Consultation d’entre deux fêtes

Deux enfants marchaient main dans la main, dans le froid glacial de la nuit de Noël. Arrivés à la sortie du village, près de l’orée de la forêt, ils levèrent les yeux vers le ciel, pour chercher l’étoile qui brillait. Ils dirent :
« Mon Dieu nous sommes si seuls, peux-tu nous prendre près de toi ? »

Le lendemain on les vit au cimetière, agenouillés devant la tombe de leurs parents, ils firent la même prière.
« Mon Dieu nous sommes si seuls, peux-tu nous prendre près de toi ? »
Ils voulaient fêter tout simplement comme avant, Noël en famille.

La veillée de Noël s’était passée sans la présence de mon fils aîné, pompier de profession, qui devait assurer sa garde au centre d’incendie et de secours de la ville. Mes deux petits enfants étaient à réveillonner avec leur maman, au sein de leur seconde famille. Malgré cela, nous n’avions pas négligé notre soirée, l’important pour nous étant de ne pas laisser passer ces moments exceptionnels, qui étaient autant de pièces indispensables, à la construction du bonheur. En présence cette fois de tous les membres du clan, nous n’avions pas non plus dérogé à la tradition du 25 décembre, en ouvrant tous les paquets déposés au pied du sapin la veille, cadeaux que nous avions eu le plaisir d’acheter en nous mêlant à l’euphorie des magasins,  les semaines qui avaient précédée la fête.

On aimerait bien, comme ces appareils modernes, pouvoir faire un arrêt ou un retour sur image, conserver les périodes heureuses de son histoire, et effacer celles qui le sont moins. Malheureusement le 8ème Noël de ma nouvelle vie était passé comme un éclair, l’effervescence s’était éteinte d’un coup,  et je n’avais pas le pouvoir d’arrêter les aiguilles du temps. Il fallait à présent songer à des choses beaucoup moins réjouissantes, mon rendez-vous inter-traitement était fixé la semaine suivante. Dès le début de la nouvelle année, j’entamerais mon 14ème cycle d’une thérapie dont j’étais incapable de savoir si un jour  mon oncologue me donnerait pour de bonnes raisons, la possibilité de m’en dispenser.

Vendredi 30 décembre 2011, le temps gris et la température clémente nous rappelaient que nous n’avions pas encore eu jusqu’à ce jour un véritable hiver. Je ne savais pas s’il fallait s’en réjouir ou bien s’en alarmer, car en prime depuis quelques temps, nous n’avions même pas besoin de chauffage. Est-ce que le réchauffement climatique dont nous parlaient sans cesse les scientifiques devenait perceptible ? S’agissait-il d’un incident de parcours ? Je l’ignorais, mais ce dont j’étais sûr c’est qu’à  bientôt 58 ans d’âge, je n’avais encore pas connu ce genre de situation.

En l’absence de scanner, je n’avais aucune raison de m’inquiéter de cet entretien avec mon oncologue. De plus je n’avais pas très bien dormi la nuit précédente, aussi le ronron du moteur me berçait au point que j’étais au bord de l’endormissement. Un petit coup de frein brutal m’avait ramené à la réalité, nous roulions sur la nationale, et le trafic routier ne faiblissait guère.

Le panneau de signalisation indiquant que nous étions à quelques kms  du périphérique Nantais, me fit frissonner. J’étais toujours angoissé à l’approche des grandes villes. Même si nous connaissions notre destination par cœur, je n’arrivais pas à me débarrasser de cette appréhension. De plus ce panneau était là pour me rappeler que je n’étais pas sur le point d’en finir avec ces voyages à répétition, que mon ennemi intime me restait fidèle,  qu’il n’avait rien perdu de sa hargne, et qu’il attendait de ma part un moment de faiblesse, pour reprendre l’offensive. Ces pensées négatives me remuant les tripes, les crampes abdominales me pressèrent d’arriver au plus vite à destination.

Dans cette période particulière, le CAC de l’espoir était endormi. Nous n’avions pas attendu pour faire enregistrer notre arrivée, au contraire même c’était l’hôtesse qui attendait ses clients. Des guirlandes disposées de ci de là, et sans grande originalité, dans les plantes décoratives du hall d’entrée, tentaient sans succès, de donner au lieu un air de fête.

Deux étages plus haut, la salle d’attente était déserte. La secrétaire à laquelle nous devions signaler notre présence était une remplaçante, l’accueil avait donc était très conventionnel.

L’oncologue n’avait placé ce jour là que les personnes volontaires pour un rendez-vous entre les deux réveillons. L’effectif des malades avait donc était volontairement adapté pour que l’équipe médicale restreinte en cette période de congés, puisse répondre à ses obligations.

L’oncologue était malgré tout occupé, et un autre patient attendait avant moi. Nous avions donc gagné la salle d’attente, qui demeurait tout aussi vide qu’à notre arrivée. Le service des consultations n’était pas très bruyant, mais cette fois c’était carrément le silence qui prédominait. Une vague odeur de cuisine assaillait mes narines, en titillant mes papilles. Nous ne devions sans doute pas être très loin des hospitalisations, mais j’aurais été incapable de me rendre dans leurs couloirs.

Ma planche de mots fléchés m’aidait à patienter, une vieille dame qui me paraissait totalement perdue me détourna de ma concentration. Personne ne l’accompagnait, aucun médecin ni infirmière s’occupaient d’elle, elle s’arrêta à mon niveau, elle semblait se parler à elle-même, elle avança dans un sens, revint sur ses pas, puis disparut, comme elle était venue. J’avais eu à peine le temps de replonger dans mes réflexions, que  la secrétaire nous appela pour rejoindre le couloir.

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