Sujet relevant du secret médical

Les chaises qui jouxtaient la porte d’entrée du cabinet de l’oncologue étaient inoccupées, comme celles d’ailleurs situées à l’autre bout du couloir. Il n’y avait pas de doute possible madame B ne devait sûrement pas être de service, la praticienne et ses malades faisaient une trêve. Le silence toujours aussi présent  n’était même pas perturbé par la sonnerie du téléphone, ce qui permettait sans doute à l’assistante du médecin, de mettre à jour toute la partie administrative du service. Bien étrange journée en réalité, je n’avais encore jamais connu d’une manière aussi marquée, ce genre de situation.

La porte s’était ouverte, le docteur R avait serré la main de mon prédécesseur et comme il n’y avait pas 36 malades dans le couloir, il n’avait pas eu besoin de prononcer mon nom pour m’inviter à le rejoindre.  Un simple  geste de la tête avait suffi pour que je comprenne que mon tour de pénétrer dans son bureau était venu.

Débarrassé de toutes craintes liées à l’attente d’un résultat, je me sentais légèrement euphorique, et pourvu d’un optimisme légèrement outrancier.

L’homme me regardait droit dans les yeux, je ne lui donnai pas le temps de prononcer la question rituelle.

« Je vais bien, même très bien.»

Les mots même très bien étaient un rajout largement excessif, car depuis 2004 je ressentais chaque jour à une plus au moins grande intensité,  les entraves que la maladie et ses traitements faisaient subir à mon corps. Je voulais dire plus exactement à mon interlocuteur, que la période m’était plutôt favorable, la fatigue et les ennuis de tous genres étant temporairement moins présents.

Ma très bonne humeur, à la limite de l’exubérance avait fait sourire le praticien qui était lui-même beaucoup moins dans la retenue que d’habitude.

« Racontez-moi tout. »

Il fallait que je me souvienne des problèmes que j’avais rencontrés durant ce dernier cycle, et j’avoue qu’en cette période particulière de fête, j’avais un peu dédaigné de remplir mon tableau de bord. De toute façon si j’avais connu des épisodes particulièrement difficiles, ma mémoire ne m’aurait certainement pas fait défaut, je pouvais donc sans problème confirmer que ma prise de Sutent avait été bien encaissée par mon organisme.

Cependant j’avais quelque chose en tête et je ne voulais pas laisser l’occasion de lui en parler. C’était toujours cette insuffisance rénale qui empêchait le manipulateur d’injecter la totalité du produit de contraste, lors d’un examen au scanner. Il était même arrivé une fois que le radiologiste ait donné l’ordre de ne pas l’injecter du tout.  

« Sur ma prise de sang j’ai toujours un taux de créatinine en dehors de la norme, est-ce que je peux faire quelques choses pour améliorer la situation ? »

Je connaissais déjà la réponse, mais comme je l’ai déjà mentionné précédemment, j’avais horreur que certains problèmes échappent à mon contrôle.

« Vous savez cette insuffisance ne provient pas d’une anomalie de fonctionnement. Si vous arrêtez un ou plusieurs réacteurs, dans une centrale nucléaire, évidement que cette dernière produira moins d’électricité. Un rein amputé d’un quart, ne peut pas faire le travail de deux reins en bonne santé. »

« Donc aucune solution ? »

« Non sinon de boire beaucoup pour aider l’organe dans son travail. »

Le médecin avait constaté que sa réponse n’était pas à la hauteur des explications que j’aurais aimé entendre.

« Voyons les résultats de votre prise de sang. »

L’oncologue tapota  sur son ordinateur pour retrouver les résultats de mon dernier prélèvement, qui datait du 23 décembre dernier.

« Numération globulaires et formule sanguine révèlent de petite anomalies qui s’expliquent parfaitement du fait de votre traitement, ionogramme également. Votre créatinine est à 14,9 mg/l soit 2,9 mg/l au dessus de la norme. Quel est votre poids actuel ? »

« Je dois peser environ 84 kg. »

Mon interlocuteur avait saisi sa machine et s’affairait à présent à faire un petit calcul.

« Votre clairance est à 64,7 ce qui représente le diagnostic d’une insuffisance rénale légère. Et ce résultat est plutôt réjouissant compte-tenu des circonstances. »

J’étais partiellement soulagé de ce que je venais d’entendre, je savais au moins que ce sujet d’inquiétude ne reviendrait pas de sitôt dans la liste de mes questions à poser. 

Il y avait un autre sujet qui me brûlait l’esprit, mais je n’avais jamais osé l’aborder avec le docteur R, alors que V m’avait donné quelques bribes de réponses.

J’étais d’humeur à me lâcher, je me permis donc de dévoiler au grand jour ce qui me turlupinait dans la tête depuis déjà bien longtemps.

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