L’insecte de tous les dangers

Nous abordions les jours les plus longs de l’année, mais je ne savais pas encore si nous allions pouvoir profiter d’un peu de repos au bord de la grande bleue, mon statut de malade m’interdisant de faire des projets à trop long terme. Ma visite chez l’oncologue ne me dédouanait pas pour autant de celles que je devais également effectuer chez mon généraliste, et en cette fin de mai, j’ignorais encore que la période à venir allait se révéler faste en la matière.
Entre le 1er et 16 aout date prévue pour mon 30ème scanner, j’avais consulté pas moins de trois fois le docteur C, je n’avais pas échappé à mon rendez vous intermédiaire  au CAC de l’espoir, et à la suite de problèmes liés aux effets secondaires de mon traitement, j’avais eu l’honneur de rajouter à mon importante collection de piquouses en tous genres, 6 nouvelles prises de sang.
La responsable de ces prises de sang à répétition était une hypokaliémie, c’est-à-dire une perte de potassium suffisamment importante pour que mon généraliste prenne le sujet à bras le corps.
Il était facile de comprendre la raison de cette anomalie sanguine, car je souffrais de diarrhées aiguës, de reflux gastriques, deux problèmes qui engendraient souvent chez les individus une hypokaliémie. Le docteur C  avait donc commencé à  me soigner ; en me prescrivant du Diffu k, un substitut chimique qui corrigeait la perte de potassium. Il fallait faire vite car une aggravation de cette pathologie pouvait agir négativement sur mon rythme cardiaque déjà bien mal mené, ainsi que sur mon hypertension artérielle que je stabilisais avec difficultés, et ce malgré les médicaments.  
Mon 9ème cycle de chimio s’étant déroulé sans incidents majeurs, nous avions réussi à partir dans l’appartement de mon cousin Patrick. Les vacances avaient été très courtes, mais c’était mieux que rien. Il faut dire que si moi je n’avais rien d’autre à faire que de prier le ciel pour vivre le plus longtemps possible, l’emploi du temps pour d’autres était chargé. Ma fille travaillant de début juillet à fin aout, et Chantal n’ayant pas tous ses employeurs en vacances, il fallait trouver un créneau qui arrange tout le monde. La rareté faisant la valeur des choses,  nous nous étions contentés de quelques précieux jours fin juin, un bref séjour donc, mais qui nous avait permis de nous déconnecter un peu de notre quotidien.  
Le vendredi 8 juillet le docteur R m’avait reçu en consultation pour me prescrire mon 10ème cycle de Sutent. Il n’avait pas fait de commentaires à propos des résultats de ma prise de sang, je ne lui avais pas parlé de mon entretien téléphonique du 6 juillet date à laquelle le généraliste m’avait fait part d’un problème. L’oncologue était habitué à lire des résultats de prise de sang plus ou moins médiocres, il relativisait sans doute mon cas par rapport à d’autres situations un peu plus préoccupantes. Un désintéressement qui me titillait légèrement, mais je me consolais en me disant qu’il comptait sûrement sur son collègue généraliste, pour l’épauler, compte tenu du fait qu’il maintenait avec lui une correspondance rigoureusement suivie depuis mon premier rendez-vous au CAC de l’espoir.
La première semaine de cette nouvelle phase de soins se passait plutôt bien. J’en profitais pour accélérer le rythme de mes balades, mon entretien physique étant indispensable à mon équilibre psychologique et donc au renforcement de mes défenses face à mon ennemi de tous les jours.  
Bien souvent j’avais entendu ou lu, qu’il fallait se méfier des d’insectes particulièrement lors de randonnées à travers bois. En ce lundi 11 juillet, j’avais bien senti une violente piqure au niveau du pied gauche, mais pensant à l’une de ces nombreuses broussailles épineuses qui barraient mon chemin, ou à une vulgaire attaque de moustique, j’avais très vite oublié l’incident d’autant plus que je bénéficiais d’une journée très ensoleillée, une condition météorologique qui s’était faite plutôt discrète depuis le début de l’été.   
Ce fut le lendemain au petit déjeuner que je remarquai au niveau de la malléole latérale gauche un petit bouton cerclé d’une rougeur qui ne ressemblait en rien à une blessure d’épine, et encore moins à  une piqure de moustique. Il est vrai que les sous bois sont connus pour  regorger d’insectes, l’origine de cette rougeur restait donc une énigme, mais je ne m’inquiétais pas plus que ça, d’ailleurs le signal sonore du micro-onde m’indiquant que mon café était chaud, me détourna instantanément de mes pensées.



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