La vie est une tartine de merde

La vie est une tartine de merde, et il faut apprendre à  en avaler une bouchée tous les jours sans se plaindre. (Citation)

 

Tel un champ négatif, cette souffrance s’accumule, et envahit peu à peu ma chair. Mon défi permanent est de refuser à cette souffrance l’accès à mon esprit. Au mois d’avril de cette année 2012, j’aurai 58 ans. Me sentir encore jeune, dans un corps de vieillard, est la plus précieuse de mes victoires.

Malheureusement les victoires ne sont pas éternelles. A l’heure de rendre les armes, j’aurai au moins le grand mérite d’avoir mené le combat jusqu’au bout.

Un homme illustre a dit : « Il faut savoir accueillir la douleur, car tu apprendras d’elle. »

Que devons-nous apprendre ? Que pourrais-je apprendre à celles et ceux qui ne traversent pas ma tempête ?

Que le temps fait son œuvre. Que le temps joue le pire, ou le meilleur  de ses rôles. Accepter la défaite si elle doit intervenir, mais si l’espoir n’est pas interdit, apprendre alors à  être patient.

Il faut savoir en effet attendre, il faut savoir aussi supporter les épreuves,  et donc manifester une certaine forme de courage.

Il faut raisonner avec soi-même. Ne pas s’isoler, ne pas s’enfermer dans une prison psychique, ne pas être hanté par sa maladie, ne pas se complaire dans un chagrin qui assèche,  et qui ne laisse plus la place à d’autres sentiments.

L’effort physique à chaque fois qu’il est possible est primordial. Boire même si l’on n’a pas soif, manger même si l’on n’a pas faim.

Ne pas se laisser distancer par la société même si l’on n’en est plus tout à fait un acteur, aller par conséquent systématiquement à la rencontre des autres, parce qu’à  l’inverse les autres ne viendront pas à vous. (Le cancer c’est comme la peste, ou la lèpre au moyen-âge, c’est une maladie qui fait peur.)   

Parfois cependant les amarres sont rompues, il ne faut pourtant pas se laisser partir à la dérive, il faut très vite réagir, se sentir vivant,  respirer, marcher, faire quelque chose qui ne donne pas à la bête féroce une trop grande chance de prendre possession de vous. Il faut lutter et se dire que la vie vaut d’être vécue.  

 

L’attente était toujours aussi ardue, la principale des difficultés étant de gérer le stress. Si à ce moment précis de la journée  on avait pu comparer le degré de mon anxiété, à la hauteur d’eau, dans une bouteille au remplissage, je dirais que la bouteille était quasiment pleine. Comme à toutes les fois, je craignais de ne pouvoir éviter le débordement.

L’adolescent unijambiste et ses parents avaient le feu vert pour quitter le centre, l’oncologue était venu leur fournir de nouveaux papiers, et leur avait serré la main avant de s’éloigner d’eux.

A présent c’était une vieille dame, qui les avait remplacés, elle donnait l’impression de porter tout le poids de la souffrance du monde. Outre le fait de son âge et de sa maladie, elle paraissait d’autant plus perdue que personne ne l’accompagnait à son rendez-vous. Comme pour le malade précédent il semblait que la consultation avait déjà eu lieu.  Je ne savais pas quel était le diagnostic pour cette patiente, mais l’assistante du praticien qui était venue la rejoindre, semblait vouloir prendre du temps pour l’écouter et la réconforter.

Je ne prêtais pas une oreille attentive, mais dans le silence des lieux, j’entendais des bribes de leur conversation. Le destin lui avait réservé un bon nombre de mauvaises surprises, le décès d’un enfant, le chômage,  le décès de son mari, et maintenant la maladie. Elle s’exprimait sans aucune tonalité agressive dans sa voix, ni par des mouvements de révolte dans la gestuelle de ses mains. Son interlocutrice écoutait avec pour seule attitude possible la compassion, malheureusement son temps était précieux, et il fallait quitter les lieux car d’autres malades l’attendaient à un autre bout du couloir. La vieille dame  se retrouvant de nouveau, toute seule, paraissait noyée dans ses pensées les plus négatives.

« Monsieur Gautier ? »

La secrétaire du docteur R était parvenue jusqu’à nous pour nous inviter à nous rapprocher du cabinet  du praticien. Soudainement le malheur des autres ne me préoccupait plus du tout, il fallait affronter à présent ma propre réalité, celle que sûrement personne ne m’enviait.

 

 

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