Contrôle technique de mes entrailles

Mon tour de passage au guichet venait d’être affiché, j’avais hâte de quitter les lieux. J’étais persuadé que les conséquences de l’incident survenu au système de chauffage, ne pouvaient pas être plus mauvaises ailleurs, qu’ici. L’assistante qui nous avait invités à nous asseoir était chaudement emmaillotée, à l’image de sa collègue de l’accueil. Elle avait chaussé des gants sans doigts, et tentait de tapoter sur les touches de son clavier d’ordinateur avec des mains pour le moins engourdies. Un chauffage électrique d’appoint installé à hauteur de ses jambes, l’aidait à ne pas se transformer en glaçon. Elle nous expliqua que ce radiateur n’était pas là simplement à cause de la panne, mais depuis le début de la vague de froid, car cet immense hall de réception était certes esthétique et moderne, mais n’avait surtout pas été conçu pour faire des économies d’énergie. 

Deux étages plus hauts, avec l’effet de courant d’air en moins, j’avais la sensation de me réchauffer un peu. En réalité le problème était bien général et l’hôtesse qui cocha mon nom sur la liste des admissions au service scanner, nous le confirma.

« Nous ça va encore, le soleil donne en plein sur nos baies vitrés, mais dans la salle de traitement des radiologistes, la température n’est que de 13° » Nous confia t’elle. 

Dans ce contexte nous avions rejoint la salle d’attente, et j’étais très peu enthousiaste à l’idée de me mettre en t-shirt. Pelotonné dans mon blouson j’attendais que l’opératrice hèle mon nom, afin de rejoindre une cabine, mise en place de mon cathéter oblige.

Deux personnes patientaient en même temps que moi. Visiblement la femme avait déjà passé l’examen, mais attendait ses résultats pour les transmettre à un médecin qui n’exerçait pas au CAC de l’espoir. Quant à l’homme, il était convoqué pour un IRM dont le service était situé également dans cette aile du bâtiment.   

« Monsieur Gautier ? »

Une jeune infirmière une fiche à la main m’attendait à l’autre bout de l’endroit où j’étais situé. Elle m’adressa un large sourire.

« Nous allons essayer de faire vite pour ne pas attraper du mal. »

En fait je n’étais pas aussi transi que j’aurais pu l’imaginer. Le petit coin intime qui m’était réservé le temps de l’examen, avait l’inconvénient de n’être éclairé que par des lumières artificielles, car il ne possédait pas d’ouvertures vers l’extérieur. Par contre cet inconvénient se transformait en ce jour particulier, en avantage. En effet  les différents espaces qui l’entouraient, préservaient les lieux de la froidure du dehors.

La jeune femme qui m’avait laissé un temps tout seul, était réapparue par la porte d’accès à la zone nucléaire protégée. En deux temps trois mouvements, elle m’avait installé la perfusion, et avant de me conduire dans l’antre de la bête, m’avait posé les questions rituelles concernant mon poids et mes éventuelles allergies.

Mon taux de créatinine s’était légèrement amélioré par rapport à le dernière fois, mais pas suffisamment pour envisager l’injection de la totalité du produit de contraste.

La bête qui fonctionnait depuis très tôt le matin, dégageait un peu de chaleur. Cette chaleur se répandait assez dans la pièce pour relever légèrement les degrés de la température. Aussi malgré ma petite tenue, je ne frissonnais quasiment pas. J’étais familiarisé aux ronrons du moteur, et encore plus aux instructions données par une voix dont j’ignorais pourtant toujours, si elle était synthétique, ou si elle émanait d’une personne située dans la salle protégée des manipulateurs.

Ce contrôle technique de la santé de mes entrailles, était une simple formalité, ce qui l’était moins, et je ne le répèterai jamais assez, c’était d’attendre et de connaître les résultats. Il était aux alentours de 10h 40 et nous avions rendez-vous chez l’oncologue une heure plus tard. Il nous fallait tuer le temps, et l’idée n’était pas réjouissante compte-tenu de ce que nous avions pu constater lors de notre arrivée une demi-heure plus tôt, dans le hall d’accueil.

La femme était partie, les résultats de son scanner sous le bras. L’homme était toujours assis, et tenait compagnie à Chantal. Ses deux interlocuteurs lui avaient confié que j’avais de la chance de pouvoir être accompagné, leurs familles respectives considérant que la maladie est l’affaire du malade, mais pas celle des biens portants. Il s’agissait là de cas assez rares, car la majorité des patients arrivaient au CAC de l’espoir, épaulés par un membre de leur famille, ou dirigés par un ambulancier rassurant. Les personnes seules, ou les couples débarquant pour la première fois, Chantal savait en général les repérer, et ne manquait pas de les aider, lorsque le contexte du moment lui en donnait la possibilité.

 

Contrôle technique de mes entrailles dans Cancer du rein Vignoble-nantes 



WEIGHT WATCHERS ET BIG MAMA... |
Manon Pepin - Massage suédois |
Alimentation et grossesse |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lamaladiedalzheimer
| Info Sante 76
| Vivre sa vie