Un froid sibérien

Loin de s’adoucir, les températures de la nuit avaient fléchi davantage, et les informations météorologiques n’annonçaient pas une amélioration immédiate. C’est dans ce contexte de condition polaire que Chantal effectua la marche arrière, qui dégagea notre véhicule de l’entrée du sous sol.

Nous étions vendredi 10 février 2012, mon 32ème scanner avait été programmé ce jour là, et heureusement pour nous, l’examen qui s’effectuait cette fois au CAC de l’espoir,  était suivi le même jour, par ma visite chez l’oncologue.

Au fur et à mesure que nous nous rapprochions de l’agglomération, il me semblait que la couche de neige s’amenuisait dans les paysages que traversait la nationale. Sans conteste le vignoble nantais avait été un peu plus épargné par les intempéries que notre région des Mauges.   

Malgré le soleil qui commençait à percer une légère brume givrante, le tableau de bord de la voiture indiquait encore -4°, nous ne pouvions guère espérer mieux pour le reste de la journée.

Mon état de santé précaire m’avait rendu terriblement réceptif au froid. Souvent mon corps était traversé de haut en bas par des frissons. Lorsque je n’y prenais pas garde un sang glacé parcourait toutes mes veines, en inhibant l’ensemble de mes mouvements. Mon corps se recroquevillait alors sur lui-même, à la manière d’un escargot auquel on venait de toucher les antennes. Je passais ensuite par une phase de tremblements qui durait jus-qu’attend qu’un rajout suffisant de vêtements sur moi, ou qu’une boisson bien chaude, parviennent à ramener  mon organisme à bonne température.

Si j’étais la banquise, Chantal c’était plutôt la savane africaine. Difficile de régler le chauffage à l’intérieur de notre habitacle sans favoriser l’un plutôt que l’autre. Avoir toujours trop chaud ou avoir toujours trop froid étaient deux situations qui n’étaient par forcément agréables à vivre. En écoutant les informations j’avais pu entendre que la Loire charriait des glaçons du côté de Tours. En franchissant un premier pont,  je n’eus pas le temps de voir si c’était également le cas à cet endroit, alors que le fleuve terminait sa course 65 kilomètres plus loin à son embouchure sur l’océan Atlantique.

Ces particularités météorologiques avaient eu pour avantage de me distraire de ma peur, c’est donc en franchissant le grand portail d’entrée de l’imposant centre médical que mes premières crispations abdominales, mentales, et émotionnelles firent leur apparition. 

Les parkings étaient une fois de plus très encombrés. Beaucoup d’ambulanciers étaient contraints et forcés de garer leur véhicule dans une zone interdite. Pour ma part je n’avais pas un autre choix que d’utiliser ma carte de stationnement handicapé. Je n’abusais pas de ce privilège, laissant bien volontiers la place aux personnes à mobilités réduites, mais il m’arrivait parfois de laisser de côté  mes scrupules, en utilisant un droit qui m’avait été règlementairement accordé, par des autorités compétentes.

Le courant d’air qui circulait autour du bâtiment me tétanisa sur place, les yeux remplis de larmes, et la goutte au nez, je fus soulagé de rentrer en courant, à l’abri du vent.

Il ne fallait pourtant point compter beaucoup se réchauffer. Très vite nous comprîmes que dans le hall d’accueil, il se passait quelque chose d’anormale. Des techniciens en cottes grises qui courraient d’un côté sur l’autre, une hôtesse qui conservait sur elle son manteau et ses gants, une sensation de fraîcheur soudaine, et d’autres indices explicites, qui nous firent comprendre qu’un incident gravissime s’était produit du côté du système de chauffage. 

J’avais rendez-vous à 10h 30 au service de radiodiagnostic scanner. Muni de mon ticket, il fallait que j’attende mon ordre de passage, avant de pouvoir faire enregistrer à un guichet mon arrivée. J’hésitai à m’asseoir sur un canapé en skaï qui devait glacer instantanément les fesses, pourtant je n’avais pas l’intention de piétiner. Finalement l’assise n’était pas aussi réfrigérante que j’aurais pu l’imaginer. Par contre la porte automatique qui s’ouvrait régulièrement faisait rentrer en même temps que les patients, un vent sibérien qui finissait de nous congeler jusqu’aux os.

Cette accumulation de faits nous mettaient tous au diapason, les malades, les accompagnants, le personnel médical, tout le monde grelottaient en se demandant bien comment pouvoir tenir assez longtemps, dans ces conditions.

Un froid sibérien dans Cancer du rein avoir-froid

 

 

 

 

 

 

 



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