Intermède philosophique

Quoi que vous fassiez en dehors de chez vous, quoi que vous lisiez comme quotidien, quoi que vous écoutiez  à la radio, quoi que vous regardiez à la télévision, les différents médias répondaient présents pour vous rappeler, au cas où vous l’auriez oublié, que nous étions à une journée du réveillon de la saint Sylvestre. A en croire les journalistes, du plus bas, au plus haut de l’échelle sociale, toute la population de l’hexagone ne manquerait pas de fêter dignement et dans l’opulence le passage en l’an 2012. Le pire c’était la manière dont les professionnels de la communication abordaient  l’évènement. Les articles des journaux, les photos de magazines, les émissions radiophoniques, les reportages à la télévision, toutes les sources d’informations rivalisaient d’idées pour balancer à la face des gens une montagne de niaiseries, de futilités et de conneries plus grosses les unes que les autres, faisant en prime l’apologie des nantis, comme condition d’une vie normale sur cette terre. Bref le corporatisme journalistique, manipulait comme toujours les esprits, en parlant d’un monde qui ne concernait qu’une infime catégorie de français, plaçant les autres catégories au rang de la médiocrité.

Apprendre que j’avais une maladie qui risquait fortement de m’êtres fatale, avait provoqué un tsunami dévastateur semant le chaos dans mon esprit. Le réveil avait été long et progressif, mais il m’avait révélé qu’une  mutation profonde c’était opérée dans ma personnalité.

Cette période de paillettes et de strass, provoquait en moi une certaine réflexion. Certes mon raisonnement était peut-être simpliste et réducteur, mais je vous livre ici mes sentiments tels que je les ressentais dans l’instant.

Avais-je un peu raison, avais-je complètement tort ? Dieu seul le sait. Ma perception des choses n’engageait que moi, elle était susceptible d’évoluer, seule les imbéciles ne changent pas d’avis, mais de toute façon elle ne serait plus jamais pareille à celle de ma vie d’avant. Irrémédiablement le cancer m’avait projeté de l’autre côté de la barrière. Je n’étais plus une fourmi au milieu de la colonie, mais un spectateur attentif des faits et gestes de la colonie toute entière.

Je ne voulais pas être nostalgique du passé, mais il était indéniable que notre monde avait changé. L’évolution du niveau vie qui avait d’abord été une nécessité, avait ensuite engendré des générations du toujours plus, et de l’insatisfaction permanente. Les individus courraient de plus en plus vite après le bien-être matériel qu’ils croyaient être le bonheur,  alors qu’ils en étaient les esclaves. Le matraquage publicitaire via les différents supports médiatiques n’était pas là pour leur ouvrir les yeux, bien au contraire. 

A présent donc la loi de l’argent, du matérialisme et de l’individualisme régnait en maître. Lors du premier choc pétrolier de 1973, les répercussions économiques d’abord infimes, étaient devenues au fil du temps de plus en plus graves, et semblaient vouloir durer dans le temps. En conséquence, les générations gâtées d’après guerre, ainsi que les suivantes qui avaient été élevé généreusement et que l’on avait conditionné à se créer de nombreux besoins, se sentaient de plus en plus frustrés de ne plus pouvoir satisfaire jusqu’au moindre de leurs désirs, mais surtout détestaient l’idée de se laisser distancer par un certains nombres de privilégiés qui semblaient ne pas connaître, les effets des difficultés économiques que nous vivions.

Sonnant donc comme une insulte au regard des classes les plus représentative de notre société, ce déballage outrancier de luxe inutile, largement nourri par les médias, attisait les rancœurs.

 

Les familles modestes qui tiraient pourtant leur épingle du jeu, s’apitoyaient sur leur sort, et se persuadaient que la vie les avait injustement traités, en  regardant avec avidité les plus riches. Mais ces mêmes familles fermaient les yeux lorsqu’elles côtoyaient les plus pauvres, qu’elles jugeaient responsables de leurs conditions précaires, plutôt que de les considérer  comme les victimes d’un système impitoyable pour les plus faibles.


Les familles psychologiquement les plus fragiles, finissaient par se sentir complexées et honteuses de ne pas pouvoir être financièrement à la hauteur. Alors elles achetaient, en dépit du bon sens et finissaient le mois aux ‘Restos du Cœur’

Les trente glorieuses étaient derrière nous, il fallait revoir sa copie, le temps de la restriction et des choix étaient venus, le temps de la déception aussi. Il devenait nécessaire de réapprendre à se contenter du nécessaire, en laissant de côté le superflu. Réapprendre à partager les fruits du travail pour que chacun puisse vivre dignement.

Pourtant personne ne semblait vouloir montrer l’exemple, surtout pas les gouvernements successifs qui juraient à chaque fois que la crise serait bientôt dernière qu’il fallait faire des économies, qu’il fallait faire preuve de solidarité. Mais ces mêmes gouvernements dépensaient sans compter, ne donnant donc pas au peuple l’exemple d’un train de vie un peu plus raisonné, ne donnant pas le sentiment non plus d’agir pour que le fruit du travail soit correctement réparti.

Pour se sentir comme les autres, les gens continuaient donc à acheter ce qu’ils n’avaient pas, même si l’achat n’était pas indispensable, l’important étant de se sentir sur le même pied d’égalité que le voisin. Il n’y avait aucune raison que ça s’arrête car les crédits à la consommation étaient là pour palier à un déficit financier, que l’on espérait provisoire.

L’éloge du luxe et du toujours plus, continuaient à exciter sans arrêt leur convoitise et à leur pourrir la vie. Même devant le fait accompli, les mentalités n’évoluaient guère, les gens dans la grande majorité avaient tranché. Ceux qui avaient choisi ‘d’élever des chèvres’  étaient regardés comme des marginaux, dans le vilain sens du terme.

La société moderne désirait plus que toutes autres choses, gagner davantage d’argent, et même si possible en gagner encore plus que beaucoup, souvent au détriment de l’essentiel, qu’elle ne savait plus reconnaître.

Indiscutablement les rapports humains devenaient de plus en plus difficiles, et la course au compte bancaire bien garni laissait du monde sur la touche, même parmi les tempéraments les plus solides. 

En cette période de surabondance de marchandises et de propositions commerciales sur les marchés, faire la propagande indécente  de menus à 95 euros vins non compris, ou celle des vêtements de fêtes dont je suis incapable de dire le prix tellement il est loin de mes possibilités financières, allait encore et toujours dans le mauvais sens, celui de la démesure. Maintenant que les français avaient véritablement compris que sans la solidarité des parents ou des grands-parents, la vie allait devenir de plus en plus difficile, enfoncer le clou aggravait donc le sentiment d’injustice, en poussant surtout les jeunes générations, à la révolte.

Pas étonnant dans ces conditions que l’idée de partage équitable des richesses ne soit plus ancrée dans la tête, charité bien ordonnée commençait par soit même. Imiter les riches et si possible devenir comme eux, devenait l’objectif essentiel à atteindre, et tant pis pour les plus faibles, la solidarité qui caractérisait le mode de vie de nos ancêtres avait laissé la place à l’esprit de compétition. 

Donner cette image illusoire du paraître comme symbole de la réussite et du bonheur, était en train de faire de nous les Icare du futur

Avant qu’il ne soit trop tard, il fallait espérer une prise de conscience collective, qui remettrait au jour la véritable valeur de l’individu.

Vaste question à laquelle je n’ai pas à ce jour la réponse.

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