31ème verdict

Je peux m’exprimer avec ma famille, mais quand la charge émotionnelle est trop forte, je risque de communiquer aux membres de cette même famille mes angoisses. Je préfère donc lorsque nous sommes réunis, discuter des choses de la vie, de faire avec eux des projets aussi petits soient-ils.

Dans ces conditions, pour apaiser mes peurs, il m’est nécessaire de chercher un appui par d’autres moyens.

Me parler à moi-même en espérant qu’une identité inconnue veuille bien entendre mes propos. Les pratiquants nomment cela la prière.

De part la gravité de ma situation, de part ma détresse morale, ce monologue trouve t-il un écho ? Je ne serais le dire et pourtant comment pourrais-je trouver la force qui est en moi, celle qui précisément m’aide à me tenir debout, si mes appels au secours n’étaient pas entendus, depuis tout ce temps de la maladie.

Quelle est la source du mystère ?

Est-ce que c’est dans mes gênes ? Est-ce que c’est parce que je l’ai tellement sollicité que mon mental c’est forgé à toutes épreuves ?

Est-ce que cette force existe donc de ma propre volonté ? Je ne peux pas le dire. Ce dont je suis sûr c’est qu’il y a quelque chose, peut-être des énergies positives qui gravitent autour de moi, peut-être une puissance quelque part dans une autre dimension, je ne le définie absolument pas.

 

Nous avions pris sur les sièges, la place du couple précédent, qui se trouvait à présent confronté aux résultats du scanner de l’un d’entre eux. Il fallait de nouveau contenir ma nervosité. La bouteille avait cessé de se remplir durant notre petite conversation entre amis, mais l’eau reprenait de plus bel sa course folle, vers l’extrémité du goulot. Il fallait impérativement ne pas se laisser déborder par l’émotion, respirer à fond, et comme les autres patients, faire semblant d’être calme. Penser à quelque chose de réjouissant m’aiderait sûrement à parvenir à mes fins, je fouillais donc dans ma mémoire pour y trouver une source d’apaisement.

Un homme accompagné probablement de son épouse, était entré dans le couloir. Terriblement amaigri, la face émaciée, et le teint blafard, il avançait lentement en direction du secrétariat. Son accompagnatrice était arrivée bien avant lui, et l’attendait patiemment avant de pénétrer dans le bureau. L’homme n’avait pas besoin de me dire qu’il souffrait, ni que sa fatigue était extrême. L’expression de son visage et ses yeux hagards, à eux seuls suffisaient pour m’en convaincre. Sa canne ne l’aidait plus guère à se maintenir debout, quelqu’un du côté du cabinet du docteur B, lui avait cédé sa place assise. J’aurai aimé pouvoir exprimer ma compassion, mais l’heure n’était pas à la fraternisation, l’endroit d’ailleurs ne s’y prêtait pas du tout.

Je venais d’entendre la porte qui séparait le cabinet du docteur R du bureau de sa secrétaire s’ouvrir, mon corps se pétrifia davantage. Quelques minutes plus tard le couple que nous avions remplacé sur les chaises quittait le secrétariat.

Depuis le matin que nous avions quitté notre domicile, j’étais fatigué de naviguer de droite à gauche, j’étais fatigué de passer mon temps à attendre, j’étais fatiguer de gérer mon stress et de ne penser à rien d’autre qu’à une éventuelle aggravation du cancer, et au danger de mort qui allait avec. J’avais une overdose des milieux hospitaliers en général, et de ma condition de malade en particulier.

Le docteur R mettait un temps infini à venir me chercher. Le radiologiste n’avait pas constaté d’autres tumeurs que celles existantes. De ce côté-là je tentais de me rassurer, mais n’ayant aucun élément de comparaison, il n’avait pas pu me dire si ces intruses s’étaient ou non développées à l’intérieur de moi. Mes mains tremblaient, je déglutissais difficilement, je ne voyais plus rien autour de moi, j’étais sur le point de connaître, en espérant qu’il me soit favorable, le 31ème  verdict de ma déjà longue carrière de cancéreux.

Cette fois c’était la porte du cabinet du praticien qui donnait sur le couloir qui venait de s’ouvrir. Le docteur R apparu dans l’encadrement, le visage particulièrement détendu et souriant.

« Pouvez-vous entrer dans mon bureau ? »

Il referma la porte derrière nous, et nous invita à prendre nos sièges. Une femme blonde et fortement charpentée était présente dans le cabinet. Je ne pouvais pas savoir si elle était grande car elle était assise face à nous, à côté du maître des lieux.

L’oncologue nous la présenta comme une stagiaire, et nous demanda si nous acceptions sa présence pendant notre entretien. Je n’y voyais aucun inconvénient.

« Bon et bien dîtes moi tout, comment c’est passé cette nouvelle période de traitement ? »

 

31ème verdict dans Cancer du rein papillon-europe

 

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