La 54ème fois

Depuis aout 2005, le cancérologue me recevait dans son bureau pour la 54ème fois. Durant cette longue période, sa collègue, madame B, ne l’avait remplacé que 4 fois pour cause de congés.

A la question rituelle, qu’il posait sans doute à tous ses malades, j’avais répondu en lui faisant le compte-rendu des deux dernières semaines désastreuses que je venais de passer.

Il m’avait attentivement écouté, mais n’avait pas fait de commentaires concernant l’entretien que j’avais eu avec le généraliste la veille. J’avais désormais parfaitement compris que son boulot se cantonnait au traitement du cancer, à ses implications, ainsi qu’à la  surveillance attentive des soins prodigués.

Il prenait la décision de continuer ou stopper la chimiothérapie, en fonction du résultat désastreux ou non des prises de sang  prévues par le protocole, et laissait à son collègue  la charge de corriger par des prescriptions médicamenteuses adéquates, les éventuelles petites anomalies dictées par ces mêmes résultats.

Il avait seulement voulu modifier la posologie à la baisse de ma lévothyroxine, car j’étais à la limite supérieure de la normale.  

Pour lui finalement l’important  c’était que mes problèmes ne soient pas liés à la prise de Sutent, il pouvait par voie de conséquence m’établir une ordonnance pour un nouveau cycle de chimio.

Je devais débuter la prise de mon traitement 10 jours plus tard, il avait donc fixé mon prochain rendez-vous au vendredi 27 avril. Nous nous étions ensuite relevés, et le médecin nous avait invités à rejoindre le bureau de sa secrétaire.

« Ça- y’est, j’ai fait mon marché. »

 Nathalie avait souri, car depuis toutes ces années, elle avait appris à me connaître au-delà de mon simple statut de malade.

Il y avait bien longtemps en effet que je n’étais pas ressorti avec une ordonnance aussi bien remplie. Il faut dire aussi que ma pharmacie avait bien besoin d’être réapprovisionnée, je n’abusais pas de médicaments, mais au bout d’un moment les boîtes finissaient tour de même, par se vider.

« N, vous prendrez un rendez-vous au service scanner,  pour le 27 avril »

La secrétaire avait levé les yeux au ciel, l’oncologue avait souri devant l’embarras de sa collaboratrice, puis il avait pris congés de nous.

« L’agenda est bien rempli, je suis persuadé que je ne pourrai pas avoir une place au CAC de l’espoir ce jour là. »

« Je préfère quand c’est possible, passer mon examen ici. »

« Oui je sais bien mais je crois vraiment que cela va être difficile. En même temps certaines personnes aiment bien passer le scanner aux cliniques de l’atlantique, car la méthode de travail n’est pas la même, et là-bas vous n’êtes pas obligé de prendre le sulfate de Baryum »

Je ne l’ignorais pas car j’avais déjà été dans cette clinique, mais l’argument ne modifiait en rien ma préférence.  

Ce fut d’ailleurs sans illusion que plusieurs appels téléphoniques plus tard, j’avais eu la confirmation que mon 33ème examen au scanner, aurait lieu aux C A, et serait pratiqué par le docteur T.

« Vous recevrez une ordonnance et la confirmation du rendez-vous par courrier. »

Le docteur T était plutôt sympa, je l’avais déjà rencontré une fois, il fallait se faire une raison, l’organisation de tous ces soins à donner aux malades, n’étaient pas facile à mener, et N s’y employait du mieux qu’elle pouvait.

Deux jours sans Digoxine et ensuite une reprise à demi-dose,  m’avaient permis de refaire à peine surface. Je n’étais pas inquiet, il fallait laisser le temps au temps. Le généraliste avait pris soin de me téléphoner quelques jours plus tard, pour me demander si les crises d’arythmies s’aggravaient ou non compte-tenu de ma nouvelle posologie. Je lui avais répondu que je n’avais pas encore trouvé de différence, aussi par prudence il m’avait maintenu la dose de ½ comprimé de Digoxine le soir.  .

Par crainte probablement idiote de le vexer, je n’avais pas osé dire au généraliste qui n’avait pas jugé utile de le faire, que le docteur R avait changé le dosage de mon comprimé de Lévothyrox.

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