Final en apothéose

Lundi 30 janvier 2012, il neige l’hiver semble vouloir montrer enfin de le bout de son nez.
Depuis 4 jours je me traîne lamentablement entre mon fauteuil et mon lit, un 14ème cycle de chimio qui se termine en apothéose. J’avais la conviction  que mon corps était en passe de maîtriser  la toxicité du Sutent, et voilà qu’il me trahit de nouveau.
Des coups de grisous, j’en ai vécu bien d’autres depuis le début du traitement, donc rien de bien original à raconter, à part que cette fois cette nouvelle épreuve se distingue par sa durée. Hier j’en avais marre d’avoir mal au ventre, marre de passer mon temps dans les toilettes, marre d’avoir la nausée, marre de ces arythmies cardiaques à répétition, marre d’être cloîtré dans ma maison, je ne voyais plus le bout du tunnel, j’ai par conséquent fini par paniquer, et par craquer. La crise a été brève, elle a agit comme une soupape de décompression face à mon découragement, heureusement, car j’étais sur le point de déposer les armes.
Aujourd’hui les pensées positives reprennent le dessus, de toute façon je n’ai pas le choix, il faut tenir le coup, vivre l’instant présent comme un moment difficile et se dire que demain sera un autre jour.
Avec un peu de courage, j’ai réussi à prendre une douche, à déjeuner, et à restructurer le reste de mon emploi du temps. Le mauvais temps m’incite à reprendre l’une de mes activités favorites, l’ordinateur n’attend plus que moi. Je suis seul, Chantal et Romain sont partis braver le froid, Éliane est a Angers. La sonnerie du téléphone retentit, c’est la secrétaire du docteur S à Nantes, qui m’indique la date de mon prochain scanner. Une bonne entrée en matière qui tombe à pique, au moment même où j’écris les premières lignes de la suite de mon récit.

Le lundi 16 aout 2011 faisait partie de cette catégorie des autres jours dits de tous les dangers, quoique mon entretien avec le docteur R ait été fixé six jours plus tard. Je n’avais pas encore refermé le dossier concernant l’affaire piqure d’insecte, que j’ouvrais de nouveau celui de l’affaire cancer du rein. En ce jour d’été le temps n’était pas conforme à la saison, le soleil et la chaleur que l’on aurait pu espérer étaient en grève. Nous vivions une période estivale pourrie, comme celles que l’on préfère très vite oublier.  
La voiture me conduisait vers mon 30ème scanner, le flacon de Sulfate de Baryum à boire entre les mains, l’envie de vomir et de me rendre aux toilettes en prime.
Les laboratoires de biologie m’avaient envoyé un résultat de prise de sang, mi figue mi raisin. Numération globulaire médiocre, formule sanguine et numération des plaquettes passables, ionogramme assez bien sauf les protides totaux, créatinine totalement à revoir, pour le reste, rien n’était à signaler,  finalement un bilan pas si désastreux que ça, compte tenu du contexte médical.
L’arrivée en catastrophe au CAC de l’espoir fut une anecdote très vite oublié, je n’avais pas attendu que la voiture soit garée pour éviter de faire dans ma culotte.  Un incident qui peut en effet prêter à sourire, mais qui devient un problème d’envergure, quand il tend à se répéter.
Le hall d’accueil était peu encombré, vacances obliges, il fallait néanmoins patienter pour se faire enregistrer, car il n’y avait qu’un seul guichet en service. Mon numéro de passage s’afficha  au tableau, alors que je n’avais pas terminé de lire un article d’une revue mise à la disposition des malades. Finalement l’attente n’avait pas été trop longue.
« Bonjour monsieur, votre carte vitale s’il vous plait. »
Je regardais Chantal assise à côté de moi, le silence qui régnait, était propice à la rêverie.
« Vous êtes bien monsieur Gautier Joël né en 1954 et habitant à Cholet ? »
« Oui »
« Ok, deuxième étage et vous suivez les flèches. »
« Merci et bonne journée ».
L’ascenseur  moderne nous indiqua par une voix synthétique que nous étions arrivés à l’étage demandée. La salle d’attente était à l’image du hall d’entrée, quasiment vide.
« Monsieur Gautier ? »
En deux temps trois mouvements l’affaire fut faite, l’opératrice avait refusé de m’injecter la totalité du produit de contraste, mon taux de créatinine n’étant pas à la hauteur de ses espérances. Je n’étais pas surpris de la chose, malheureusement je devais bien m’y habituer. Je ne savais pas quoi faire pour retrouver un taux conforme à la normale, je n’avais plus qu’un seul rein et je n’attendais plus qu’un miracle pour qu’une amélioration se dessine. Je n’aimais pas que cette difficulté supplémentaire échappe à mon contrôle, et pourtant j’étais prisonnier de la maladie. Certes tous les jours je me battais pour ne point me soumettre, mais dans certains cas je n’avais pas d’autres choix que de subir la triste réalité.    

Final en apothéose dans Cancer du rein images2



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