Un ciel d’un bleu azur

Oui un malade atteint d’un même  cancer que le sien peut mourir en quelques mois. Mais les autres peuvent parfois vivre dix ans, ou plus, tout dépend de la façon dont ils perçoivent leur maladie. Il  faut combattre sa maladie, mais ne pas s’épuiser à la tâche, il faut en faire pleinement et sans réserve, une ennemie intime.
Y-a-t’il une vie après la mort ? Personne ne le sait, tout le monde à peur de l’inconnu, mais l’inconnu peut être passionnant.
Il ne faut pas attendre la mort avec impatience,  mais il faut se préparer à la rencontrer, dans l’espoir qu’elle nous réserve une très agréable surprise.

Le mardi 17 août clôtura la série de prises de sang, liée à mes problèmes de potassium, le médecin ne m’avait pas téléphoné, mais à la lecture du résultat des analyses effectuées en laboratoire, je savais que tout était rentré dans l’ordre. J’ignorais si l’incident était clos, mais pour l’heure le classement provisoire ou non du dossier, me permettait de me concentrer sur autres choses.
Dieu sait si je répugne à me projeter dans l’avenir, il sait également que je déteste élaborer des programmes à long ou moyen terme. Pourtant durant le premier semestre de cette année 2011, l’idée de construire un mur de séparation avec les voisins avait cheminé dans ma tête. En me faisant violence, j’avais fini par accepter le principe. J’essayais donc de concentrer mon esprit sur ma satisfaction de pouvoir être témoin de l’aboutissement concret de ce projet. L’entrepreneur devait débuter les travaux le 22 août, une bonne nouvelle qui venait adoucir mes angoisses, compte tenu du fait que j’allais  ce jour même recevoir des informations au sujet de mon état de santé. Patienter quasiment une semaine entre le jour où j’avais passé mon 30ème scanner et celui qui avait été fixé pour ma rencontre avec le docteur R, était pour les nerfs une épreuve de force, que je n’avais encore jamais connue aussi longue.
La journée s’annonçait bien mal, les travaux ne pouvaient pas débuter pour cause d’intempéries. Il avait fallu trois trop rares jours de soleil, et un peu de chaleur, pour que le ciel nous tombe sur la tête. Un orage d’une violence inouïe s’abattait sur la région, je n’avais pas connu un tel déluge depuis un autre orage, celui de juillet 2006, date à laquelle beaucoup de maisons avaient été sinistrées. Et comme une contrariété n’arrive jamais seule, l’eau s’était engouffrée dans notre sous-sol ne créant certes pas trop de dégâts, mais débarquant à un bien mauvais moment. Ma consultation était prévue tard dans l’après-midi, mais mon fils aîné qui devait conduire son frère à Angers chez un spécialiste de l’épaule, avait eu le temps d’aider sa mère au nettoyage des lieux. Tout ceci n’était pas très grave, mais créait un état de tension supplémentaire dont  la famille toute entière se serait bien passée.
La nationale 249 était très encombrée, car au trafic habituel s’ajoutait celui des vacanciers. A l’inverse le CAC de l’espoir était désert, d’une part parce que nous étions en période d’été, et d’autre part parce qu’à cette heure de la journée, la plupart des malades avaient déjà consulté. Le voyage s’était passé sans encombre, l’orage du matin n’était plus qu’un mauvais souvenir. La salle d’attente à l’image du reste du bâtiment était vide, j’attendais avec fébrilité que le médecin vienne me chercher. Nous n’avions personne avec qui parler, et le silence m’angoissait encore un peu plus, j’espérais que mon incertitude serait de courte durée.  
Nous décidâmes de nous rapprocher à proximité du bureau de l’oncologue car les sièges qui se trouvaient à l’entrée de son cabinet étaient vides.
Le docteur R n’avait pas eu besoin d’épeler mon nom, j’étais son dernier client et j’étais devant lui au milieu du couloir, j’avais eu juste le temps de m’asseoir.
À l’éternelle question concernant les problèmes rencontrés durant le mois, j’avais répondu le plus précisément possible. J’avais hâte qu’il en vienne au fait.
« Concernant votre scanner c’est pas mal, c’est même pas mal du tout. »
Je n’en croyais pas mes oreilles, il m’annonçait une nette régression de la maladie, alors que la dernière fois il m’avait dit qu’il fallait me contenter de la stabilisation des métastases et ne pas espérer davantage. Ceci confortait mon idée que les médecins adaptaient leur dialogue avec les malades en  fonction des résultats obtenus, mais qu’ils n’avaient absolument aucune certitude sur l’efficacité ou non du traitement, ils étaient comme leurs patients, ils ne savaient rien et se contentaient de faire un bilan sans promettre rien d’autre pour l’avenir.
Chantal n’avait pas oublié que nous devions lui parler de mon pied dont l’état de santé ne s’était pas amélioré depuis ma visite chez le généraliste. Pire un œdème s’était invité à la fête, et j’avais du mal à marcher. L’oncologue s’était contenté de faire la grimace en voyant la bête, et il m’avait fait promettre de consulter de nouveau le docteur C.
Finalement nous n’étions pas restés très longtemps sur Nantes, mais il était déjà trop tard pour éviter d’essuyer un nouvel orage. En effet de gros nuages noirs s’amoncelaient à l’horizon, l’obscurité était de plus en plus intense, heureusement dans mon esprit, le ciel était d’un bleu azur, pour le reste nous nous devions d’être prudents sur la route, et tout irait bien.

 

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