Le bon point du radiologiste

Ma prestation auprès du docteur R avait été convaincante, je rentrais du CAC de l’espoir avec la même prescription que la dernière fois. Si je ne pouvais pas espérer une régression plus rapide du cancer, car j’étais convaincu qu’en absorbant une dose plus forte du produit, cela serait possible, au moins la sagesse dont faisait preuve la maladie avec mon traitement actuel, était une situation fortement acceptable.

Le 10 octobre au matin je débutais donc mon 12ème cycle de Sutent. Il était de coutume de me peser le premier, et le dernier jour du traitement. Sans trop savoir pourquoi le manque d’appétit qui avait fait partie des effets indésirables, à certains moments de mon parcours, n’était plus à l’ordre du jour. J’étais donc satisfait de constater que mon poids se stabilisait.

De juin 2010 à septembre 2011 j’avais englouti en gélules anticancéreuses, 45168,09 euros du budget de la sécurité sociale, et le petit jeu, je l’espérais vraiment, était loin d’être terminé. Merci mère patrie de ta générosité, grâce à toi je peux profiter encore de la vie, et que Dieu te rende au centuple, tout ce que tu  peux faire pour moi.

Une semaine de rhum et de toux lancinante avait entaché cette période pré-examen, en aggravant ma rhinite crouteuse réapparue avec l’arrivée de l’automne, et du chauffage dans les maisons.

De manière générale ce cycle n’avait pourtant pas été trop difficile à vivre, hormis une légère crise d’arythmie qui m’avait cloué au lit une matinée entière.

Le lundi 14 novembre marquait l’échéance que l’oncologue avait fixée pour un nouveau scanner. Il fallait bien s’y résoudre ce 31ème contrôle était tout aussi angoissant que les précédents. Comme à toutes les dates marquantes de ma longue histoire avec la maladie, je mettais ma vie entre parenthèses, tel un professionnel du cinéma créant un arrêt sur image, le retour au déroulement du film étant suspendu à un verdict médical, que j’espérais positif.

Il fallait se lever tôt, très tôt même car j’avais rendez-vous bien avant 10 heures aux cliniques C A.

J’avais été plus que contrarié de devoir passer mon examen ailleurs qu’au CAC de l’espoir, d’une part parce que je ne connaissais ni les lieux ni comment m’y rendre, et d’autre part parce qu’il me serait nécessaire de côtoyer un personnel médical nouveau, utilisant des méthodes de travail différentes de celles que j’avais depuis longtemps adoptées.

Au stress s’ajoutait donc un peu plus de stress, et je n’avais pas vraiment besoin de ça, d’autant plus que je me souciais de mon fils Romain qui partait le jour même près d’Angers, pour se faire opérer de son excroissance osseuse à l’épaule gauche.

Pour éviter justement trop d’énervement, nous avions opté Chantal et moi, pour le transport par ambulance. Ma condition de malade atteint d’une grave pathologie m’en donnait le droit. Je n’abusais guère de ce moyen de locomotion qui coutait cher à la collectivité, mais face à une difficulté exceptionnelle, nous prenions une mesure exceptionnelle. L’inconvénient de ce voyage était qu’il fallait participer à une conversation à laquelle  je n’avais pas vraiment le goût de prendre part. De toute façon le silence en présence d’une étrangère aurait été encore plus pesant, donc je n’avais pas le choix, je parlais.

En deux temps trois mouvements l’ambulancière nous avait conduits à bon port. Elle connaissait parfaitement la clinique, et nous nous laissions guider comme dans mes toutes premières expériences de malade.

La salle d’attente était pleine de gens qui ne respiraient pas la joie de vivre, la tension était palpable, je ne sais pas si c’était à cause de mes nerfs, mais la scène me donnait l’envie de rire. Heureusement la présence de l’ambulancière décidément très bavarde me détourna de ma tentation.

Comme à chaque fois j’étais à jeun. Ce radiologiste marquait cependant un point, car il n’obligeait pas ses patients à avaler le Sulfate de Baryum, qui me donnait un mal de ventre, doublé d’une envie d’uriner tous les cinq minutes, sans oublier également une désagréable sensation de nausée, aggravée par un état d’esprit troublé par la peur de l’incertitude des résultats. Certes l’attente était longue, mon inquiétude allait en grandissant, mais au moins mon corps me laissait tranquille, je n’avais pas de soucis à me faire de ce côté-là.

Notre accompagnatrice continuait toujours à maintenir un niveau de conversation qui tranchait fortement avec le silence des autres malades et de leurs accompagnants. Finalement ses échanges verbaux à n’en plus finir, m’aidaient à tuer le temps, et je ne faisais plus aucun effort pour y participer.

 

 



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