Echappée belle

J’avais pourtant mis toutes les chances de mon côté pour vaincre la fatigue et les complications médicales de tous genres, mais ni les médicaments, ni une alimentation soigneusement choisie, ni les longues périodes journalières de repos, n’avaient pu venir à bout de l’insurrection de mon corps. L’endurance dont j’avais dû faire preuve pour supporter cet épisode troublé de mon parcours de malade avait pompé pas mal de mon énergie mentale. Il avait fallu une quinzaine de jours pour que ma situation physique s’améliore. Au fil du temps mon organisme s’était apaisé, et retrouvait peu à peu le chemin de la sagesse. Il me fallait reprendre des forces, mais je savais que désormais les conditions étaient réunies pour que je puisse atteindre mon but. 

Après une période remarquablement douce l’hiver s’était brusquement réveillé. La nature avait revêtu ses plus beaux habits de saison. Depuis quelques temps les températures étant restées négatives de jour comme de nuit, la neige qui était tombée deux fois en abondance, et à plusieurs jours d’intervalle, tenait durablement au sol. L’évènement était d’importance car assez rare dans notre région, et bouleversait quelque peu notre quotidien, mais nous donnait aussi l’occasion de retrouver une once de notre âme d’enfant.

A part deux visites chez mon fils aîné, et trois petites escapades sans intérêt, cette fin de chimiothérapie calamiteuse m’avait donc coincé le reste du temps entre mon fauteuil et mon lit, et cela faisait déjà bien trop longtemps que je regardais bonhomme hiver à travers les fenêtres de ma maison sans pouvoir lui parler. Je n’avais qu’une seule envie, celle d’aller à sa rencontre.

Ce jeudi 9 février 2012 le ciel bleu et le soleil radieux du début d’après midi, m’encourageaient donc fermement à mener à bien mon projet. Habillé chaudement, mon appareil photos en poche, il ne me restait plus qu’à rejoindre la campagne pour me sentir l’espace d’un moment, débarrassé du joug de la maladie et de ses conséquences dévastatrices.

Depuis quelques temps, me faire violence devenait de plus en plus difficile, j’avais donc adopté un bâton de marche pour m’aider à supporter une trop grande pesanteur de mon corps, et pour soulager aussi mon cœur fragile, de l’effort que je lui demandais d’accomplir, particulièrement quand il s’agissait de grimper une côte. Muni de mon précieux sésame, je pouvais désormais compter sur son appui, pour contrer d’éventuelles faiblesses, et pour arpenter sans crainte les abords parfois escarpés du grand lac artificiel que je venais de rejoindre à quelques encablures de mon domicile. A cet endroit la municipalité avait crée un immense parc de verdure où se situait également un centre de vacances et pas mal d’infrastructures sportives liées essentiellement aux pratiques nautiques, mais pas seulement. Tennis, tir à l’arc, tir aux armes à feu, randonnées, jogging, attiraient à l’extérieur de la ville une population en quête de nature, de plein air, et de détente.

Pour l’heure le thermomètre qui affichait -6° et l’immense retenue d’eau partiellement gelée interdisaient pas mal des activités habituelles, hormis la randonnée qui me permettait de croiser de temps en temps un groupe de marcheurs aussi motivé que moi, pour braver le froid intense de ce milieu d’après-midi.

Les paysages parés de leur blanc manteau, m’offraient une sensation de douceur et de pureté.  Je prenais le temps de m’arrêter longuement pour observer dame nature comme on admire un tableau d’art. Je n’hésitais pas à prendre des clichés pour graver à tout jamais le souvenir de ce magnifique reflet du soleil sur la glace, ou de ce bout de chemin vierge de toutes traces humaines, et éclairé d’une lumière à nulle autre pareille. L’ambiance si particulière du moment me donnait l’impression que le temps s’était arrêté. Un oiseau qui venait de s’enfuir en faisant voler en poussière la neige couvrant la branche, sur laquelle il était posé, me fit émerger de mes rêveries.

Ce n’était qu’une illusion, le temps ne s’était pas arrêté. Il fallait rebrousser chemin pour regagner le parking sur lequel mon véhicule était stationné. Je ne voulais pas être surpris par la nuit. Un groupe de canard s’essayait au patinage artistique, la scène était surréaliste. J’aurais aimé prolongé l’instant, mais il ne fallait plus différer mon retour, car le soleil était en train de se coucher derrière une rangée de chênes. Je commençais à avoir froid, le vent s’était levé, et l’habitacle de mon véhicule me procura uns sensation de chaleur. Mon après-midi au grand air s’achevait, je démarrais le moteur, le corps vivifié et l’esprit parfaitement détendu.

Ma famille m’attendait derrière les volets clos de la maison, le bonheur était là tout simplement à portée de main.

Vendredi serait un autre jour. Mon échappée belle m’avait fait oublier que le CAC de l’espoir espérait ma visite le lendemain matin, pour une nouvelle journée de fatigue, d’incertitude, de peur, et de stress. 

Echappée belle dans Cancer du rein branche-enneig%C3%A9e

 

 

 

 

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