjà d’inaugurer les nouveaux locaux, mais c’était la première fois que ma consultation  se déroulait dans ce secteur récemment aménagé des consultations.

Nous étions relativement paumés, il nous fallait reprendre nos marques. Une hôtesse d’accueil nous avait indiqué la direction à suivre,  et sans trop de difficultés, nous avions rejoint le cabinet du docteur R.

Le visage souriant, son assistante avait enregistré notre arrivée avant de nous inviter à gagner une dizaine de mètres plus loin la salle d’attente.  

Cette nouvelle salle d’attente présentait un décor différent et plus moderne que celui auquel nous nous étions familiarisés. Plusieurs fauteuils confortables aux formes arrondies,  disposés autour de tables basses, et séparés les uns des autres par des petites cloisons, style box de bar de nuit, composaient notre environnement tout neuf. Le lieu avait l’avantage d’être beaucoup plus étudié pour le confort des patients, et préservait donc davantage leur intimité ainsi que celle de leurs familles.

Nous n’avions pas été prévenus de l’imminence de ce déménagement. L’effet de surprise avait donc chamboulé nos habitudes, mais il avait également eu l’avantage de me détourner un peu l’esprit de mes mauvaises pensées. A présent que j’étais installé avec une page de mots fléchés entre les mains, mes préoccupations reprenaient le dessus. Je ne voyais plus l’oncologue sortir ou rentrer dans son cabinet, je ne pouvais donc pas calculer l’instant précis où j’allais être appelé. Cette situation n’était pas plus confortable que lorsque j’avais les yeux rivés sur la porte du praticien, bien que je n’eusse pas l’angoisse de le savoir en train de consulter le compte-rendu de mon examen.  

Sa secrétaire nous avait précisé qu’elle viendrait nous chercher au moment voulu.

En attendant, j’avais un bien mauvais moment à passer, et je redoutais d’autant plus l’exercice que  mes nerfs se fragilisaient toujours à peu plus à chaque nouveau scanner.

« Monsieur Gautier ? »

L’impression que j’avais de me trouver à l’intérieur d’un bar, plutôt qu’au milieu d’un hôpital, me donna l’envie d’exorciser ma peur en lançant une plaisanterie.

« Voilà la serveuse qui nous apporte nos verres de whisky. »

La secrétaire du docteur R avait souri, ainsi que le patient assis en face de moi. J’avais atteint mon but, je pouvais quitter la salle d’attente satisfait de ma prestation. Pourtant mon attitude pour le moins décontractée, n’était que la face visible de l’iceberg, car au plus profond de moi, je n’en menais vraiment pas large, mon envie était grande de m’enfuir à toutes jambes, loin de cette réalité,  vers une vie qui avait été, mais qui ne serait jamais plus.

 



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