Le pire à venir

Même si j’avais une forte propension  à penser que oui, il était impossible de savoir réellement, si cette indocilité de mon cœur provenait d’un héritage familial. Ma mère était morte à 29 ans et mon père à 39 ans, maman d’une maladie cardiaque certes, mais liée aux séquelles d’une scarlatine contractée durant la seconde guerre mondiale, et papa d’une rupture d’anévrisme, consécutive à une forte poussée de tension qu’il n’avait jamais voulu soigner. Toujours est-il que notre famille était un peu fâchée avec la vie et nous n’étions aprioris pas bâtis pour faire de beaux centenaires.

D’ailleurs à quoi bon vouloir connaître les origines de mon malheur. Héréditaire ou pas, hypertension artérielle ou pas,  hypothyroïdie pou pas, la cinquantaine ou pas, j’étais bel et bien confronté à un problème qui se rajoutait à d’autres problèmes, et qui me faisaient dire que certains avaient plus de chance que d’autres en matière de santé.

Le vendredi 24 février, j’avais rendez-vous avec mon généraliste pour le suivi de mes différentes pathologies indépendantes du cancer. Comme à presque toutes mes consultations, l’examen de mon cœur ne décelait rien d’anormal. L’organe était sournois, il ne manifestait pas sa colère à la demande, et surtout  pas quand je l’aurais voulu, le moment était pourtant opportun. J’en avais touché deux mots au praticien, qui m’avait répondu que crises ou pas crises, la médecine ne pouvait pas faire grand-chose de plus, pour moi. La seule possibilité que l’on pouvait envisager, c’était la pose d’un holter, pour suivre l’évolution de la maladie.

Ma tension artérielle et mon taux de T.S.H étant dans les normes, je n’avais pas d’autres soucis à me faire que de payer ma consultation et repartir avec une nouvelle ordonnance de trois mois.

Ma chimiothérapie se déroulait sans anicroche, et je profitais largement de ces nombreux instants de liberté que la maladie m’avait accordés, en dédommagement de m’avoir privé de mon métier, et d’avoir aussi considérablement limité mes forces, et mon endurance physique dans mes activités de tous les jours.

Paradoxalement, la Digoxine qui était sensée me soulager de ces arythmies à répétition, fut à l’origine de ce qui m’arriva par la suite.

Les effets secondaires du Sutent, c’était un peu la loterie. D’un mois à l’autre les problèmes n’étaient pas les mêmes, et variaient en intensité ou en durée. Les premiers symptômes apparaissaient à partir de la troisième semaine de chimio, et le plus souvent c’était mes intestins qui animés de mauvaises intentions, tentaient de rivaliser avec leur compère, mon cœur, pour me rendre la vie impossible. Je guettais donc l’arrivée de cette période avec anxiété, en espérant passer pour une fois,  à travers les mailles du filet et ce, jusqu’à ma prochaine période de repos.

J’avais remarqué que ma plus ou moins bonne hygiène alimentaire influait beaucoup sur l’apparition ou l’aggravation des troubles subis par mon organisme.  Grosso modo j’étais sûr qu’une mauvaise digestion donnait du grain à moudre aux crises arythmiques, et aux poussées révolutionnaires de mes intestins. J’étais donc très prudent à propos de ce que je mangeais, mais malheureusement malgré des milliers de précautions, mon système digestif agressé en permanence par les médicaments remplissait rarement son rôle à la perfection.

C’est sans doute au lendemain de l’un de ces copieux repas ingurgité au cours d’une fête de famille, que mes ennuis recommencèrent et c’est sans doute pour cette raison que je rendis le festin responsable de cette nouvelle épreuve révolutionnaire.

Un ballonnement, et une désagréable lourdeur d’estomac, furent les  premiers signes avant coureur, que je perçus  le matin au levé de mon lit. Le manque d’appétit et les reprises de mes nausées me confirmèrent que j’étais reparti pour un tour. Je prévoyais déjà ma journée bien calée dans mon canapé, je savais que je ne pouvais rien faire pour lutter contre ça. Bien sûr j’avais à ma disposition des médicaments de confort, mais ni l’un, ni l’autre ne feraient des miracles. J’ignorais qu’en matière de souffrance  j’en étais encore qu’aux amuses gueule, le pire était encore à venir. 

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