Une tournure peu orthodoxe

Au fil du temps le bouton avait grossi et ressemblait à présent à une légère tuméfaction. Une seconde semaine s’achevait depuis que j’avais découvert les conséquences de cette piqûre probablement d’insecte, et la situation loin de se stabiliser continuait à évoluer négativement, ce qui m’incitait à me poser quand même quelques questions.
La petite inflammation qui cernait la lésion s’était en effet étendue sur le dessus de pied et formait une large auréole rougeâtre qui virait progressivement  au violet, couleur qui d’ailleurs ne me disait rien qui vaille.
J’avais été prévenu par mon oncologue, mais j’avais eu aussi l’occasion de le lire sur le livret qui me guidait lors de mes différents cycles de chimiothérapie, le Sutent, avait pour effet de faire baisser le nombre des globules blancs dans le sang, et j’avais donc entre autres recommandations, d’éviter les contacts à risque de blessures. Il est vrai que le moindre petit bobo prenait souvent une tournure peu orthodoxe,  mettant à mal mes espoirs de guérir rapidement. Une fois de plus je n’avais pas été vigilent, je pouvais bien m’en vouloir, mais il était trop tard pour les regrets.   
Force m’était de constater que mon entêtement à vouloir minimiser l’incident n’avait pas servi ma cause, et j’étais bien embêté de l’évolution que prenait les choses.
Fallait-il affoler les troupes autour de moi ? Fallait-il attendre encore un peu ? Je décidai d’en parler à mon entourage pour me rassurer un peu, et pour entendre aussi leurs avis.
Evidement que personne ne considéra avec indifférence le sujet, et me rangeant du côté de l’opinion générale,  je consentis à me rendre à l’officine du quartier.
Je savais déjà que cet acte me conduirait tout droit en consultation, et j’avais vu juste car le pharmacien n’avait pas eu envie de prendre le risque de me donner son diagnostic.
Malgré tous mes efforts pour m’éloigner des milieux médicaux, avoir été au mauvais endroit, au mauvais moment, me condamnait une fois de plus à décrocher mon combiné téléphonique pour faire appel aux compétences de mon généraliste.
Ne fallait-il avoir aucun autre horizon que celui de la maladie ?
Nous étions le samedi 23 juillet, la secrétaire du docteur C avait bien noté ma requête, et consignes obliges (on ne plaisante pas avec les gens sous traitements de chimiothérapies), avait fixé mon rendez-vous le jour même aux environs de midi.
La salle d’attente était vide, le praticien ne prenait que les cas les plus urgents, aussi ne tarda-t-il pas à venir me rechercher.
« Que vous arrive-t-il ? »
« Qu’est ce qu’il m’arrive encore vous devriez dire. »
Après lui avoir fourni les explications, le praticien m’avait invité à m’allonger pieds nus sur la table de consultation  et s’était afféré à examiner les dégâts causés par la blessure. A présent il palpait au creux de  mon aisselle gauche ainsi qu’à  l’aine située du même côté.
« Vous n’avez ni inflammation ni infection déclarée. La piqure n’est pas celle d’un reptile car vous auriez eu une réaction immédiate, peut-être s’agit-il l’œuvre d’un bourdon ou d’un frelon. De toute façon vous arrivez trop tard, je ne peux pas faire grand-chose pour vous. Lentement mais sûrement votre peau reprendra sa couleur d’origine. L’effet nocif du venin à probablement fait éclater les vaisseaux capillaires sur une surface importante, mais i l n’y a rien de bien alarmant. »
La consultation m’avait coûté 23 euros et je repartais comme j’étais venu, mais j’étais quand même rassuré sur le fait que rien de grave ne pouvait m’arriver. Je pouvais aussi être satisfait car mon manque de potassium était en passe d’être résolu, deux autres prises de sang étaient programmées pour le confirmer, mais nous étions indéniablement sur la bonne voix.
Si la page concernant l’épisode de la forêt et de ses vilaines bestioles était tournée, mon 10ème cycle de chimiothérapie ne se déroulait guère sous de bons augures. Mes sécheresses nasales recommençaient à me polluer la vie, les maux de têtes, les douleurs thoraciques et les essoufflements étaient bien décidés à marquer cette nouvelle période de traitement de leurs empruntes.   

 

 

salvador-dali



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